Le régime marocain joue à un jeu très dangereux. Depuis deux semaines il a choisi l’escalade, la lâcheté et l’usage de la force.

Il fait preuve d’une grande irresponsabilité et d’une dangereuse radicalisation et il est temps que ses partisans lui montrent la voie de la raison. Les méthodes de dictatures, la violence gratuite, l’usage des matraques dont il a fait preuve aujourd’hui ne présagent rien de bon pour le pays ni pour sa stabilité. Qu’ils se le disent à Rabat !

A un moment il faut arrêter d’être débile. Que voyons depuis le 20 février ? Des manifestations pacifiques pour demander le changement. Là où dans d’autres pays c’est une violente révolution qui est déclenchée, les manifestants marocains ont demandé un changement pacifique. Là où dans d’autres pays la population demandait un renversement du régime, les manifestants marocains demandent juste sa démocratisation. Là où dans d’autres pays, la population a eu des mots et slogans durs envers ses dirigeants, les manifestants marocains ont ménagé le Roi et la famille Royale. Là où des manifestations dans d’autres pays se sont terminées par des saccages et de la violence, les manifestants marocains ont toujours organisé les leurs dans le calme et la dignité et sans violence allant même jusqu’à protéger les biens publics et nettoyer les rues.

Le mouvement 20 février a fait preuve de beaucoup de bon sens et de responsabilité et c’est tant mieux comme ça.

Dans sa débilité sans nom, le pouvoir marocain avait conçu son propre agenda politique. Une réformette de la constitution donnée comme une aumône, vite expédiée dans les trois prochains mois pour fermer définitivement cette « parenthèse ». Voyant que la détermination des manifestants reste intacte, et comment ne pas l’être qu’on a des revendications légitimes exprimées d’une manière pacifique, le régime marocain a choisi la voie de l’escalade et la violence. Les méthodes de dictatures. Se rend-t-il compte, seulement, en quelle dangereuse voie il est en train d’engager le pays ?

A un moment il faut arrêter avec ces méthodes débiles qui, en 50 ans, n’ont rien résolu. A un moment il faut faire preuve d’un minimum de bons sens : on matraque des manifestants aujourd’hui, ils sortiront dimanche prochain. On met tout le monde en prison, d’autres prendront le flambeau. On réessaye la vieille politique de la peur, ça ne marchera pas parce que la peur et l’intimidation c’est dépassée aujourd’hui. Le régime marocain est en retard de six mois, six mois de printemps arabe, c’est pas beaucoup mais ça a changé la marche de l’histoire. Il est temps qu’il se remette à l’heure.

Dès le discours du roi, on disait qu’il faut être sceptique et vigilant. On attendait des mesures qui crédibilisent les promesses d’un pouvoir qui n’a jamais porté la démocratie dans ses gênes. Or qu’a fait ce pouvoir depuis ? Est-ce qu’il a ouvert les médias publics à la société civile et aux contestataires ? Non, n’est une petite parenthèse vite fermée. Est-ce qu’il a respecté la liberté d’expression ? Non, il a même rajouté à ses nombreuses victimes journalistes une nouvelle. Est-ce qu’il a met fin aux fonctions de ses membres connus pour leur corruption, leur passe-droits et dénoncés régulièrement dans les manifestations ? non, pas un seul homme, pas un seul ! Est-ce qu’il a respecté le droit des gens à la manifestation pacifique ? Non. 

En gros il n’a rien cédé, n’est quelques mesurettes ici est là pour sa com. Et quand il voit que le chèque en blanc qu’il veut arracher n’allait pas venir, il envoie ses policiers et ses forces de l’ordre matraquer. Quelle lâcheté !

Ceux qui s’inquiètent de la radicalisation de la rue, seraient inespérés de s’adresser au bon interlocuteur, celui qui est en train de radicaliser tout le monde : le pouvoir marocain. Et à lui seul, parce que la violence c’est le pouvoir marocain qui l’exerce aujourd’hui, pas les manifestants. 

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