Maroc : Projet de loi de finances 2010
Par Larbi le mercredi, novembre 4 2009, 16:03 - Lien permanent
Le projet de loi de finances 2010 est en discussion au parlement marocain. L’occasion pour nous de faire l’exercice habituel celui de fouiner un peu dans ses dispositions.
On va partir sur la même méthodologie de 2008 et réactualiser les chiffres, vous allez voir ca ne va pas changer grand-chose. Pour simplifier on va oublier les SIGMA SEGMA et les comptes spéciaux du trésor (qui ne sont pas des points de détail, loin de là. On y reviendra un jour). On va se concentrer sur le budget général.
Supposons, pour simplifier, que l’Etat a un budget général de 100 Dhs (en réalité c’est 216 065 088 000 Dhs à peu prés 19 milliards d’euros). D’où viennent les 100 Dhs dont dispose l’Etat ? Et comment il les dépense?
D’où vient les 100 dhs dont dispose l’Etat ?
On commence par le trio de tête, toujours le même :
- 19 Dhs viennent de la TVA (vous la payez votre TVA quand vous achetez du lait, une connexion ADSL, une 4*4, un café si votre Café déclare ses ventes…).
- 18 Dhs viennent de l’impôt sur les sociétés (quand vous êtes une société et vous faites un peu ou beaucoup de bénéfices et en fonction de ce que vous déclarez vraiment, hors ‘‘noir’’, hors informel,..)
- 12 Dhs viennent de l’impôt sur le revenu (Les salaires, les revenus locatifs, les honoraires des professions libérales,…,)
A ce stade vous avez déjà réunis 49 dirhams. Le reste vous le ramassez un peu partout comme suit :
- 6 Dhs viennent des droits de douane (Livres, Berlines, Zara, DVD, hors Derb Ghalef, Hors bab El 7ad, Hors contrebande …)
- 5 Dhs viennent de la taxe sur les produits énergétiques (quand vous faites le plein de gasoil..)
- 6 Dhs viennent des droits d’enregistrement et de timbre (droits sur les mutations si vous êtes dans l’immobilier, taxes sur les voitures si vous en avez….)
- 3 Dhs viennent de la taxe sur le tabac (si vous êtes fumeurs vous nuisez à votre santé mais pas à celle de l’Etat)
- 2 Dhs viennent des privatisations (en 2010 l’Etat vendra des participations pour 4 milliards de dirhams. Ceux qui veulent aller plus loin peuvent jeter un coup d’œil sur le rapport sur les entreprises publiques)
- 1 Dh en terme de dividendes de l’Etat actionnaire de Maroc Telecom (MT paye par ailleurs l’IS mais il engraisse surtout les actionnaires français en dividendes et la maison mère vivendi en bénéfices).
- moins d’un 1 Dh pour l’OCP et la CDG (Décevant. Va falloir regarder pourquoi la contribution de ces bras armés de l’Etat est aussi insignifiante!)
Vous n’avez pas encore bouclé votre budget car à ce stade il vous manque encore 23 Dirhams. Beh …. Vous faites comme tout le monde : vous les empruntez sur le marché (essentiellement de l’emprunt intérieur)
Voilà on a ramassé nos 100 Dirhams. Maintenant reste plus qu’à les dépenser.
Que fait l’Etat avec les 100 dhs ?
Cela n’a pas changé, vous connaissez maintenant vos classiques. Avec les 100 Dhs l’Etat fait trois choses :
- 60 Dhs pour payer les salaires et les charges de fonctionnement
- 23 Dhs pour investir
- 17 Dhs pour payer la dette et ses intérêts
Ceux qui ont suivi, et ils ont du mérite, remarqueront que les dotations d’investissement et de la dette ont été inverséspar rapport à 2008 (en 2008 : 23 Dhs pour la dette, 17 Dhs pour l’investissement). Ce qui est un progrès : le poids de la dette a largement reculé.
Maintenant voyons quelques détails sur la dépense des 100 Dhs :
- 35 Dhs pour payer les fonctionnaires et le personnel(Ca ne faut qu’augmenter, en 2008 ce n’était « que » 32 Dhs) . Dont 16 Dhs rien que pour le valeureux personnel de l’éducation nationale.
- 19 Dhs en total pour l’éducation nationale (les 16 dhs précédents + 3 autres dirhams en matériel, constructions,… ).
- 17 Dhs pour rembourser la dette (faut bien rembourser les gens mon frère ! 3 Dhs pour le remboursement de la dette extérieure et 14 Dhs la dette intérieure).
- Sur ces 17 Dhs, huit servent à payer les intérêts. Ca représente quand même presque la moitié du poste.
- 12 Dhs vont aux charges dites communes (principalement la caisse de compensation)
- 11 Dhs vont à l’armée (salaires, matériels,..).
- 6 Dhs aux excités du ministère de l’intérieur
- 1 Dh au palais royal (liste civile, dotation de souverainetés et surtout budget de fonctionnement)
- 1 Dh à la justice marocaine qui comme chacun le sait travaille beaucoup ces jours-ci
- 0.1 DHs à la culture.
Ca ne vous donne pas les 100 Dhs : seuls sont retenues ici les dépenses les plus importantes et les plus symboliques.
Voilà on a fait le tour des chiffres du projet de loi de finances.
Quelques remarques
Désolé mais le nihiliste que je suis ne peut pas s’arrêter là faut que je rajoute quelques remarques personnelles sinon je tomberais malade.
Ce qui est frappant c’est qu’en dehors de la baisse des charges de la dette et de la baisse des recettes fiscales, le budget a globalement la même structure qu’il y a deux ans. Alors que la conjoncture économique n’est pas la même et que la crise financière est passée par là (On me souffle à l’oreillette que le sous-ministre Naciri vient de déclarer « Le Maroc est un îlot où il n’y a pas de crise économique » )
Un ministre de finances au Maroc, est réduit au rôle d’un super expert-comptable, il n’a pas beaucoup de marges de manœuvre (ni le premier ministre d’ailleurs). Il se contente de gérer les affaires courantes essayant d’équilibrer ses chiffres et de boucler son budget en gardant les mêmes constantes que ses prédécesseurs. Pour les postes stratégiques, ils sont budgétés et logés dans divers organismes, établissement et fondations rattachés directement au palais du royal (qui ne sont pas inclus dans la présentation ci-dessus et de toute façon c’est difficile d’en faire un Etat des lieux)
Dans les colonnes de l’Economiste, Habib El Malki soulève un point intéressant sur la « soutenabilité » du déficit. En période de crise économique, comme celle que nous vivons, il est souvent conseillé de creuser un peu plus le budget, dans la limite du soutenable, pour relancer les investissements et la consommation au lieu de rester figé dans une doctrine limitative. C’est un choix que beaucoup de pays ont fait : mieux creuser le budget pour relancer l’économie que de se laisser sombrer dans la crise et la déprime. Ce n’est pas le choix du gouvernement marocain (qui semble-t-il est parmi les élèves les plus studieux du FMI.). Le PLF 2010 prévoit un déficit budgétaire de 4% alors que 5 ou 6% restent encore soutenables et auraient pu laisser plus de marges pour une politique plus volontariste avec un plus d’ambitions et d’initiatives budgétaires.
Ce point sur la soutenabilité du déficit aurait dû effectivement faire débat. Mais il est permis de faire remarquer à Habib El Malki et ses camarades que ni le premier ministre marocain ni son ministre de finance n’ont ce pouvoir de décision.







Commentaires
L'investissement (et aussi la dette) d'aujourd'hui, est la richesse créée demain. (Pour une fois, je risque malheureusement d'être d'accord avec toi :D )
Par contre, en regardant que des Chiffres bruts, on passe à coté d'une grosse chose qu'est l'inflation : Le Ministère des finances entretient une bulle inflationniste qui a des effets dévastateurs sur le plus Pauvre !
Merci pour ce PLF pour les nuls. Didactique.
Vivement des cours d'éco à la fac suivant cette méthode.
N.B: Une petite rectif: Il s'agit des SEGMA (Société gérés de manière autonome) et non SIGMA.
@salahalter : non. il s'agit de Service d'État Géré ..(SEGMA)
Sur le déficit budgétaire, j'ai révisé ma position là-dessus et je n'y suis plus tellement favorable (pas dans l'absolu néanmoins) avec de tels gouvernements qui n'ont aucune vision stratégique de la relance économique.
"Dotation de souverainetés"? Ça c'est trop fort.
Du pur Orwell!
"vous nuisez à votre santé mais pas à celle de l’Etat" C'est partiellement faux. Le coût pour l'Etat est important en matière de dépenses publiques de santé.
"Que fait l’Etat avec les 100 dhs ?
Cela n’a pas changé, vous connaissez maintenant vos classiques. Avec les 100 Dhs l’Etat fait trois choses :
60 Dhs pour payer les salaires et les charges de fonctionnement
23 Dhs pour investir
17 Dhs pour payer la dette et ses intérêts"
ça ressemble au discours d'un gouvernement pour se justifier.
Mais la responsabilité est toujours celle du gouvernement car c'est le gouvernement qui a causé ces "dette et intérêts" et c'est toujours le gouvernement qui a causé le fait que les charges de fonctionnement absorbent une grande partie du budget.
Bonjour,
Dans tout ça je vois des budgets bien allotis chacun ça part …. La question que je me pose c’est pour la part investissement les fameux 23Dhs, je passe au maroc 1 fois /an, tous les investissements dans des projets d’une ampleur gigantesque pour ne pas dire pharaonique que je vois sortir de terre à chaque passage dans ce beau pays me laisse perplexe, alors je me pose quelques questions !!! Entre 1995 et 2003 ce budget d’investissement existait-il. Si oui pour quoi il n y avait pas autant d’investissement que maintenant ??? 2ème question cette part de budget est-elle capable de générer autant de projets ??? 3ème question m’expliquer cette phrase je croix que j’ai mal compris « Le Maroc est un îlot où il n’y a pas de crise économique » pour moi tout pays possédant une économie a senti ou sent le vent de la tornade économique !!!. « Nous sommes dans un tunnel on voit une lumière au bout, mais on ne c’est pas si c’est la fin du tunnel ou si c’est un train qui vient en face. Personne ne connait les répercutions de cette crise »
@larbi
je crois que le principal bras financier du palais c'est le fonds Hassan2, le gouvernement n'a aucun control sur ce fonds
@moh : exact. Fonds Hassan II, Agences de développement... , fondations.... entre beaucoup d'autres .
hier soir y'a un comntaire qui traite l'economie selon les vaches.. ce matin ba Larbi la suprimé.. on peut savoir ..s'il n'est pas conforme a les regles de publication..
bien a vous si larbi
@Jad : il n’y avait pas un commentaire mais une série de commentaires sur les vaches et l’économie. Un concours sympathique de vannes. Je n’ai rien contre sauf que ce n’est pas le sujet du billet. Il existe beaucoup de forum de discussion où l’ont pas échanger ces jokes et ce blog n’en est pas un. J’ai rien contre les hors-sujets mais là c’était exagéré (tout un fil sur les vaches!)
Tel que présenté, le bugdet semble n'avoir pour finalité que d'assurer ...les salaires des fonctionnaires !
Par ailleurs si les grands projets sont financés par les différents Fonds mis en place et gérés par le Palais Royal d'où ces fonds tirent ils leurs ressources ?
Par ailleurs, n'est ce pas hasardeux que de spéculer sur des recettes à provenir des privatisations qui sont trés aléatoires en ces temps de crise !
Bravo : les commentateurs se réveillent et se découvrent des talents de financiers de haut vol!
Mme Chenna ne méritait autant d'intérêt!
@alibaba: "Tel que présenté, le bugdet semble n'avoir pour finalité que d'assurer ...les salaires des fonctionnaires"
Il faut bien que le Makhzen s'assure de la dedication de ses legions.
@ lixy
S'assurer la dédication de ses légions....Wwwwaouuu....Où c'est que tu as été cherché cette formule!
Au fait, tu veux dire quoi exactement?
@ lixy
S'assurer la dédication de ses légions....Wwwwaouuu....Où c'est que tu as été chercher cette formule!
Au fait, tu veux dire quoi exactement?
@politis:
Je parle aux flics, aux militaires, aux fonctionnaires, etc. Y'en a qui sont des membres de ma famille, des amis, ou simplement des gens que je rencontre dans la vie de tout les jours. Jusqu'à présent, tous - sans exception - font leur boulot pour le fric. Aucun n'a de respect pour le système, pour le Makhzen, ou pour le roi. Ils/elles parlent de faire ce qu'ils/elles doivent faire pour toucher leur salaires et survivre.
De plus, il existe une terreur réelle et palpable parmi tout les Marocains. La peur de la torture, des procès arbitraires, de l'épée de Damocles que représentent toutes les sacralités constitutionnelles, de la prison, du rapt, etc.
Un gouvernement illégitime requiert des gens qui font les sales besognes et des notables. C'est intrinsèque a la féodalité. En dessous de ceux ci, il y a les pions (lbouliss, simi, awacs, etc.) et tout ce beau monde doit être payés pour s'assurer qu'il reste du cote du monarque.
Il serait insultant de considérer que des Marocains adultes pensent que les Alaouis ont une légitimité Divine.
@ lixy
Je me demande bien depuis combien de temps tu n'as pas mis les pieds au pays!
Tu parles d'un temps que les plus de 20 ans ont peut-être connu, mais en 2009 il est RIDICULE de parler de "erreur réelle et palpable parmi tout les Marocains."
Si tu veux être crédible dans tes critiques, sois crédible dans ton argumentation et arrête de fantasmer!
@lixy: "Jusqu'à présent, tous - sans exception - font leur boulot pour le fric"
Et qui ne fait pas son boulot pour le fric ?!
Et qui est ce pays au monde qui n'a pas ses bloulisss, ses simis et ses awaks ?!
@politis
Il y a ceux qui vivent, qui partagent et qui font le Maroc d'aujourd'hui et de demain, et puis il y a ceux qui en parlent et qui ne font qu'en parler.
@Com 21
N’est ce pas une gageure que de cataloguer arbitrairement un internaute sur la base de ses commentaires combien même ceux-ci soient " non conformistes" !
Ou alors il faut être doter d’un don extraordinaire pour distinguer, assis confortablement derrière un clavier de PC , "ceux qui font le Maroc" de "ceux qui ne font qu’en parler " !
@Com 22
Lorsque je lis le Com 18, j'en déduis que le gars qui a écrit ça ne connait pas le Maroc, il l'imagine, puis en parle.
Peut être que je me trompe, mais c'est l'impression que ca me laisse.
Les finances publiques marocaines souffrent de deux graves carences structurelles :
- Les règles de présentation des lois des finances sont souvent battues en brèche (4 principes classiques : annualité, d’universalité, de spécialité et d’unité). Un exemple : Vous passez sous silence la prolifération des SEGMA. Ce dispositif était sensé faire évoluer la gestion vers la culture de résultat et non celle des moyens. En réalité, il contribue au morcellement du budget et à l'affaiblissement du principe d'unité au grand bébénifice de la corruption et de la falsification des marchés publics. Il n'est pas rare que le Roi décide de la création d'un SEGMA lors de ses pérégrinations dans le royaume sans consulter personne (La loi l'y autorise), et sans passer par un vote du parlement.
- La faiblesse des contrôles : Les contrôles politique et juridictionnel sont inopérants. Le parlement est une boite d'enregistrement des décisions royales et gouvernementales (je pense au budget du palais, l'administration de la Défense). Cela dit en passant, comment faire autrement; les dépenses de personnel de la chambre des représentants était de 211 M de DH contre 169 M pour le ministère de la culture ! D'un autre côté, La cour des comptes et récemment les cours régionales des comtes ne se distinguent pas par un zèle extravagant.
Quant au contrôle administratif, il souvent complaisant (contrôle purement formel des pièces sans examen de l'opportunité des dépenses) quand il n'est pas purement et simplement complice de la corruption (Autorisation de dépenses contre argent, blocage des dossiers en attendant rétribution).
@Ancien_Fonctionnaire
Une analyse profonde de la société marocaine nous fait constater un respect et une estime pour les gens puissants et fortunés : qu’ils soient propriétaires immobiliers, industriels, colonels dans l’armée, gros trafiquants de drogue, contrebandiers grossistes, …, ou encore, haut fonctionnaires versés dans la corruption et les magouilles.
La société est ainsi faite, et les raisons sont à chercher dans le passé féodal du Maroc.
Il ne faut pas s’étonner par la suite, que les brillants fils du peuple, une fois devenus haut fonctionnaires, ne pensent qu’à rentrer dans la sphère privilégiée des gens du pouvoir, pour devenir à leur tour un nœud du réseau et tirer profit ce qui transite entre leurs mains.
se pencher sur le budget ou faire un bilan comptable du maroc nous révélerait aussi sans doute bien des surprises... dans le sens que les dépenses sont enormes pour maintenir un minimum vital et espérer maintenir une viabilité économique... tout en faisant des avancées pour mieux cerner les problèmes et y remedier avec les bonnes politiques. on peut dire qu'on a commencé... bien que nous soyons très loins d'y être arrivé partout.
parler du budget, personnellement, je ne m'attends pas à ce qu'il soit ''exemplaire'' ou calqué sur celui des pays de la communauté européenne, c'est déjà pas mal qu'il puisse accompagner les changements économiques, tout en consacrant plus de ressources au développement, et à des initiatives comme celle du développement humain... qui a d'ailleurs l'appuis et l'encouragement des institutions comme le PNUD et autres institutions concernées.. mais là ou j'en veux tellement à l'état, au delà de la question de l'implication du pouvoir qui est très grave, c'est de ne pas utiliser les banques pour mieux accompagner ses projets de developpement, les banques disposent de capitaux enormes et de ''passe droits'' mais ne contribuent pas du tout comme ils devraient à l'économie, se donnant des airs de banques suisses, et ne subissant pas le contrôle de l'état. voilà qui est dit !
l'une des questions serait donc plutôt de savoir comment est ce que le maroc, avec si peu de moyens, et autant de défis...(pauvreté, analphabétisme, économie informelle, corruption) il arrive encore à s'en sortir.. sans troubles ni problèmes majeurs ? (el hamdou lillah)
oui il s'en sort au détriment de classes sociales laborieuses qui en payent un prix élevé... car travaillant comme des fourmis, (pour ceux qui travaillent...) et vivant dans une précarité inadmissible au vu du coût de la vie aujourd'hui, oui il y a des problèmes graves de gouvernance, des déséquilibres politiques qui freinent les revendications sociales, des syndicats corrompus et politisés qui travaillent pour les intérêts de quelques uns, de la misère, et probablement de la ''famine'' dans les régions reculées... et la liste est longue..
mais franchement, est ce que la gouvernance et les defaillances du système sont les seules à être responsables d'autant de problemes ? est ce que le manque de ressources, d'investissements, d'industries etc n'est pas tout aussi responsable ? est ce que les mentalités, l'affairisme, l'opportunisme et les nombreux vices profondéments ancrés dans cette société de consommation ne sont pas tout aussi responsables ?
ce qui est flagrant dans la mauvaise gestion de l'état c'est l'aspect ''subventions'' sous forme de postes budgétaires alloués à des organismes et autres fonctionnaires qui ne foutent rien et dont les fonds représentent une perte totale pour le pays (les disciplines sportives en sont un parfait exemple... sans le moindre résultat !) la priorité serait d'exiger de ce gouvernement d'arrêter de subventioner ceux qui ne foutent rien à part d'avoir des titres et des salaires, et subventionner moins les riches en général !
@Jamal
Je trouve ton analyse valable. Tu fais des constats : manque d'investissements, manque d'industries, les mentalités, l'affairisme, l'opportunisme et de nombreux vices …
Tu évoques les subventions attribuées et gérées par des fonctionnaires qui ne foutent rien, en proposant la suppression de ces subventions.
Mais, il reste une aspect, qui n’est jamais, ou presque jamais évoquée : le POURQUOI.
Pourquoi la société marocaine est-elle ainsi, qu’est ce qui explique de tels comportements ?
Lorsque nous aurons l’audace et l’honnêteté de répondre à ce genre de questions, en évoquant les défaillances de la société dans sa globalité, les choses iront mieux je pense.
La société marocaine est malade, elle est malade de la trahison de ses élites qu’elle a éduquées et enrichies, elle est aussi malade de la naïveté de ses populations.
Allez j'y vais de mon petit commentaire perso, puisque j'ai allégrement repompé une bonne partie de ce texte, au demeurant excellent, sur mes notes FB après l'avoir allégé de quelque items, qui ne vous en déplaise cher Larbi, sont des transgressions de nos sacralités pourpres zé intransgressables ^^
première remarque:
il y a environ 3 MM de Marocains qui paient de l'IR
de quoi vivent les 32 MM d'autres ... de l'air du temps, de l'énergie solaire ou tels des téléphones portables se branchent ils des chargeurs dans un orifice naturel ???
deuxième remarque:...
Chaque année on rembourse 17 MMM (en réalité intérêts de 8 MMM exclus, le remboursement net du principal est de 9MMM) de dette publique et dans le même temps on crée 23 MMM de dette publique, ça veut dire qu'on notre endettement net s'accroit chaque année de 14 MMM de Dirhams, en fait on crée une situation où le poids total de la dette s'accroit d'année en année, ce qui explique que tout nouveau né marocain nait avec des dettes potentielles à rembourser durant sa vie. Si ça ce n'est pas de la cavalerie ...
Enfin troisième remarque:
le budget de l'éducation nationale me semble éhonté quand on voit ce qu'il produit comme résultat sur les jeunes d'aujourd'hui...
MORALITE:
Marocain profession libérale de la classe moyenne, je paye tous impôts confondus, plus ou moins 1 MMM de Dh d'impôts et de contributions à l'état par an (TVA, IGR, IS, Patente, CNSS , TU/TE vignettes etc...) si je veux éduquer mes enfants, je paye, si je veux me soigner je paie (medocs zé medecins), si je passe au vert clignotant je paie, si je vais dans une administration dans 75% des cas on me regarde de travers et on s'arrange pour me demander de revenir le lendemain,
en raison de pratiques monopolisitiques quasi féodales, le prix du billet casa-paris est le plus cher au monde (dh/km parcouru), le prix des communications téléphoniques et l'accès à l'internet itout (bien qu'évoluant lentement)
Alors que faire ?
privatisons une partie du service publique, je suis quasiment sur que cela ne peut pas être pire, l'expérience à montré que les services rendus à la collectivité par des entités privées où le management par objectif et le contrôle des résultats et de la productivité permettent d'obtenir des résultat biens meilleurs que lorsque ces mêmes services sont rendus par des fonctionnaires qui ont la garantie de l'emploi à vie et aucun contrôle qualitatif sur leur prestations...
et comme disait mon géniteur (grand nationaliste devant son éternel) à l'époque de la concession de la RAD à la Lydec, tu vois mon fils "quand on est pas capable de ramasser ses ordures et de distribuer son eau et son électricité soi-même, de quoi veut tu que l'on soit capable ..."
Maintenant seuls les esprits tordus comme moi répéteront après moi : on n’a rien compris au Conseil de la communauté marocaine à l’étranger, on n’a rien compris au Conseil de la communauté marocaine à l’étranger, on n’a rien compris au Conseil ….
Mais maintenant on commence à comprendre aBba Larbi a quoi sert leur truc CCME !
Contes et Mécomptes du CCME
Hassan Snoussi
Nous savons que bon nombre d’entre vous sont mécontents de la gestion du CCME. Nous savons que certains d’entre vous essaient de changer les choses. Mais ne vous trompez pas, on ne peut cacher le soleil avec un tamis. Sortez du silence des agneaux. Ayez le courage de dénoncer la gestion catastrophique de votre président. Vous avez encore cette possibilité, vous avez cette prérogative, exercez là, et débarrassez le conseil d’Ajbali et de Yazami.
1- Nourris logés et blanchis aux frais… du CCME . Les bonnes choses se terminent trop vite.
Pendant plusieurs mois, Ajbali se retrouve dans une suite d’un hôtel 5 étoiles de la capitale. Aujourd’hui Ajbali habite dans un appartement à 7500 dh/mois sans les frais d’eau et de courant. C’est le CCME qui paye. Ajbali ne se prive pas et se met dans des conditions très confortables, un salaire de 45 000 dh et il est logé en pension complète à Rabat. Il a droit au petit-déjeuner, au déjeuner et au dîner. Les repas sont servis avec une bouteille de vin et rien n’est en extra. Tout est payé par carte bancaire au nom du CCME. Une Peugeot 607 toutes options est mise à sa disposition avec une dotation en essence de 1000 litres/mois et bien sûr ne pas oublier un abonnement Maroc Télécom sans restriction.
Pour s’en rendre compte, une enquête ou des chiffres ne sont point nécessaires. Il suffit de croiser Ajbali dans un restaurant pour apprécier le goût ostentatoire des dirigeants du CCME. De même, sur les parvis CCME, l’on pourrait confondre les aires de stationnement avec un show-room de véhicules de luxe (audi A6 , Prado 4x4, laguna, pageot 607….). L’on s’alarme du train de vie luxueux et « bling-bling » des dirigeants du CCME, n’est pas de mise. Ces fastes « régaliens » sont même entrés dans les mœurs, n’émouvant plus ou peu le citoyen lambda.
Sans aucune formation aux finances, Ajbali a piloté les chantiers, choisi les entreprises et validé toutes les dépenses décidées par le CCME. Mieux ou pis, c’est Ajbali, lui-même, qui a fixé le volume des travaux et décidé de toutes les opérations qui ont amené l’Etat à consacrer des sommes d’argent faramineuses à ses travaux. Et les résultats auxquels ont abouti les chantiers ouverts sont plus pour le moins douteux.
Le personnel du CCME a une navette gratuite de chez lui jusqu’au siège du CCME et même pour ceux qui veulent se déplacer à l’intérieur du pays. Cette performance des responsables du CCME dépasse tout ce que l’on peut imaginer. Jamais, nulle part dans le Maroc, dans un conseil, le personnel est totalement pris en charge gratuitement.
Une chargée de Mission bénéficie de plus de privilèges. On l’aperçoit souvent avec la voiture (Laguna) du CCME, dans les ruelles de la capitale ou dans les recoins de certains quartiers.
Comment le CCME peut-il croire que les Marocains accepteront d’avaliser son argumentaire et lui donner quitus de sa gestion ?
2- Salaires & Procédures financières irrégulières…… dépenses engagées non mandatées ne reposent sur aucun fondement juridique.
Les avances de fonds ont entraîné d’importants dépassements budgétaires. Ceux-ci n’ont jamais été aussi massifs et aussi généreux, en dépenses publiques. Quand le CCME a assailli les finances publiques pour l’achèvement de ses travaux, on n’a jamais vu pareil, en termes de dépense. La gestion budgétaire a été une catastrophe jamais égalée dans ce pays, en termes de gaspillages et de dépenses non réfléchies. Rien n’est moins faux que cette prétention du CCME.
Si ce contrôle était effectif, comment s’expliquer alors qu’on ait laissé dépenser la bagatelle de 5 millions de dirhams pour aménager les bureaux du président et du staff? Nous dirons le total ahurissant des sommes que l’équipe dirigeante du CCME a dépensé pour procéder à l’aménagement de leurs bureaux. Cette équipe a tout de même eu la décence de ne pas le révéler elle-même. Nous le faisons à sa place.
Salaires de complaisance pour une cinquante de personnes et dont les trois quart viennent de l’étranger: 6 000dh pour les chauffeurs, de 8 000 à 10 000 dh pour les secrétaires, 15 000 à 20 000 dh pour certains chargés de mission, de 20000 dh à 25 000 pour le conseiller et pour d’autres entre 30 000 à et 35 000 dh.
Certains chargés de mission sont parachutés et ne correspondent pas aux postes. Il suffit de lire les rapports de ces écrivassiers. Ils sont truffés de fautes grammaticales, bourrés de contradictions et de non respect de la syntaxe, dans un texte sans valeur et style, tant dans la forme que le fond dénudé de poids et de portée significative. D’ailleurs Yazami passe son temps à corriger les textes.
Un brillant journaliste est réduit à un simple documentaliste qui passe tout son temps à couper les articles de la presse nationale et les coller. On lui interdit de sortir dans la lettre d’information quotidienne, les articles contre le CCME et son président.
Les chercheurs amis du président sont nombreux (France, Belgique hollande et …..) sont tous payés par le CCME. Il suffit d’écrire la date sur une feuille, pour que YAZAMI ordonne le paiement.
3- Les agences de voyages
Chaque événement, le CCME choisit l’une des deux agences selon l’intervenant : ces agences s’occupent des billets, des logements des invités, des locations de voitures, communications..….. Un vrai festin. Les montants des prestations étant tellement importants que pour remercie Mr Ajbali, on lui a offert un séjour d’une dizaine de jours aux îles avec sa famille. Et d’ailleurs ce n’est pas la première fois. En plus, les sur facturation passent sans aucun problème. D’ailleurs, il suffit d’un coup de fil d’ajbali pour avoir un billet en première.
La générosité du CCME est allée plus loin en finançant une partie du Mariage d’une dame du Staff.
4- Les décisions de l ‘AG ne sont pas respectées et les 22% serviront à financer les activités des membres du CCME dans les pays d’accueil sont utilisés ailleurs.
6- Quand l’islam devient un fond de commerce et Yazami un Ayatollah.
Le conseil a organisé 2 séminaires sur l’islam pour 4 Millions Dhs, sans rien apporter de nouveau, les mêmes intervenants étaient appelés encore une fois pour conclure pour la énième fois que le Maroc promeut un islam tolérant, malekite ,achaarite…etc. Yazami n’y est pas allé de main morte, il a multiplié les déclarations qui ont mis au placard le secrétaire général pourtant issu du milieu religieux.. Quoi de plus insolite que d’entendre Yazami déclarer que la France n’a pas le droit d’interdire la Burqa alors que la polémique enflait dans l’hexagone !!!. Cette déclaration lui a valu le surnom de « l’ayatollah Alyazami ».
7- La Communication
Signe encore une fois d’une très mauvaise gestion, le site internet du CCME a mis plus d’un an pour être mis en ligne. Un budget conséquent lui a été consacré. Comme d’habitude le président a voulu centraliser la prise de décisions sur un sujet ou il est complètement inculte !. Du coup, un affabulateur du coin lui a vendu un site qui sait même « faire du café ». Au final le site est constitué par un moteur de portails gratuit !!! qu’est ce qui a donc couté des dizaines de milliers d’euros dans ce site ? Même le design laisse à désirer, il est « glook », sombre et il faut s’équiper d’une grosse loupe pour lire les articles qui soient dit en passant sont consacrés au culte de la personnalité du président.
Dans un premier temps le site a été hébergé chez un bricoleur installé dans un bidonville de la capitale. L’accès était très lent, et le site tombait régulièrement en panne. Finalement, le président s’énerve et décide d’héberger le site en France alors qu’au Maroc, de grandes firmes européennes qui font de hébergent de très grands sites au Maroc avec un rapport qualité prix sans commune mesure avec ce qui est pratiqué en France !.
Le CCME paie quelques journaux et magazines pour faire de la propagande yazamienne, et font du black out total sur tout ce qui pourrait nuire à l’image de Yazami. Un magazine de la place a consacré plusieurs couvertures à Yazami, le conseil s’est procuré une très grande quantité de cette propagande et la distribue aux invités des séminaires.
Invité à participer à une émission sur 2M, Yazami a refusé que l’invité surprise soit le chercheur Belguendouz, il faut dire que le bonhomme n’aime pas être contredit et s’arrange pour qu’on lui pose des questions complaisantes et pour cela il consacre de grands moyens financiers.
Yazami voudrait remplacer tout cela par l’organisation de mégas concerts de « Hip Pop » marocains, dans les pays de résidence, histoire d’étoffer l’offre culturelle du Maroc envers sa communauté de l’étranger, il traduit ainsi sur le terrain une des fausses conclusions des consultations du CCDH et du récent sondage commandé à BVA (qui a coûté 700 000 Dh): Les MRE ont un énorme besoin culturel ! Et la culture dans l’esprit de Yazami c’est la musique, le cinéma de l’émigration et la sauvegarde de la mémoire.
9-Conclusion
Ajbali, nous savons que l’homme a un péché mignon : il aime l’argent. Au point de mettre, parfois, sa dignité de côté pour se lancer dans des pratiques de bas étage. On veut rouler en bagnoles rutilantes. Avoir des maisons dans des quartiers huppés et autres stations balnéaires. Avoir une belle femme, coquette, mondaine et dépensière. Vivre comme un pacha. Ou encore passer ses vacances dans des paradis terrestres. Et lorsqu’on n’est pas né avec une cuillère en argent à la bouche, on ne se décourage pas pour autant. On a toujours une solution de rechange : faire main basse sur l’argent du contribuable ou puiser dans la caisse du conseil qu’on gère. Surtout lorsque les circonstances s’y prêtent, selon que l’on soit ordonnateur de dépenses et comptable.
Ajbali, Il est question d’ajuster les équilibres de bonne gouvernance au nom de l’éthique, du droit, lesquels sont rompus notamment dans son essence de rectitude et de discipline financière. Il reste que ce bradage des fonds publics et utilisation exagérée et erronée des ressources publiques est punissable car ce sont des fautes très lourdes de gestion financière. Tu ne nous fais pas comprendre que tout se passe sous l’aile protectrice de Si Moatassim et Si Fouad et moins encore de l’aval et le silence compromettant de si Belfqih comme le fait comprendre Bardouzi.
On n’a pas encore fini d’épiloguer sur les sommes faramineuses qui ont été engloutis par le CCME. Encore moins fini de s’étonner sur la manière dont les tenants du CCME sont passés de simples «militant de droit de l’homme et défenseurs de quartier» (crève la faim) à des pontes aux comptes bancaires fournis.
Hassan Snoussi
http://www.maghreb-observateur.qc.c...
http://www.cscme.org/index.php?opti...
sans commantaire
c le secteur privée ki y a le vent en poupe :s:s:s