Le procès Mouad L7a9ed minute par minute
Par Larbi le lundi, janvier 16 2012, 00:33 - Lien permanent

Le jeudi 5 janvier à 20h39, dans la salle N°8 du tribunal de Ain Sbeaa, le procureur du roi a déclaré ceci « C’est un procès pour l’histoire… Ceux qui assistent à ce procès en sont témoins devant l’histoire » . Je l’ai pris au mot.
Le procès de Mouad ne se distingue pas uniquement par le formidable élan de solidarité qui l’a accompagné. Il est aussi, et surtout, le premier procès politique au Maroc largement couvert par les médias sociaux sur twitter et Facebook. Les internautes ont pu suivre en temps réel le déroulé du procès et ont surtout découvert comment va la justice marocaine et comment fonctionne-elle. Pour beaucoup c’était une découverte qui a une vertu pédagogique.
Voici minute par minute ce qui s’est passé dans le procès de Mouad lors des dernières audiences marathoniennes du 5 et 10 janvier 2012 qui sont rentrées dans les annales de la justice marocaine par le temps de leur déroulement (7 heures pour la première, 12 heures pour la seconde) .
Audience du jeudi 5 janvier : de 19h52 à 1h du matin
jeudi 5 janvier
- 19h35 : Dans la salle des pas-perdus, toujours en attente du début du procès de Mouad qui était prévu à 17 h00:
- 19h40 : L’information du jour : C’est le procureur du roi le plus gradé du tribunal qui sera en service aujourd’hui et siègera aux côtés du juge Jaber. Les deux, le procureur et le juge, ont déjà officié ensemble dans des procès politiques comme celui du journaliste Rachid Niny ou de la plainte de Kadhafi contre des journaux marocains pour diffamation
- 19h50 : Le juge entre dans le box, la salle se lève pour lui comme veut l’usage. Mouad entre dans le box, la salle se lève pour lui aussi. Le juge n'apprécie pas.
- 20h03 : Après appel des témoins, le juge commence la lecture de sa décision sur les requêtes présentées par les avocats lors de l’audience précédente. Il refuse les 30 requêtes concernant les vices de forme et de procédure qui ont entaché l’enquête de police et de l’instruction.
- 20h04 : Pour le juge Jaber l’enquête de police et celle du juge d’instruction ont été faites dans le parfait respect de la loi et du code de procédure pénale
- 20h05: Entendu ans la salle « mais on a amené le juge de Rachid Niny et le procureur de Rachid Niny !»
- 20h05 : Le juge commence l’interrogatoire de Mouad . Ce dernier raconte sa version des faits : il y avait juste un accrochage et pas un seul acte de violence. Il n’a pas touché le plaignant.
- 20h07: Mouad : « Taliyani est venu me proposer de travailler avec lui dans l’alliance royaliste contre rémunération. Je lui ai dit que je ne veux pas de cette saleté. »
- 20h09: Mouad répète la même chose : il n’a jamais attaqué encore moins blessé le plaignant, point à la barre. Il ne peut pas dire une autre version parce que tout simplement il y en a pas .
- 20h09: Avocat fait remarquer au juge qu’il pose la même question et que Mouad répète la même chose. Et que tout cela Mouad l’a dit lors de l’instruction sans jamais varier.Le juge s'empresse de l'interrompre et ne le laisse pas finir.
- 20h11: Le juge : « Est-ce que la plaignant t’as provoqué ? » Mouad : « Celui qui peut me provoquer n’est pas encore né » . Rires dans la salle, colère du juge.
- 20h16 : Face à face entre un juge au phrasé travaillé et habile, et un jeune rappeur qui répond avec des mots simples, sereins et sincères. Mouad a réussi à imposer un échange d’égal-à-égal. Le décalage de style entre les deux faire rire la salle. Le juge demande à la salle d’arrêter de rire sinon il expulsera tout le monde.
- 20h19 : la parole est à Taliyani (le plaignant). La salle retient son souffle. Djellaba traditionnelle et « Sa3adat Raiiss » (Monsieur le président) à chaque début de phrase, l’homme se plait dans son rôle et a le sens du protocole
- 20h20: Taliyani « Sa3adat Raiiss , ce jour-là, ils ont failli me tuer et certains d’entre eux sont ici dans cette salle » . Dans la salle certains regardent leurs voisins de banc, on ne sait jamais, y a peut-être des criminels qui ont tenté d’assassiner Monsieur Dali et qui devraient rejoindre Mouad dans le box.
- 20h20 : Taliyani : « Mouad m’a frappé, je me suis évanoui et j’ai perdu connaissance »
- 20h20 : Taliyani : « Ils étaient une ''Oumma'' à m’attaquer Sa3adat Raiiss »
- 20h23 : Taliyani : « J’allais mourir quand Mouad m’a frappé »
- 20h23: Contrairement à Mouad, le juge ne pose pas des questions à Taliyani. il semble empressé de revenir à Mouad.
- 20h25 : Taliyani « je ne me rappelle plus ce qui s’est passé après l’agression puisque j’ai perdu connaissance» Puis raconte ce qui s’est passé après l’agression présumée. Le juge ne relève pas la contradiction.
- 20h26 : Le juge a déjà fini avec Taliyani et s’empresse de revenir à Mouad et recommence à lui reposer les questions.
- 20h28: Face à la cohérence des réponses de Mouad, un avocat de la partie civile dit qu’il n’y a qu’une seule possibilité que les avocats de Mouad lui ont appris par cœur les réponses.
- 20h29 : Avocats de Mouad, qui n’ont pas pu placer une seule phrase depuis le début, veulent objecter à l’insinuation de la partie civile. Le juge refuse et d’une manière autoritaire leur demande de se taire.
- 20h30 : Les avocats de Mouad n’en peuvent plus d’être réduits au silence par le juge Jaber. c’est le clash, ils se soulèvent !
- 20h31 : Avocat Mouad « Monsieur le président, depuis le début vous n’avez pas permis à un seul d’entre nous d’intervenir, comme si on n’existait pas »
- 20h33 : Avocat Mouad : « On ne peut pas laisser dire que nous avons appris à Mouad ce qu’il doit dire, sans qu’on ait le droit d’objecter ».
- 20h36 : Le soulèvement des avocats de Mouad continue. Ils demandent au juge Jaber d'être équitable dans sa gestion du procès. De respecter le droit de la défense à intervenir.
- 20h38 : Avocat de Mouad: « Nous sommes dix avocats à vous dire que ce procès est mal parti, nous ne sommes pas parano mais tout le monde voit bien que vous nous ne laissiez pas intervenir dans le débat. Soyez équitable Monsieur le président »
- 20h39 : Le procureur du roi s’invite au débat. Il dit « Ceux qui assistent à ce procès sont témoins devant l’histoire ». Ah ça on veut bien le croire !
- 20h40 : Procureur cite Islam et loi. Conclue « le code de procédure pénale a donné au juge tous les droits en matière de déroulé de l’audience ». Il accuse la défense de vouloir « faire dévier » ce procès.
- 20h40 : Le clash continue. Défense « que le procureur nous dise en quel sens il nous accuse de dévier le procès ».
- 20h42 : Le juge demande aux avocats de s’approcher et leur parle en apparté… Ca sent le report.
- 20h43 : ... sentant que le juge veut reporter le procès, la salle commence spontanément à scander « Nous sommes tous 7a9din, emprisonnez-nous tous ! » . fait rare dans un tribunal.
- 20h44: Le juge suspens l’audience. Quitte la salle accompagné du procureur du roi.
- 20h45: L'audience est maintenant suspendue.
- 20h52 : Dans les coulisses Maria Karim, la formidable cheville ouvrière du comité de soutien et amie de Mouad, arrive à faire passer à Mouad un sandwich. Ramené au tribunal tôt dans la journée, avec les accusés des autres procès, il n’a rien mangé. Ce sandwich passé difficilement à Mouad, comme un acte de contrebande, sera son déjeuner.
- 20h55 : La salle des pas-perdus est remplie de soutiens de Mouad en attente de la reprise du procès. On y voit des soutiens de tous âges, de toutes classes sociales et bords politiques et apolitiques.
- 21h10 : ... dans l’attente du retour du juge. On spécule sur cette suspension précoce. Deux versions : «le juge Jaber est parti recevoir des instructions », « Il a suspendu pour calmer les esprits ».
- 21h13: Les avocats demandent à la salle de ne plus chanter des slogans . « Il ne faut pas donner au juge l’occasion de tenir le procès à huis-clos »
- 21h18 : Reprise de l’audience après une suspension surprise qui a duré une demi-heure.
- 21h20 : Avocat de Mouad: « Que le procureur nous dise sur quelle base légale il nous dénie le droit d’intervenir ». Procureur répond aux avocats, avocats répondent au procureur.
- 21h22 : Un avocat fait remarquer au juge qu’un témoin à charge est dans la salle et a tout écouté depuis le début. Et que la procédure exige qu’il ne soit autorisé à rentrer dans la salle qu’au moment de son témoignage. Le juge expulse le témoin à charge.
- 21h27 : Le procureur sur un ton professoral est entrain de donner un cours de droit. Il en conclue que le Juge a le droit de donner la parole à qui il veut et que la défense doit se taire.
- 21h27 : Procureur du roi « Ce n’est pas parce que le code de procédure pénale ne l’interdit pas explicitement que le défense a le droit d’exiger la parole a tout moment » . Procureur: « Ce qui n’est pas explicitement interdit, n’est pas forcément permis » ! .
- 21h35 : On revient aux faits. Le juge se résigne à autoriser la défense de Mouad à poser des questions au plaignant.
- 21h43 : Taliyani: « Avec Mouad, ils étaient 24 membres du mouvement 20 février à m’attaquer» . La salle explose de rire à la précision du chiffre 24 (il les a comptés ?). Avocat de Taliyani demande au juge d’interdire les rires.
- 21h45: Avocat de la défense: « Comment le plaignant sait qu’ils sont du M20 ?» . Taliyani : « Je le sais parce que quand Mouad m’a dit que je suis un traitre ils ont tous levé les doigts » ! Rires dans la salle.
- 21h46: Avocat de Taliyani demande encore une fois au juge d’envisager une réponse (huis-clos) aux rires de la salle. Le juge est dans l’embarras car il difficile de résister au fou-rire à chaque réponse de Mohamed Dali. Même les policier rient.
- 21h48: Avocat de la défense : « Le plaignant a-t-il vu Mouad l’attaquer ? » .Taliyani: « Oui je l’ai vu ». Avocat: « Comment est-ce possible alors que c’était une frappe de dos. » . Silence.
- 21h51 : La défense continue à poser des questions à Taliyani sur sa version des faits. L’accusation s’effondre tant les réponses vont de contradiction en contradiction.
- 21h55 : Avocat de la défense: « la plaignant a déclaré qu’il a perdu connaissance juste après l’attaque, peut-il nous dire quand s’est-il réveillé ? » . Mohamed Dali surprend tout le monde et commet une énorme bourde: « j’ai perdu connaissance et je ne me suis réveillé que le lendemain » !
- 21h52 : Les avocats ensemble: «Monsieur le président merci de demander au greffier de noter mot par mot cette réponse : le plaignant vient de dire qu’à partir de l’attaque il a perdu connaissance et ne s’est réveillé que le lendemain ».
- 21h55 : Avocat: « Mais comment est-ce possible que vous ne soyez réveillé que le lendemain alors que le soir-même vous avez déposé plainte et été interrogé par la police ! ? » Avocat « C’est du flagrant mensonge, quand seulement vous dites vrai ? »
- 22h00 : Les avocats du plaignant voyant les choses mal tourner, et que leur client raconte n’importe quoi, sautent sur l’occasion pour provoquer un incident de séance : « on ne peut pas qualifier leur client de menteur, la défense doit retirer ses propos »
- 22h03 : Le juge décide de suspendre l'audience mettant "au bon moment" fin au calvaire de Taliyani
- 22h03: Suspension . toujours accompagné du procureur le juge quitte la salle
- 22h34: Le juge n'est toujours pas revenu! tout le monde se demande ce qu'il est entrain de faire
- 22h43: Reprise de l'audience après quarante minutes d'interruption
- 22h46 : Les avocats de la défense continuent de poser des questions à Taliyani et les contradictions de ses déclarations chez la police, chez le juge d’instruction et aujourd’hui au tribunal.
- 22h50 : Avocat de la défense : « Le plaignant peut-il nous dire quelle est sa profession ?». Taliyani : « Non je ne peux pas le dire, il y a des gens dans la salle, et ma profession est un secret ». La salle explose de rire. Le juge ne la rappelle pas à l’ordre remarquant que cette fois il y avait vraiment de quoi faire rire une momie.
- 22h53: Avocat de la défense: « Pourriez-vous nous dire par quel membre Mouad vous a frappé ? » Taliyani : « je ne me souviens pas »
- 23h00: Avocat de la défense: « Pourriez-vous nous expliquer comment se fait-il que vous vous êtes trouvé en bas du domicile familiale de Mouad » . Taliyani ne l’explique pas
- 23h00: Taliyani: « En fait, je sais que c’est Mouad qui l’a fait, parce qu’au moment de l’attaque j’ai entendu quelqu’un dire ‘ne fais pas ça Mouad, ne fais pas ça Mouad’ ». Ainsi donc le plaignant accuse Mouad par déduction , il ne l’a jamais vu commettre le délit présumé mais il a étendu quelqu’un l’insinuer..
- 23h02 : Avocat de la défense : « Donc vous accusez Mouad, parce que vous avez entendu quelqu’un dire : ‘ne fais pas ça Mouad, ne fais pas ça Mouad’ » . Taliyani « Oui » . Avocat : dans les PV vous avez dit que c’était plutôt : « ’ne fais pas ça L7a9ed, ne fais pas ça L7a9ed ’». Taliyani, troisième version : « en fait j’ai entendu quelqu’un dire ‘ne fais pas ça Mouad L7a9ed, ne fais pas ça Mouad L7açed’ » . Rires dans la salle .
- 23h02: .... commentaire personnel Si ce procès ne finit pas par un acquittement on se demande quel procès pourrait l’être. Le plaignant de contradiction en contradiction.
- 23h06: Avocat de la défense: « Vous avez eu un certificat médical de 45 jours, pourriez-vous nous dire combien êtes-vous resté à l’hôpital ? » . Taliyani: « Je ne me souviens pas ». Avocat de la défense « Pourriez-vous nous dire au moins quand vous êtes sortis de l’hôpital ?». Taliyani: « Je ne me souviens pas ».
- 23h07: Avocat de la défense demande au juge de dire au plaignant de répondre sérieusement. Le juge s'en moque.
- 23h09 : par contre le juge vient de se réveiller pour rappeler à la salle qu’il est interdit d’utiliser les téléphones et appareils électroniques. Apparemment la seule chose qui l’intéresse.
- 23h11: Avocat de la défense: « Une fois vous déclarez que c’est vous-même qui ait appelé l’ambulance, une fois vous dites que c’est un ami, quand vous dites vrai ? ». Taliyani choisit au hasard une option, celle de l’ami.
- 23h15: Avocat de la défense: « Vous pourriez nous dire qui est le médecin qui vous a délivré le certificat médical ? ». Taliyani: « Je ne peux pas vous dire son nom, c’est un médecin qui n’aime pas la célébrité »
- 23h15: .... après cette dernière réponse, la salle est partagée entre ceux qui ont explosé de rire et ceux qui ne cessent de se répéter : mais c’est incroyable, il se fout de la gueule de tout le monde !
- 23h30: Taliyani continue à s'enfoncer et aller de contradiction en contradiction, rien ne tient le bout.
- 23h36: Et le juge décide d'une autre suspension! Ça devient une habitude chez lui.
- 23h36: Le juge et le procureur quittent la salle ensemble après avoir suspendu l'audience.
- Minuit 04 min: on attend toujours le retour du juge. La salle est toujours pleine de soutiens de Mouad.
- 00h46 : salle bondée, toutes les places assises sont occupées et il y a même des gens debout. On attend toujours le retour du juge.
- 00h46: Reprise du procès
- 00h49: Les témoins sont appelés à la barre. tous présents.
- 00h50: Le juge a décidé un énième report du procès jusqu'à mardi 10 janvier à 17h00 !
- 00h55: La défense demande la liberté provisoire en attendant la suite.
- 00h55: Avocat de Mouad: « et comme vous l’avez certainement vu Mr le président, après les débats d’aujourd’hui la donne a complétement changé et plaide pour une mise en liberté immédiate de Mouad ».
- 00h56: Une fois n’est pas coutume, le procureur ne veut pas prendre la parole pour s’opposer à cette demande.
- 00h57: Le juge informe les avocats qu’il se prononcera vendredi sur leur demande.
- 00h58: Mouad est ramené à se cellule à la prison civile d'Oukacha. Le tribunal se vide .
Audience du mardi 10 janvier 19h00 au mercredi : 6h du matin
Mardi 10 janvier
- 18h00 : En attente du procès, sit-in de soutien en face du tribunal en présence de la presse internationale
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- 19h00: Salle N°8 du tribunal comble de monde, des gens attendent aussi dans la salle des pas-perdus le début du procés
- 19h08 : On se lève à l’entrée du juge. Et on se lève à l’entrée de Mouad qui se place dans le box
- 19h15 : Audition du seul témoin à charge. Les autres témoins de Taliyani, ne sont pas venus car ils sont tous …. à l’étranger !
- 19h22 : Témoin à charge: « J’ai vu Mouad frapper Taliyani » . « Je n’ai pas vu le sang ». « J’ai parlé à Taliyani juste après avoir été frappé »
- 19h27 : Témoignage complétement inaudible. Le témoin chouchoute au juge, le seul à pouvoir l’entendre. La défense s’approche de lui pour entendre ce qu’il est entrain de dire.
- 19h28 : Questions de la défense sur les contradictions entre ce que dit le témoin aujourd’hui, ce qu’il a dit chez la police et ce qu’il a dit chez le juge d’instruction. Trois versions différentes.
- 19h43 : Le juge n’apprécie pas que la défense repose les mêmes questions et refuse de les reposer au témoin (NB : les avocats ne posent jamais des questions directement au témoin, ils doivent passer par le juge)
- 19h53 : La défense continue à poser des questions au seul témoin à charge sur les contradictions de ce qu’il raconte. Le témoin est évasif et ne répond pas.
- 20h08 : Audition du témoin complétement inaudible. Le juge veut en finir pour passer au suivant. Tension avec les avocats.
- 20h18 : Fin de l’audition du seul témoin à charge. Appel du premier témoin en faveur de mouad, lui aussi inaudible.
- 20h25 : Le juge décide qu’il est déjà temps de faire une première suspension! Il quitte la salle accompagné du procureur.
- 20h25: Audience suspendue
- 20h28: Le papa de Mouad, digne, reçoit les soutiens de gens de plusieurs classes sociales et âges. Il est très touché par autant de sympathie.
- 20h30 : Un avocat: « il est important pour nous d’éviter les accrochages avec les avocats de taliyani, ils misent sur ça pour faire durer le procès et le reporter »
- 21h14 : Reprise du procès après une longue suspension dont personne ne comprend le pourquoi
- 21h18 : Les témoins à décharge continuent d’être auditionnés, ils disent tous qu’il n’y a avait pas d’incident ce jour-là mais juste un accrochage verbal.
- 21h36 : Témoin: « personne n’a touché personne ce jour-là ».
- 21h41 : Les témoins à décharge continuent de se succéder à la barre pour dire que Mouad n’a pas touché Taliyani.
- 21h50 : Pour ne pas faire durer le procès, la défense de Mouad ne pose pas de questions aux témoins et laisse la partie civile seule le faire.
- 22h08 : Et soudain un bébé de presque trois ans commence à crier « Mouad … Mouad… » , c’est le bébé d’une voisine qui adore Mouad . Le juge glaçant : « allez faire coucher vos enfants » !
- 22h14 : Le juge et le procureur ne désignent pas Mouad par son nom de famille, ils l’appellent... « L7a9ed » !
- 22h17 : Le procureur du roi ne s’intéresse pas aux débats. Il semble déjà « ailleurs ».
- 22h28 : Fin des auditions des témoins à décharge qui se sont relayés pour disculper Mouad.
- 22h31 : Le juge décide d’une autre suspension d’audience avant le début des plaidoiries
- 22h34 : Dans la salle des pas-perdus : « Ca y est on y arrive enfin!... les plaidoiries juste après la reprise » . Ouf de soulagement: il n’y aura pas de report.
- 22h41 : On profite de la suspension pour se ravitailler…. La nuit va être très très longue.
- 22h51 : Reprise surprise de l’audience. Les avocats de la défense n’ont pas eu le temps de revenir, le juge s’énerve et quitte la salle. Le procureur le suit.
- 23h00 : Tout le monde est là maintenant. Le juge toujours en colère revient. Entendu dans la salle: « mince il fait la gueule ! »
- 23h01 : La partie civile commence à plaider la première. Avocat de Taliyani: « nous sommes aujourdh’ui dans un moment historique ! »
- 23h06 : Avocat de Taliyani « Monsieur le président, merci pour votre disponibilité, merci pour votre temps, merci pour la bonne conduite du procès …. » il continue à remercier le juge pour on ne sait pas quoi.
- 23h11 : Lyrique, avocat de taliyani est toujours en phase d’introduction. Pour la 3ème fois il répète: « Nous sommes dans un moment historique ». Se retourne pour voir l’effet sur la salle remplie de monde.
- 23h16 : Avocat de Taliyani dit tout le bien qu’il pense de la nouvelle constitution. Il commence à lire son article 20 qui concerne .. le droit à la vie !
- 23h20 : Avocat de Taliyani sort encore quelques articles et codes d’ici et de là et commence à les lire. Personne ne sait c’est quoi le lien avec l’affaire…. A moins qu’il veut fatiguer tout le monde avant de passer à exposer les demandes de la partie civile.
- 23h22 : Avocat Taliyani parle de l’accrochage verbale quand Mouad a refusé de serrer la main de Taliyani qui voulait l’acheter pour travailler dans l’alliance royalise. Mouad lui avait dit je refuse « la saleté » . Avocat Taliyani sur un ton bizarre crie « Saleté » « Saleté » comment a-t-il osé traiter mon client de saleté.
- 23h23 : Avocat Taliyani: « Saleté » « Saleté » comment a-t-il osé traiter mon client de saleté.
- 23h24 : Avocat Taliyani: « Saleté » « Saleté » comment a-t-il osé traiter mon client de saleté.
- 23h24 : Avocat de Taliyani commence à parler de la déclaration universelle des droits de l’homme et de la lutte contre le racisme !
- 23h27 : Avocat de taliyani « ils ont traité mon client de traitre, Monsieur le président ce n’est rien que du racisme » !
- 23h32 : Avocat de taliyani « Monieur le président, c’était une énorme foule qui voulait lyncher mon client et l’assassiner» !
- 23h33 : Avocat de taliyani revient à Mouad « Comment a-t-il osé dire à mon client ‘Nta Moussekh’ (tu es sale) …. C’est une incitation à la haine et au racisme»
- 23h38 : très content de lui, Avocat de Taliyani continue de sauter d’un sujet à un autre très content des nombreux gens qui l’écoutent… tient maintenant des propos complétement incohérents.
- 23h40 : maintenant il raconte un procès auquel il a assisté et conclue que « si quelqu’un est cohérent et précis dans ses déclarations, c’est qu’il ment » !
- 23h40: les gens décident de quitter la salle et commencent à sortir.
- 23h46 : Avocat Taliyani cite les témoins des PV de police qui ne sont pas venus témoigner devant la Cour . En fait on sait même pas si ces témoins existent vraiment !
- 23h50 : Avocat de Taliyani continue à dire des choses aussi incohérentes que celles de son client. Il insulte l’audience l’accusant de manipuler la justice. Il parle de « la pensée unique » qui veut faire croire au monde que seul Mouad a dit « Vive le peuple » alors que lui aussi le dit… continue des propos hallucinatoires.
- 00h00 : Minuit au tribunal, avocat de Taliyani continue à parler. Personne n’arrive à suivre le fil de sa pensée. Le juge s’assoupit. L’audience décide cette fois de quitter la salle qui commence à se vider.
- 00h20 : la salle est maintenant au ¾ vide. Pensant que tout le monde est parti l’avocat de Taliyani décide enfin de s’arrêter. Il oublie de présenter sa requête de partie civile la chose pour laquelle il est là !
- 00h23 : La parole est au procureur du roi pour son réquisitoire.
- 00h26 : Le procureur du roi étonnant : « le législateur a choisi d’utiliser le terme Da7iya (victime) parce que c’est proche du terme Oud7iya (sacrifie)». Décidément on est en plein délire dans ce procès.
- 00h27 : Procureur du roi « Ceci n’est pas l’affaire du siècle » . Comme si il a entendu quelqu’un dire qu’on est dans le procès Mesrine ! « Ce procès a réuni toutes les conditions d’un procès juste et équitable ».
- 00h30 : Procureur lui aussi parle de la nouvelle constitution, apparemment c’est très à la mode. Lit ses articles dont celui qui a trait … au droit à la vie !
- 00h33 : après de longue préliminaires, le procureur entre enfin dans le sujet. Lit un papier qui s’apparente à un acte d’accusation d’une Cour d’assises !
- 00h34 : Procureur fait siennes les conclusions de la police. Pour lui il n’y a aucun doute l’accusation est démontrée. Cite des témoins qui ne sont jamais venus au tribunal pour l’affirmer.
- 00h36 : Procureur du roi soutient à fond la version de Taliyani. En y mettant les formes, il y croit plus que Taliyani et ses avocats eux-mêmes.
- 00h38 : Procureur continue à soutenir que Mouad est coupable et se base sur les PV de police exclusivement pour l’affirmer. Il n’a pas d’autres arguments que les PVs.
- 00h44 : sentant sans doute la faiblesse de son argumentaire, le procureur s’empresse pour dire au juge que dans la loi, et en correctionnelle, « le juge peut se baser sur des éléments qui n’ont pas été exposés devant lui, comme les PVs de police… » . En gros il invite le juge à ne se fier qu’aux PVs de police. Très « élégant ».
- 00h45 : Sale pleine de monde, des gens debout parce qu’il ne reste plus de places assises. Pourtant il est 0h45.
- 00h48 : Pour le procureur Mouad est coupable et il demande une condamnation « juste et équilibrée ».
- 00h49 : La parole est à la défense de Mouad. Le premier Avocat de Mouad commence « Nous sommes honorés que Mouad nous a désignés comme ses défenseurs ».
- 00h58 : Le premier avocat choisi de placer sa plaidoirie sur le terrain politique. Il rappelle le contexte et n’évoquer pas le dossier lui-même. Plaidoirie plutôt laborieuse.
- 01h06 : Avocat rappelle qu’ici même devant le même juge et le même procureur rachid Niny a été jugé y a quelques mois.
- 01h11 : Avocat « Non ce n’est pas un dossier normal sinon il aurait été clos il y a longtemps ». « non ce n’est pas un dossier normal vu la personnalité de Mouad et celle du plaignant ».
- 01h13 : Avocat expose les pratiques violentes du Chabab Malaki et les mis en contraste avec celles du mouvement 20 février.
- 01h15 : le premier avocat de Mouad continue à exposer le contexte politique et démontrer qu’on est en plein procès politique.
- 01h24 : l’avocat montre au juge une grande photo de Taliyani attaquant le journal Akhbar Al yaoume et brulant ses exemplaires juste après les faits présumés.
- 01h25 : l’avocat présente en fait au juge plusieurs photos de Taliyani exerçant des violences sur des manifestants du mouvement 20 février. « Et c’est cet homme-là qui prétend aujourd’hui être une victime ? »
- 01h28 : le procureur n’aime du tout, mais alors pas du tout, cette séquence « photos taliyani en plein action ». Ca se voit sur son visage.
- 01h31 : l’avocat lit maintenant un communiqué de l’alliance royalise qui accuse son membre Taliyani de « mensonges » « d’exploitation de l’alliance à des fins personnelles » et qui l’expulse de ses rangs.
- 01h35 : fin de la plaidoirie du premier avocat. La parole est au deuxième avocat de Mouad qui commence dans une salle toujours archipleine.
- 01h35 à 2h15 : sur twitter « mais where is Larbi? »….. le corps a ses limites, dans la salle des pas-perdus des militants morts de fatigue volent quelque minutes de sommeil.
- 02h15 : une bonne demi-heure d’audience loupée, et c’est une autre avocate de Mouad qui est entrain de plaider.
- 02h18 : Avocate : « si le dossier était cohérent et le certificat médicale crédible, Monsieur Dali se présenterait aujourd’hui sur une chaise roulante ».
- 02h18 : Avocate « en fait tout le monde le sait : les autorités utilisent un procès de droit commun pour faire taire Mouad et arrêter son engagement politique »
- 02h20 : Avocate énumère maintenant toutes les incohérences et les contradictions du dossier. Point par point.
- 02h21 : Avocate : « A ce jour Mouad a passé 122 jours en prison pour un crime qui n’a pas été commis »
- 02h22 : Avocate « C’est le moment de savoir si quelque chose a changé… si on est rentré dans un Etat de droit… c’est le moment de savoir la signification du ministère de la justice et des libertés ».
- 02h24 : Avocate finit sa plaidoirie. Avocate suivante enchaine. Un policier « c’est un des procés les plus longs de l’histoire de ce tribunal ».
- 02h25 : Me Naima El Guellaff (NE) qui prend la main, comme ses confrères commence par dire combien elle est honorée de prendre la défense de Mouad dans ce procès historique.
- 02h28 : A son tour Me NE commence à énumérer toutes les absurdités et les incohérences du procès et des déclarations. Se concentre sur le témoignage de taliyani qui finalement a dit la chose et son contraire.
- 02h29 : Me NE : « Nous sommes fatigués Monsieur le président… nous sommes fatigués de ce genre de procès politiques ! ».
- 02h31 : Me NE : « A El Hoceima six jeunes sont morts dans des circonstances douteuses et le parquet n’a pas bougé le doigt… que fait-il ? il préfère s’attaquer à Mouad »
- 02h34 : Me NE: « c’est quand même bizarre qu’on a un certificat médical et on ne sait pas ce qu’il vaut… on ne sait même pas qui l’a délivré. Où est le médecin qui l’a délivré ? qui est-il ? »
- 02h39 : Me NE énumère point par point, déclaration par déclaration, contradiction par contradiction les incohérences du dossier.
- 02h43 : l’avocate continue à déconstruire l’accusation. Elle la réduit à néant. Rien ne tient dans le dossier.
- 02h46 : Me NE: « Le seule jugement juste et acceptable dans cette affaire c’est une relaxe pure et simple ».
- 02h49 : Me NE « Plusieurs manifestants 20 février ont été blessés par des baltajiyas et on a présenté des preuves audio-vidéo au parquet. Pourquoi le parquet n’a rien fait ? pourquoi le seul poursuivi depuis le 20 février est Mouad ? »
- 02h58 : fin de l’excellente plaidoirie de Me Naima El Guellaff . Avocat suivant prend la parole.
- 03h00 : Avocat : « J’aurais aimé voir ici, jugés dans ce tribunal, Driss Benhima ou Abbas El fassi pour l’affaire de Najat. Et on préfère juger un fils du peuple ».
- 03h05 : les plaidoiries de la défense continue. Dans une salle pleine de soutiens de Mouad.
- 03h10 : au tour de Me Omar Benjelloune de prendre la parole maintenant en défense de Mouad.
- 03h11 : Maitre Benjelloune : « l’accusé devant vous fait objet d’une solidarité exceptionnelle allant de l’élite de ce pays aux simples citoyens… tout le monde le soutient ».
- 03h12 : Me OB expose les raisons de la lenteur de l’instruction, des reports successifs et exceptionnels. « Figurez-vous Monsieur le président on a même changé d’année entre temps »
- 03h14 : comme tous les avocats , me OB dit lui aussi combien il est honoré de défendre Mouad.
- 03h17 : Me OB : « Vous ne pouvez pas faire semblant de l’ignorer : l’accusé devant vous est membre d’un mouvement qui a fait trembler le pouvoir ».
- 03h19 : le procureur du roi bataille contre le sommeil. Il est complétement désintéressé de ce qui se dit.
- 03h28 : Me OB à son tour démonte l’accusation et la casse, élément par élément, point par point, témoignage par témoignage.
- 03h35 : Me OB : « regardez le mince corps de Mouad et comparez le avec celui du plaignant. Comment croire que Dali est tombé parce que mouad l’a frappé. Ma foi même si un train rentre dans Dali il ne tombera pas ».
- 03h35 : On cherche Monsieur Dali pour en juger : au fait il est déjà rentré chez lui !
- 03h35: Me OB conclue: « Monsieur le Président, le prisonnier dans ce procès n'est pas Mouad, mais c'est vous même. Proncez votre propre innocence »
- 03h45 : au tour d’un autre avocat de Mouad de prendre le relais .
- 03h47 : cet avocat se concentre sur les versions des faits présentées par Taliyani. « Il a présenté quatre version des faits et les voici : … » Commence à les énumérer pièces à l’appui.
- 03h58 : Me Messaoudi prend la parole en défense de Mouad.
- 03h58: Samira Kinani a trop froid et a mis un foulard. Tout le monde trouve que ça lui va bien, on la taquine pour ça. A côté d'elle khadija Riyadi ne rate pas un seule mot des débats dans la salle. Des procès comme celui-là, les braves dames ont en déjà vécu des dizaines.
- 03h59 : Me Messaoudi : « toutes les partis, y compris le procureur du roi, ont parlé d’un procés devant l’histoire ».
- 04h01 : Me Messaoudi : « Ca me fait de la peine de voir que des PV de police sont encore manipulés et fabriqués pour envoyer des innocents en prison».
- 04h02 : Me Messaoudi : « Nous espérons que ce tribunal fasse exception en refusant de se baser sur des PV de police qui insultent l’intelligence des gens».
- 04h03 : Me Messaoudi : « Un jour viendra nous saurons qui a donné l’ordre de fabriquer ce procès…. Rendez justice à ce pays avant de la rendre à Mouad on y mettant fin. ».
- 04h05 : Mais où est la partie adverse ? En fait même l’avocat du plaignant, qui a plaidé à minuit, est déjà rentré chez lui.
- 04h10 : Me Messaoudi est entrain de déconstruire à son tour l’accusation. Il la démonte point par point avec une rigueur inégalée. Il est 4h10 du matin
- 04h10 : ca y est, à en croire les habitués du palais (de justice) c’est le procès le plus long de l’histoire du tribunal de Ain Sbeaa. Ce qui étonne le plus c’est que la salle continue à être complétement pleine. Mamfakinch.
- 04h10 : Me Messaoudi s’attaque à l’argumentaire du procureur et le démonte.
- 04h15 : le juge décide qu’il est temps de faire une pause. Suspension.
- 04h55 : reprise du procès et des plaidoiries.
- 04h55 : Me Messaoudi reprend sa plaidoirie axée sur les irrégularités des PV et l’ncohérence des témoignages et des faits présumés.
- 05h02 : le juge Jaber dort. Ouvre les yeux de temps en temps ze3ma il est toujours éveillé.
- 05h03 : La salle est toujours bondée. Pourtant il est 5h du matin.
- 05h10 : Astuce de l’école primaire adoptée par le juge et le procureur du roi. Ils ouvrent des pièces du dossier font semblant de les lire et …dorment. Ce qui ne démotive pas Me Messaoudi qui continue à plaider en haussant la voix pour les réveiller.
- 05h18 : Me Messaoudi continue a souligné les contradictions entre PVs de police/déclarations chez le juge d’instruction/témoignages devant la cour.
- 05h18 : Dans la salle un bébé d’une voisine de Mouad pleure. Le juge se réveille et sur un ton arrogant : « Ces enfants vous auriez dû les ramener à une fête de mariage (sic!) au lieu du tribunal » !
- 05h30 : Me Messaoudi conclue. Il répond au juge sur un temps provocateur « Si jamais Monsieur le président vous n’avez pas tout entendu et vous voulez que je reprends dès le début ça serait avec plaisir ». Et pan sur le bec.
- 05h39 : la parole est donnée au dernier avocat de mouad, Me Hassan Harrouch, qui promet d’être court.
- 05h51 : Plaidoirie axée sur le volet pénal de Me Hassan Harrouch. Qui cite la jurisprudence de la cour suprême sur les irrégularités des PVs entrainant leur annulation. Il parle tellement fort que le juge n’a plus sommeil.
- 05h55 : le denier avocat de Mouad, Me Harrouch, continue à plaider. Il est presque 6h la salle est complétement pleine. Ce qui est bien avec cet avocat c’est qu’il a réveillé tout le monde même le procureur !
- 06h06 : Fin des plaidoiries de la défense. Le procureur du roi demande à leur répondre.
- 06h07 : Le juge refuse au procureur le droit de répondre. Ce dernier s’énerve . Clash entre le procureur et le juge pourtant copains tout au long de ce procès.
- 06h08 : le juge déclare la fin du procès. Il mis en délibéré le jugement au 12/01 à 13h00
- 06h08 : le juge se reprend : il ne mis pas le jugement en délibéré mais il veut juste prendre le temps pour méditer (Ataamal). Il rendra la décision de sa méditation jeudi à 13h00
- 06h10 : la défense enchaine avec une demande de liberté provisoire en attendant que le juge rend son jugement.
- 06h12 : le juge ne veut pas se prononcer sur la liberté provisoire et déclare la séance levée. Jugement le jeudi à 13h00
- 06h15 : La salle applaudit Mouad alors que des policiers le sortent pour le ramener en prison. La salle commence à se vider.
Le jeudi 12 janvier à 13h00, le juge Jaber a condamné Mouad à « une peine de prison équivalente à la période passée en détention», soit quatre mois de prison ferme, pour « coups et blessures » et à 500 Dhs d’amende.
Les Avocats ont décidé d’interjeter Appel à cette condamnation. Mouad a quitté la prison à 14h30.

















Commentaires
Cette flagrante injustice et toute cette procédure ''ridiculissime'' sont à mon avis l'oeuvre du noyeau pourri du système de la justice et de la police qui continuent de faire autant de zèle pour défendre leur ''acquis''...bien entendu, ils doivent le faire de concert avec des responsables tout aussi pourris et plus hauts placés que les juges et procureurs du Roi, tout en envoyant des signes aux services de l'intérieur que l'appareil repressif continue de fonctionner comme il se doit !
donc oui, il y a zèle de fonctionnaires pourris, mais il ne faut pas nier que les ''instructions venues d'en haut'' font aussi partie du système répressif ...mais par ce ''en haut'', faut-il imaginer des instructions Royales directes et claires carrèment..? il faut envisager que cela soit possible, vu que le procès ici vise le discours radical, tout aussi clair et net d'el 7a9ed vis à vis de la monarchie (et non pas cette histoire de pretexte sur laquelle s'est joué le procès)
En tous cas, ce procès soulève un point nouveau dans le déroulement du printemps Marocain, faut-il considérer l'insulte (et non la caricature) de la monarchie comme étant de la liberté d'expression ? et même si on ne considérait pas certaines répliques du RAP d'el 7a9ed comme ''insultes à la monarchie'', et qu'on doive les mettre dans la catégorie ''d'Art'' qui appelle à la révolte franche contre la monarchie...est ce pour autant un pari gagné pour les défenseurs de cette thèse radicale face à l'opinion publique ?...
en tous cas, je lui souhaite que son ''Art'' le mène qq part ou il puisse retrouver sa dignité...qui après tout est la cause de sa révolte et celle de nombreux autres concitoyens.
Jamal a tout à fait raison.
Ce qui m’impressionne, c’est la façon avec laquelle Larbi nous relate cette « histoire » insolite et rocambolesque qui normalement aurait dû passer inaperçue comme un simple fait divers et encore…
Beaucoup d’humour et merci pour les éclats de rire… Larbi...
Je ne comprends tout simplement pas :
- Pourquoi l’audience s’est tenue si tard la nuit ?
- Pourquoi les bébés étaient présents à l’audience à 2 heures du matin ?
- Pourquoi il a fallu que Mouad ait 10 avocats pour le représenter ?
- Pourquoi la partie adverse pense que c’est un fait historique ?
- Les avocats de la partie adverse qui quittent la salle d’audience avant le délibéré…
- Taliany qui disparait en cours de route….
- Les témoins non-présents…
- Pourquoi la salle se lève pour Mouad ?
- Les gens ont-ils droit de crier des slogans ?
- Le juge qui sommeille ?
- L’insolence de Mouad vis-à-vis du juge
- Le ton sarcastique des avocats envers le juge ?
- La dame qui remet un sandwich à Mouad ? Le public a-t-il le droit d’approcher un prévenu en cours de jugement ?
- Pourquoi les avocats étaient-ils honorés de défendre la cause Mouad ?
Tout simplement Banana République !
Vraiment satirique… merci encore pour le grand rire
La (in)justice Marocaine doit etre reformee de fond en comble.
Des juges qui attendent des coups de fil pour decider du fin mot de certaines affaires doivent tout simplement etre limoges. Ils ne sont ni assez dignes, ni suffisament comptents, ni independents pour porter des jugements sur leurs concitoyens.
J'espere que Ramid fera le menage dans ce zoo qu'on appelle systeme judiciare Marocain.
El 7a9ed est condamné parce qu'il est innocent. On n'interpelle jamais dans le royaume de sa ma j'ai seté les soupçonnés coupables qui pilllent le trésor publique. Bien El7a9ed est jugé pour plair à ceux qui devaient étre dans les cachots. Les pourris de la planète qui veillent aux affaires puibliques au Maroc de sa ma.....
Bravo et merci alia pour ton analyse si pointue sur cette affaire surréaliste qui frise l’aliénation typiquement tiers-mondiste et qui en dit long sur un système de l’injustice marocaine déchu et moyenâgeux.
La fuite des cerveaux qu’ils disent. Ces cerveaux en ont marre... P’être parce qu’ils sont tous partis ailleurs que le résultat s’en ressent…et de façon brutale…
PS : les policiers en vigile qui rient durant une plaidoirie ???? ça me fait rire aussi…
Chapeau bas, khouya Larbi pour tout le mal que tu te donnes pour nous informer ! Tu es obligé de négliger ton travail pour cela; bravo, man! Mais je suppose que tu dois avoir des revenus par ailleurs! Ton enthousiasme est absolument fabuleux et ton abnégation est exemplaire : cela dépasse tout ce qu'on avait vu auparavant, même parmi les militants de Ila Al Amam ou cdeux du 23 Mars : eux se battaient pour le peuple. Toi tu te bats (une façàn de parler, tu ne risques rien, je crois) pour un seul type! Bravo encore! Vivement une autre affaire ce genre pour que tu puisses te recycler dans le journalisme : tes copains ARB et ABJ et leur mentor le prince rouge peuvent te recommander : tu seras notre prix Pullitzer du printemps marocain avorté! Bon courage, khouiya : la gloire n'est pas loin maintenant! Même ACTUEL te signale comme "blogueur très prolifique"!
Dites donc admirator, un bien mince projet que vous avez là pour Larbi. Nous le voyons bien comme conseiller « principal » du roi. Sinon plus, et merci pour votre suggestion
Journaliste ! La belle affaire !
De toute façon, les meilleures idées émanent toujours des femmes, c'est connu et reconnu.
Merci pour ce partage !
honteux, faurx proces, fausse accusation...dans les pays democratique ca n'arrive pas. mais voila el maghrib n'est pas une democratie. esperons que les choses bougeront un peu en 2012, que le petit (et gros, chaque fois plus...) simo lachera un peu de son pouvoir et que la separation etat-religion la seule, je repete la SEULE separation qui garantit les droits de tout le monde, aura enfin lieu.
vive la democratie et les droits de l homme.
c'est toujours un plaisir de lire tes articles. merci
Séance mémorable !
Excellente transcription… à la manière d’un greffier !
Maintenant, il faut transformer cette transcription en une vraie pièce théâtrale jouée sur scène en différentes langues pour montrer aux étrangers ce qu’est cette mascarade du Makhzen alaouite qui s’appelle « Justice » et le déroulement d’un procès monté de toutes pièces dans un tribunal qui juge au nom du despote alaouite !
d'apres une soUrce à ne pas citer, fouad ali el himma suivait par telephone, le procès pas loin dans un bar, des bouteilles toutes autour, donnait les instructions à son juge et à son procueur, il voulait à tout prix 2ans fermes pour la victime lhaked...mais peine perdu, le tracteur a eu les pneux crevés ce jour
Maroc: des vidéos montrent des immolations, on parle de jeunes chômeurs désespérés
19 Janvier 2012 13h49
Trois voire quatre chômeurs marocains se seraient immolés devant la Chambre des représentants, ce mercredi à Rabat, capitale du Maroc et deuxième ville du pays derrière Casablanca. Sur base de plusieurs vidéos Youtube (voir en bas d'article, images particulièrement sensibles) et de quelques rares informations collectées sur internet, il s'agirait de jeunes diplômés, sans emploi, qui protestaient contre le fléau du chômage. Nous évoquons ces faits au conditionnel car rien ne nous permet d'affirmer avec certitude que ces images proviennent bien de Rabat et datent bien d'hier, aucun grand média international ne relayant ces faits. Le sort des personnes immolées n’est pas connu, mais une vidéo, montre un des rescapés, la peau brûlée et en lambeaux crier de douleur et de résignation. L'incident s'est produit pendant que la police dispersait des protestataires essayant de marcher vers Royal Palace. Ces immolations en rappellent immanquablement une autre, celle de Bouazizi en Tunisie qui fut l'élément déclencheur du printemps arabe.
Bouazizi, l'exemple
Fin décembre, le Tunisien Mohamed Bouazizi, qui s'était lui aussi immolé par le feu fin 2010 et dont le geste désespéré avait déclenché la révolution en Tunisie et, in fine, le "printemps arabe", avait été nommé Personnalité de l'année par le quotidien britannique Times. Un exemple suivi par des centaines de jeunes un partout dans le monde arabe sans toujours avoir les mêmes répercussions.
Large mouvement?
Le pouvoir en place autour du Palais Royale Marocain avait été contesté depuis le début de l'an dernier par des jeunes manifestants dans la rue. Composé de cybermilitants laïcs et de gauchistes, et jusqu'à récemment d'islamistes fondamentalistes, le "Mouvement du 20 février" continue de manifester dans certaines villes du royaume pour revendiquer des réformes politiques, moins de corruption et une plus grande justice sociale.
Un nouveau gouvernement pour le Maroc
Plus d'un mois après des législatives anticipées dans le tumulte du Printemps arabe, un gouvernement dirigé pour la première fois au Maroc par un islamiste, Abdelilah Benkirane, a été désigné mardi 3 janvier par le roi Mohammed VI. Le Parti justice et développement (PJD), dont le chef est M. Benkirane, a obtenu 12 ministères sur 30 dont ceux des Affaires étrangères et de la Justice.
Le chômage, une priorité
Dans une déclaration à l'AFP, le nouveau chef de gouvernement Abdelilah Benkirane a indiqué: "nous allons travailler pour que les investisseurs, étrangers et marocains, aient davantage de confiance". "Notre gouvernement respectera tous les engagements que le Maroc a signés, notamment sur le plan international. Nous ferons également tout pour améliorer les conditions de vie de nos citoyens", selon M. Benkirane. Les partis islamistes issus des élections dirigent donc désormais les gouvernements en Tunisie et au Maroc. Ils sont clairement en tête aux élections en cours en Egypte.
http://www.rtl.be/info/monde/intern...
http://www.rtl.be/info/monde/intern...
http://www.youtube.com/watch?v=sm9h...
Appel à manifester dans toutes les villes et tous les villages du Maroc ce 22 Janvier 2012 contre les brigands alaouites et les bandits fassis :
دعوة حركة 20 فبراير للتظاهر بكل المدن المغربية يوم 22 يناير 2012
Appel du 22 Janvier du Mouvement du 20 Février-نداء 22 يناير حركة 20 فبراير
http://www.youtube.com/watch?v=CRYT...
@12
soutien à L7A9ED,
Il fallait le filmer avec un portable si c'était vrai !!
Maroc: décès d'un chômeur qui avait tenté de s'immoler par le feu
CASABLANCA — L'un des deux diplômés au chômage qui avaient tenté de s'immoler par le feu la semaine dernièer à Rabat est décédé mardi, a déclaré à l'AFP un médecin de l'hôpital Ibn Rochd de Casablanca.
"Abdelwahab Zeidoun est décédé vers cinq heures du matin (locales et GMT) des suites de ses blessures", a indiqué le médecin qui a requis l'anonymat.
La victime, âgée de 27 ans, avait tenté de s'immoler mercredi 18 janvier en s'aspergeant d'essence dans la capitale, Rabat. Atteint de brulures au deuxième degré, il avait été transporté à Casablanca (80 km au sud de Rabat) pour y être soigné dans une unité spécialisée.
Titulaire d'un master en documentation de l'université de Fès (centre), il faisait partie d'un groupe de diplomés du supérieur qui participent depuis deux semaines à un sit in dans une annexe du ministère de l'Education à Rabat pour revendiquer un emploi dans la fonction publique.
"On est sous le choc et on sait pas encore ce qu'on va faire. Nous maintenons pour l'instant notre sit in", a déclaré à l'AFP une étudiante, Asma, porte-parole du groupe.
Selon elle, des dizaines de jeunes diplômés se sont dirigés, après l'annonce du décès, à Casablanca pour se rassembler devant l'hôpital Ibn Rochd.
Une vidéo diffusée sur internet et les réseaux sociaux montrait cinq hommes s'aspergeant d'essence mercredi dernier mais le liquide ne s'est enflammé que sur deux d'entre eux.
Ce type d'action s'est répandu dans les pays d'Afrique du Nord depuis l'immolation d'un protestataire tunisien en décembre 2010, qui avait déclenché le printemps arabe en Tunisie, puis en Egypte et en Libye.
Des milliers de Marocains, détenteurs de diplômes et sans emploi -- 27% des diplômés universitaires ne trouvent pas de travail, selon l'agence marocaine de l'emploi -- manifestent presque quotidiennement depuis des années pour obtenir un emploi dans la fonction publique.
Les manifestations et sit-in de chômeurs diplomés se sont accentués avec l'arrivée au pouvoir début janvier du parti islamiste Justice et développement (PJD) qui a mis la question sociale au coeur de son programme.
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