Le Maroc reste moins bien noté que la Tunisie (BBB) mais pour la première fois de son histoire le royaume à accède à l’investment grade chez Standard & Poor’s. Fitch accordait déjà au Maroc un BBB- et seule Moody’s continue à le considérer en grade spéculatif (Ba1 équivalent de BB+).

Bien que les agences de notation aient été beaucoup critiquées à la faveur de la crise financière, elles restent incontournables pour les opérateurs des marchés. L’amélioration de la notation du Maroc chez S&P devrait assurer à l’Etat marocain des financements à moindres coûts et une meilleure crédibilité financière auprès des marchés étrangers.


Les analystes de Standard & Poor’s soulignent un déficit maîtrisé (entre -3 et 2% pour 2010-2012) et une dette qui ne devrait pas dépasser les 33% du PNB en 2010 contre 50% en 2005. Le Maroc étant un des meilleurs élèves du FMI, il est parmi les rares pays au monde qui veillent aux équilibres macro-économiques par une orthodoxie budgétaire stricte là où d’autres préfèrent prendre des libertés en matière de relance économiques.

Pour les bailleurs de fonds internationaux, le Maroc devient une valeur assez attractive. Pour les Marocains, il n’est pas sûr que cette orthodoxie macro-économique soit le choix optimal. En période de crise économique, comme celle que nous vivons, il est souvent conseillé de creuser un peu plus le budget, dans la limite du « soutenable », pour relancer les investissements et la consommation au lieu de rester figé dans une doctrine limitative. C’est un choix que beaucoup de pays ont fait : mieux creuser le budget pour relancer l’économie que de se laisser sombrer dans la crise et la déprime. Ce n’est pas le choix du Maroc qui préfère rassurer les bailleurs de fonds au lieu de se permettre plus de marges pour une politique plus volontariste avec un plus d’ambitions et d’initiatives budgétaires.

A noter qu’au Maroc les choix économiques de l’Etat ont été élevées au rang de « sacralités religieuses et nationales » par le roi Mohammed VI , seul décideur en la matière, lors du discours de trône de 2009:

Au même titre que la protection de nos sacralités religieuses et nationales qui est une charge dont Nous sommes le dépositaire, Nous veillons à ce que chacun s'astreigne aux constantes économiques et sociales, qui figurent au cœur de la bonne gouvernance en matière de développement. Ces règles s'imposent à tous et en toutes circonstances, surtout lorsqu'il s'agit de faire face à des conjonctures délicates.

(hat-tip Omar El Hyani)