Il ne peut pas le taxer de nihilisme et intégrisme du coup il est bien embêté. Mais ne sous-estimons pas le pouvoir : il a un ensemble d’outils pour verrouiller le débat public quitte à humilier des hommes estimables.
Ainsi de Mohamed Berrada , ancien ministre des finances , ancien ambassadeur en france et auprès de l’UNESCO , ancien PDG de la compagnie RAM et de DG de l’OCP qui a été forcé à se rétracter et renier ses déclarations sur le TGV Marocain.

Rappelez-vous de cette déclaration citée dans un billet précédent à propos du TGV :

« Si on n’avait pas investi dans le TGV, ça n’aurait en aucun cas compromis le rythme de croissance. En cette période de crise, cet argent aurait pu être mobilisé pour financer des projets créateurs d’emploi ».

Monsieur Berrada nie catégoriquement avoir tenu ces propos.  Mensonges et calomnies jure-il  sur yabiladi.com :

Plus rien ne m'étonne, c'est l'ère de la propagande numérique. C’est plus l’importance du projet que mes supposés déclarations qui sont à l’origine de cet emballement. Le projet TGV a une dimension géostratégique et représente l’intégration accélérée de notre pays dans l'idéal euro méditerranéen et l'économie mondiale. De ce fait, notre pays est sujet à la convoitise, et la polémique décousue devait sûrement éclore. (..)
Les allégations qu'on pourrait me prêter ne trouvent donc aucune véracité, à part la légitimité incarnée par les fonctions que j'ai occupé autrefois, un attribut non négligeable pour instrumentaliser probablement l'opinion publique…. Pour ma part, je n'ai fait qu'observer ce projet depuis son annonce en 2007 au sein de l'enclos parlementaire. Je reste fidèle à un style académique dans toute réflexion que je mène et les commentaires spectaculaires emprunts de dénonciation sans suite font reculer à grande vitesse.


Puisqu’il semble frappé par une soudaine amnésie, rafraichissons la mémoire  de Monsieur Mohamed Berrada. Sa déclaration sur le TGV Marocain a été donnée au mensuel Economie&Entreprises  N°128 , Juillet-Aout 2010. Le mensuel traitait de la crise de liquidité et s’interrogeait sur « qui financera les grands projets ? » . Extrait de la page 16 :

Le lecteur peut télécharger l’ensemble du dossier EE sur ce lien.