Les rumeurs les plus folles ont circulé autour de cette défection de dernière minute : problème politique entre la France et le Maroc, protestation contre le traitement accordé, avec beaucoup d’égards, au président Bouteflika ou refus d’assister à un sommet co-présidé par un homologue arabe … tout a été dit. L’explication est pourtant simple : Le roi Mohamed VI a pour habitude de bouder les sommets et rencontres internationaux.

Une anecdote tout d’abord. Quand, en 2004, Mohamed VI s’est fait représenté par le prince Moulay Rachid aux obsèques du Cheik Zayed , les émirs des EAU lui ont longtemps tenu rigueur pour cette absence au point que les relations entre les deux pays ont été affectées. Il fallu que le roi du Maroc s’en justifie indirectement à l’occasion de l’une de ses rares interviews accordée au quotidien espagnol El Pais : « Notre tradition dynastique ne permet pas au Roi d’assister ni aux mariages ni aux funérailles à l’étranger. »

Ce qui ne vaut pas pour les sommets diplomatiques internationaux où le chef de l’Etat se doit de représenter son pays sur la scène internationale. Sauf erreur de ma part : en 2007 le Roi du Maroc n’a fait aucune visite officielle à l’étranger et n’a assisté à aucun sommet international. Hormis des visites privées, il a boudé toutes les rencontres officielles et s’est fait souvent représenté par son frère comme lors du 19ème Sommet Arabe de Riyad ou la conférence des chefs d’Etat d’Afrique et de France

En 2008, un seul déplacement officiel à l’étranger figure dans l’agenda royal : C’était en mars dernier à l’occasion du 11ème Sommet de l’Organisation de la Conférence Islamique de Dakar. Le prince Moulay Rachid a assuré l’intérim lors du Sommet arabe de Damas et le premier ministre lors des rencontres de moindre importance.

L’absence du Sommet de Paris est dans l’ordre du « normal », si l’on ose dire, elle ne peut être expliquée par le problème d’agenda chargé : malgré ses déplacements denses dans le pays, Mohamed VI arrive à trouver le temps pour effectuer de nombreux et longs séjours privés à l’étranger. Quant à expliquer la doctrine faussement appelée « plutôt Taza que Gaza », ça reste un mystère !