La bonne nouvelle de la semaine c’est la voiture de Moncef BelKhayat qui ne coûte au contribuable marocain « que » 37000 Dhs par mois (selon les dires non crédibles du bogoss du gouvernement) … Ouf on a eu chaud ! Vu les montants qui ont circulé, finalement la luxueuse berline du ministre ne dégraisse le budget de l’Etat que de 18 Smigs par mois. Et encore on ne prend que le chiffrage du ministère. Ça ne doit pas être si choquant que ça vu que le ministre l’exhibe fièrement sur son site sur le mode : ma berline de luxe vaut bien le salaire de 18 prolétaires, par mois s’il vous plait. Un des courtisans du ministre ose justifier « Belkhayat n’a pas attendu le ministère pour rouler dans de belles voitures ». Comprenez : l’intérêt national exige qu’on assure au ministre un minimum de haut standing à la hauteur de son illustre personne.

Voici donc un personnage insignifiant et médiocre qui a été parachuté ministre par le seul fait d’être le copain de Majidi qui lui-même est copain du Roi, et qui toute honte bue, se croit autorisé en ces temps durs à réaliser son orgasme, rouler en une Audit 8, sur le dos du contribuable. Qui plus est, a l’insolence de répondre, pour sa défense, que « disposer d’une voiture de fonction est un droit constitutionnel ». Si on avait son visage et sa médiocrité on aurait répondu qu’au train où ça va c’est baiser les Marocains qui est devenu un droit constitutionnel. N’allons pas ajouter l’indécence des mots à celles des actes. Ne soyons pas aussi obscènes et vulgaires que le sieur Belkhayat, laissons ça à ce sinistre personnage qui a la fonction de ministre.
A force, on pousse les gens au bout. Et on leur demande de se calmer !




Il y a un Maroc pour les Moncef et un Maroc pour les Mouad. Mouad dit 7a9ed ce rappeur de 20 février , a passé le week-end dans la prison et on ne sait pas s’il sera libéré un jour. Un brave enfant de ce pays qui utilise son art pour dire ce que beaucoup ont sur le cœur, pour raconter l’humiliation la hogra. Un enfant de ce peuple dont le seul crime est de dénoncer ceux qui ont fait de ce pays un enfer de déni de liberté et d’injustice sociale. Un spécimen du 9 mars, connu par tous pour ses méthodes de Baltajiya, l’accuse de blessures lors d’une manifestation. Il faudrait penser à porter une plainte contre les Tunisiens, ils chassent Ben Ali de leurs pays et ce sont les Marocains qui doivent encore souffrir de ses méthodes de fabrication de procès. C’est curieux, depuis quelques mois des Blatajyas envoyés par les élus locaux ont tabassé, blessé des manifestants et ni la police ni la justice n’y ont trouvé à dire. Et finalement c’est le rappeur du 20 février qui est poursuivi pour un crime qui n’a pas été commis. Faute de faire passer les militants et activistes par les armes on fabrique des procès de droit commun pour les faire taire par une justice aux ordres.

A force, ils finiront bien par nous radicaliser tous !

Il y a un Maroc pour les Moncef et un Maroc pour les autres. A Rabat des jeunes de 20 février organisaient un sit lorsqu’ils ont été caillassés par une bande de voyous aux ordres des autorités. Ceux-là même qu’on voyait équipés de machettes, regardez les photos. Bien sûr la police n’a pas bougé le doigt et la justice n’a pas engagé des poursuites. Ces voyous souvent de conditions sociales précaires sont payés à la tâche (et les témoignages sont légions) pour aller chasser le manifestant 20 février. On a presque envie de les excuser. Jusqu’au bout, et par quel cynisme !, ce pouvoir persiste à humilier les gens en ramenant des gamins pauvres et déscolarisés au stade de primates qui violentent des manifestants pour un repas , pour un billet de 50 Dirhams. 

Pas un homme politique par un intellectuel, à quelques rares exceptions, n’a ouvré sa petite bouche pour condamner ces pratiques. Le seul des « artistes » qui ouvre sa gueule c’est un certain Tawfik Hazib rappeur de son Etat capable de débiter une connerie par seconde, sans avoir tiré la chasse, dans une interview promotionnelle offerte par l’Etat sponsor et ses médias. Le tapis rouge pour Bigg, une cellule de prison pour 7a9ed, à croire que ce pays est doué pour célébrer la médiocrité et la courtisanerie et punir l’engagement.

Souvenez-vous de ces gens qui à la fin des années 90 disaient « ah si seulement on aurait su… » « si seulement on aurait vu … » à propos des exactions des droits de l’homme perpétrés du temps du roi hassan II. Il faut croire que dans dix ans les hommes politiques et la classe intellectuelle se relayeront pour dire combien ils ignoraient cette chasse aux militants 20 février qui se trame aujourd’hui. Quand Dieu distribuait le courage aux humains, les intellectuels marocains faisaient la queue pour avoir des agréments de transport…. du coup ils n’ont pas eu leur part du courage. A croire que c’est génétique chez eux. 

Et après ça on demande aux gens de se calmer…. On fait tout pour les pousser à la radicalisation puis on part pleurnicher sur ces activistes radicalisés. Il y a un mot qu’on entend souvent et que seul le pouvoir semble incapable de comprendre : mamfakinch. Le pouvoir n’a pas la capacité de comprendre les mots, qu’il ait au moins la responsabilité d’avoir celle de la retenue.