Au Maroc, la répression est dans l’ADN du pouvoir
Par Larbi. lundi, mars 19 2012, 23:15. | Lien permanent.

« En fin de compte, nous nous rappellerons pas les mots de nos ennemis, mais le silence de nos amis.»
On aimerait tant pouvoir passer à autre chose. En finir avec la répression et la justice arbitraire. Vivre dans un pays qui se respecte et qui garantit la liberté et la dignité de ses citoyens. Ça ne devrait pas être sourcier ! Mais voilà… au Maroc la répression est la violence de l’Etat c’est perpétuel … Comme qui dirait, ces choses-là, c’est l’ADN du pouvoir et il lui est difficile de s’en séparer.
Ezzedine, étudiant. Taza. En prison et en danger de mort.

Ezedine Erroussi est un étudiant de Taza. Arrêté en décembre dernier alors qu’il participait à une manifestation dans sa faculté pour demander l’amélioration des conditions de la vie estudiantine, il a été condamné à quatre mois de prison ferme pour le crime d’« appartenance à une organisation non autorisée ». Ses collègues Ibrahim Saidi, Mohamed Ghaloud, Mohamed Fettal, et Mohamed Ezaghdidi ont écopé de la même peine pour le même motif.
Depuis Ezedine Erroussi, qui a témoigné sur ses conditions d’interrogatoire et de détention dans une poignante lettre, est entré dans une grève de la faim. Aujourd’hui, il est en danger de mort.
Walid Bahmane , 18 ans, lycéen. Rabat. Un an de prison ferme pour outrage au roi.

L’arbitraire dépasse, parfois, l’inimaginable. Voici Walid, un môme atteignant à peine la majorité pénale. L’histoire incroyable commence par un conflit entre deux ados, sur un ordinateur portable, un portant plainte contre l’autre pour un vol présumé. La police s’en mêle, et découvrant une page Facebook comportant une caricature du roi Mohammed VI, elle décide, toutes affaires cessantes, de traduire Walid devant le procureur pour outrage à la sacralité du roi. Et dès qu’il s’agit du roi, la machine de l’arbitraire s’emballe finissant par condamner un môme à un de prison de ferme pour outrage à la personne du roi Mohammed VI. Walid est actuellement détenu à la prison de Salé. Sa maman, de condition modeste, remue ciel et terre pour le libérer.
Abdessamad Haydour, 25 ans. Taza. Trois ans de prison ferme pour atteinte à la sacralité du roi.

Abdessamad est originaire de de Taza la ville qui a payé un lourd tribut à la répression depuis le début de l’année. Parlant pour les opprimés et les laissés-pour-compte de sa ville, emporté par l’amertume et l’émotion, il s’est laissé aller dans une vidéo postée sur youtube et a insulté le roi Mohammed VI. Sur le coup personne n’a prêté attention à l’insulte de cet enfant du peuple révolté par les conditions de vies misérables des Tazaouis. Mas rien n’échappe aux services, qui l’ont interpellé et l’ont traduit devant un tribunal pour « atteinte à la sacralité du roi ». Condamné en première instance à trois ans de prison ferme, sans défense, il a vu sa peine confirmé en appel. Trois ans de prison ferme infligés par une justice de vengeance.
Mustapha Ouchtoubane. Imider. 4 ans de prison ferme.

Connaissez-vous Mustapha Ouchtoubane ? Figure militante et acteur politique d’Imider, cette commune entrée en résistance contre les agissements de la Société métallurgique d’Imiter une sous-filiale de la holding royal SNI. La semaine dernière la Cour d’appel d’Ouarzazate a confirmé la condamnation de Mustapha à quatre ans de prison ferme pour…. vol de cuivre ! Depuis son arrestation en octobre dernier ; les habitants d’Imider manifestent régulièrement pour demander la libération du militant local et protester contre le procès fabriqué en vue de faire taire leur protestation.
Et on n'est pas au bout de nos peines. Car il ne s’agit là que de de quatre cas de jeunes hommes condamnés récemment. Et il y en a certainement beaucoup d’autres. C’est tout le drame de l’histoire politique marocaine contemporaine : le pouvoir lâche du lest, puis jugeant que l’orage est passé et qu’il n’a plus besoin d’ouverture, il reprend ses pratiques détestables de plus belle.
C’est reparti. Comme en 2003.






Commentaires
Le Maroc est un pays autoritaire.
C'est une des "constantes de la nation".
Et on n'est pas au bout de nos peines. Car il ne s’agit là que de de quatre cas de jeunes hommes condamnés récemment. Et il y en a certainement beaucoup d’autres. C’est tout le drame de l’histoire politique marocaine contemporaine : le pouvoir lâche du lest, puis jugeant que l’orage est passé et qu’il n’a plus besoin d’ouverture, il reprend ses pratiques détestables de plus belle.
C’est reparti. Comme en 2003.
Pour larbi.org : Il a fallu que je te secoue les puces pour que tu fasses semblant de t'occuper de Azzedine : t'es pas crédible, mon pote! Tu viens de le prouver! Continue à mordre dans le vide : ce n'est pas toi qui changera had el blad!
A propos du com #3 je vois qu'il y a toujours autant de fans de l'arbitraire et de la servilité dans notre plus beau pays du monde
"ce n'est pas toi qui changera had el blad!"
La seule personne qui pourrait changer 8ad lblad est le roi. Si larbi avait le pouvoir de dicter des lois, il ferait un meilleur boulot que le dictateur ayant hérité du pays. M6 s’intéresse plus a la survie du monopole alaouis sur le pouvoir (et l'economie) qu'a la liberte, la democratie et les droits de l'Homme.
Vu le nombre de jeunes que ce nouveau gouvernement islamiste mettaient en prison pour le même motif « atteinte à la sacralité du Roi »; et vu le nombre de fois que le chef de ce gouvernement portait atteinte indirectement à la personne du Roi en le citant dans ses discours populistes avec des phrases comme "attention laissez le roi tranquille" "je connais un Alaouite à Marrakech qui est pauvre" et " bla blo blabla" ....; il est devenu assez évident que ce gouvernement devrait dégager au lieu d'ajouter de l'huile sur le feu.
La list est tres longue des victimes de ce regime retrograde et moyen ageux. La liste est tres longue.
La difference maintenant, c'est qu'on garde le score. On ne laissera jamais passer une occasion pour rappeler au regime de merde qui dirige le Maroc les crimes dont il est coupable.
Elle est tres belle la "demo-crassie" a la sauce M6.
Les quatre petites pauvres victimes : elles sont spoliées de leur droit le plus élémentaire, celui de foutre le bordel dans le pays! Ces quatre jeunes vont victimes non pas de du pouvoir mais de ceux qui les poussent, qui les manipulent et qui profitent de cette situation.