Les militants des droits de l’homme s’attendaient à ce que l’UE rappelle au Maroc ses engagements en matière de démocratie et droits humains surtout après le tour de vis infligé dernièrement par le pouvoir. La déclaration conjointe est laconique et assez timide :

 L’UE et le Maroc ont réaffirmé leur attachement au respect, à la protection et à la promotion des droits de l’homme et des libertés fondamentales, et à la consolidation de l’Etat de droit, de la démocratie et de la bonne gouvernance, qui constituent l’un des piliers fondamentaux du partenariat UE-Maroc. L’UE salue les réformes lancées par le Maroc ces dernières années dans ce cadre, tout en soulignant l’importance de poursuivre ce processus de réformes législatives, politiques et institutionnelles notamment en matière de justice et de liberté d’expression, de presse et d’association.

Comme si l’enjeu était de démocratiser et le Maroc et l’Europe en même temps . Dans une déclaration disjointe, Herman VAN ROMPUY le président du Conseil européen est un peu plus clair:

J’ai souligné notre très forte intérêt de voir le Maroc réussir dans ses efforts de modernisation du pays. J’ai aussi clairement exprimé notre volonté de voir des progrès dans le respect des libertés fondamentales et des droits de l’homme pour que ces droits soient assurés à tous les citoyens.

Ca sera tout. La doctrine n’a pas changé : l’UE préfère un Maroc (et un Maghreb) avec les institutions actuelles, moins démocratiques mais plus sûres, à un Maroc plus démocratique qui verrait on ne sait quels extrémistes le gouverner (vous connaissez la cassette, la même servie à tout le monde arabe). Aux yeux de Bruxelles, vaut mieux promouvoir un peu les libertés individuelles, celles des femmes en particulier (bonne fête Mesdames), et ne pas en faire trop concernant la démocratisation du pays car elle est synonyme de risque géopolitique majeur. Il est marquant par exemple que l’Union européenne exige beaucoup d’efforts de démocratisation de la Turquie et davantage de respect des droits de l'homme  dans ce pays et n’exige rien du Maroc , sauf à bien se tenir en élève sécuritaire studieux. Mais c’est vrai qu’aux yeux de Bruxelles, les Marocains, contrairement aux Turcs, sont encore incapables de se démocratiser.

Il est frappant que même l’Economiste ne s’y pas trompé : tout ça c’est une affaire de Marketing ! Mais je ne suis pas sûr que c’est le Maroc qui est marketteur dans l’histoire.