Anyss Arbib est en quatrième année de Sciences-Po , il a un parcours très honorable (bien qu’il soit copain de qui-vous-savez :) ) bravo à lui ! Mais que vaut un tel parcours devant la police du président des bavures? 

Alors qu’il était parti fêter la victoire d’Algérie sur les champs, il s’est fait aspergé de gaz lacrymogène par un CRS qui lui a lancé «Dégage, sale Arabe !». «Je ne pouvais même pas lui répondre que j’étais au moins autant français que lui, la menace physique et l’impunité étant bien trop grandes. Mon honneur, mes valeurs et mes certitudes sous le coude, je rentrais chez moi blessé… par la nation. Blessé dans une guerre franco-française qui, malheureusement, semble être banalisée » . C’est la contribution d’Anyss au débat sur l’identité nationale si chère aux excités de l’UMP, à Brice, à Nicolas, à Marine et à Jean-Marie.

Le reste de l’histoire, vous la lisez dans libération de demain. L’article n’est pas en ligne. 

Ce n’est pas la vocation de ce blog de reproduire des éditos qui ont été déjà publiés ailleurs. On en publiera pourtant un qui a su trouver les mots justes pour décrire la France de Nicolas Sarkozy qui n’en finit plus de plumer la volaille lepéniste.

Dérapages 

Editorial - le Monde daté du 14 novembre 2009

Méchantes " blagues ", provocations à l'emporte-pièce, " boutades " qui disent tout haut ce que l'on pense tout bas : un climat déplaisant, détestable même, s'est installé depuis deux mois dans ce pays. L'on aurait tort de mettre ces dérapages successifs sur le compte des inévitables scories et saillies du débat public.

En septembre, c'est Brice Hortefeux qui provoque le tollé. Lors de l'université d'été de l'UMP, il déclare à la cantonade, à propos d'un jeune militant d'origine maghrébine qui vient le saluer : " Il ne correspond pas du tout au prototype. Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes. "

En octobre, la secrétaire d'Etat aux sports, Rama Yade, souhaite être candidate aux élections régionales dans les Hauts-de-Seine, où elle est implantée. Une élue UMP de ce département lui conseille plutôt, conformément aux souhaits de l'état-major du parti présidentiel, de se présenter dans le Val-d'Oise, où elle ferait davantage " couleur locale ". " J'avais la naïveté de croire que j'étais une citoyenne comme les autres ", commente, blessée, la secrétaire d'Etat, d'origine sénégalaise.

C'est désormais le député UMP de Seine-Saint-Denis, Eric Raoult, qui s'en prend à l'écrivaine Marie NDiaye, de père sénégalais, lauréate du prix Goncourt. En août, elle avait jugé que la France de Nicolas Sarkozy lui paraissait " monstrueuse ", avec son " atmosphère de flicage, de vulgarité ". Estimant ces propos " insultants " et arguant du " devoir de réserve " auquel seraient tenus les lauréats du Goncourt, M. Raoult a saisi le ministre de la culture, Frédéric Mitterrand. " Nous - comprendre : la France - lui avons donné le prix Goncourt... ", a-t-il ajouté. Stupéfiant.

Misérable et ridicule polémique, ont répliqué en choeur, à chaque fois, le gouvernement et la majorité devant les protestations de l'opposition, des associations antiracistes et, désormais, de la république des lettres. Non. Ces dérapages successifs sont tout sauf " anecdotiques ", n'en déplaise à M. Mitterrand : décomplexée et débarrassée, pense-t-elle, de la menace du Front national depuis 2007, la droite s'autorise peu à peu des propos qui étaient l'apanage de Jean-Marie Le Pen depuis vingt ans et étaient alors condamnés sans réserve, y compris à droite, au nom des valeurs de la République. Tout se passe comme si l'affaiblissement de l'extrême droite avait levé les tabous. Et redonnait libre cours à un vieux fond, refoulé, plus nationaliste que national, facilement xénophobe. C'est malsain et inquiétant.

Nota Bene : Ce qui est insupportable avec Nicolas Sarkozy c’est qu’on y revient toujours. On y reviendra donc.