Lors du séisme de Haïti, le FMI dont ont ne connaît pas de sensibilité humanitaire, bien au contraire il a contribué au drame des Haïtiens, s’est distingué par une réaction rapide. 

Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du fonds, a annoncé dès le lendemain du drame le déblocage d’une aide de 100 millions d’Euros et oeuvré activement pour que la banque mondiale, le gouvernement américain, la banque mondiale et l’Europe contribuent chacun pour le même montant en aide d’urgences. Qu’est ce qui justifierait cet activisme du nouveau directeur du FMI, cette institution mondiale qui a une grande responsabilité dans le malheur de beaucoup de peuples du monde ?

« DSK, Les secrets d’un présidentiable » , publiée par une auteur anonyme apporte la réponse. Le livre est très à charge contre le directeur du FMI , l’auteure controversée mais néanmoins bien renseignée, évoque avec beaucoup d’humour les casseroles de DSK , sa machine publicitaire et sa vie privée. Malgré les tentatives de déminage de ses communicants, cet essai risque de causer beaucoup de dégâts sur la candidature probable du socialiste français à la présidentielle 2012.

Paradoxalement le chapitre le plus clément (de ceux que j’ai lus car il me reste quelques-uns uns) concerne justement Agadir et Haïti. Nous sommes le 29 février 1960 et Agadir vient d’être frappée par le séisme le plus meurtrier de l’histoire du Maroc contemporain qui en 15 secondes tuera un tiers de la pulpation de la ville. Parmi les survivants, miraculés, un enfant de 11 ans qui s’appelle Dominique Strauss-Kahn. Il doit sa survie à un miracle : avec sa famille ils étaient invités à dîner en dehors de la ville, de retour à Agadir ils constateront que « le bel immeuble de sept étages dans lequel ils venaient d’emménager s’est aplati comme une crêpe, sans laisser la moindre chance à ses habitants ». La famille est hébergée dans un camp de tentes militaires puis partira à Casablanca avant de rentrer en France

Les confidences de l’entourage de Dominique Strauss-Kahn à l’auteure montrent un homme attaché au Maroc « "son pays" comme il l’appelle si souvent » et marqué à jamais par le séisme d’Agadir. « Ils me parlent alors des crises de somnambulisme de Strauss adolescent, de ses souvenirs qui reviennent comme un éternel cauchemar, les cris des blessés emmurés dans la nuit d’Agadir, les incendies, la poussière qui enveloppe les ruines et bloque les voies respiratoires des survivants »

« Pendant les quinze premiers jours qui ont suivi le séisme, raconte l’auteure, Dominique va s’échapper du camp de fortune pour errer dans les décombres à la recherche de ses amis. Des fosses communes sont creusées dans l’urgence. Une couche de cadavres une couche de chaux vive … Ce mille-feuilles macabre reste gravé dans la mémoire de l’enfant, profondément traumatisé. Pour resurgir intact, cinquante ans plus tard. Haïti comme une réponse inattendue à cette éternelle question du rescapé : "Pourquoi moi ?". Il met en place des moyens colossaux pour sauver des vies et protéger les survivants de Haïti. Il paie sa dette »

Ces fragments de vie constituent le seul chapitre sympa pour Dominique Strauss-Kahn dans « DSK, Les secrets d’un présidentiable » , paru chez Plon. Le reste du livre revient sur les différents scandales qui ont accompagné l’homme ces dernières années et décortique sa stratégie et celle de sa garde rapprochée pour la future présidentielle. Il dresse le portrait d’un DSK qui, hormis le chapitre de Haïti et Agadir, est franchement pas à son avantage.