Contacté par le quotidien Akhbar Al Yaoume , le ministre Khalid Naciri n’a pas nié les événements et a confirmé que c’est bien lui qui apparaît sur la vidéo youtube. Le ministre a déclaré à Akhbar Al Yaoume « j’ai vu la vidéo … vous aussi vous voulez en faire l’événement du siècle ? ». Le ministre a ajouté « c’est un événement qui concerne mon fils , il y a des choses qui ont été dites et qui sont fausses : il n’y avait ni couteau , ni menottes ni rien du tout et ceci est ma parole d’honneur » .
Concernant les déclarations des témoins oculaires qui ont confirmé que le fils du ministre a agressé sa victime par un objet tranchant et a été menotté par la police avant d’être libéré par père , Khalid Naciri a eu le commentaire suivant : « c’est un accident banal qui a aboutit à un accrochage comme il y en a beaucoup d’autres chaque jour » avant de conclure « Je ne fais pas attention à ce genre de choses , je suis un ministre en charge d’importantes affaires d’Etat et je n’ai pas donc le temps à réserver a ce genre de futilités ».

Fouad Madani pour AKhbar Al Yaoum – mardi 25 mais 2010

Comme le dit assez bien un ami de chez twitter le ministre n’a pas le temps à réserver à ce « genre de futilités » mais il a bien le temps de prendre sa voiture de fonction et d’aller chercher son fils.
Usage d’objet tranchant ou non ? C’est la parole du ministre contre celle des passants et témoins. Malheureusement, la procédure a été interrompue et on peut en savoir plus.
 A aucun moment le ministre ne nie le fond du problème : il est bien intervenu pour soustraire son fils de la main de la police et ce en usant de sa fonction de ministre. En faisant il s’est rendu coupable d’un abus de pouvoir.
Comme tout père de famille dans un « accrochage banal » il aurait du rendre visite à son fils au poste de police, le soutenir et lui trouver un avocat. Son fils n’a pas moins de droits que les autres. Mais en aucun cas il ne pourrait user de sa fonction pour le soustraire de la main de la police et l’empêcher de faire son travail. Son fils n’a pas plus de droits que les autres.
J’espère que le ministre aura compris au moins pourquoi les passants ont accompagné sa fuite et celle de son fils par des insultes et des mots de révolte très durs. Parce que c’en est tout simplement trop ! D’autant plus que la scène de la fuite se déroule, ô symbole, devant l’enceinte du parlement !
S’il ne comprends pas cela , s’il n’a rien retenu des insultes et phrases de révolte qui lui été adressées, et s’il ne se rend pas compte de sa connerie, c’est grave. Encore grave pour un ministre en charge de .. la communication !
S’il le comprends il saura ce qui lui reste à faire : partir ! Car personne ne comprendra après que le moralisateur en chef, qui a pour principale mission d’expliquer la censure et l’emprisonnement des journalistes par "le non respect de la loi", soit coupable d’un abus de pouvoir aussi flagrant.  C’est intenable.