A toutes et à tous, compagnons des premiers jours et visiteurs récents, merci pour votre fidélité. Il y a cinq ans, quand ce blog avait été crée un peu par hasard, je n’imaginais pas qu’il puisse susciter autant d’intérêt. Merci à vous d’être toujours aussi nombreux et aussi enthousiastes !

L’occasion de revenir sur quelques réflexions un peu plus personnelles confessées notamment lors d’un échange avec Fayssal Hafidi publié sur son site et lors d’un précédent billet.

Les débuts. Quand j’ai crée le blog, je n’avais aucune motivation particulière je me suis dit puisque tout le monde a un blog pourquoi ne pas y aller du mien. Tout bêtement. Ce n’est qu’après que j’ai pris du plaisir à blogguer, échanger et à témoigner sur mon époque. Le premier billet encore accessible, je n’avais absolument aucune visibilité sur ce que ce blog allait devenir ! Depuis que du chemin parcouru ! Les gens me disent souvent qu’ils ont l’impression que larbi.org a toujours existé. Moi aussi j’ai l’impression que le premier billet c’était il y a mille ans ! Un jour j’ai planté ma tente dans le village mondial. Aujourd’hui beaucoup de gens m’y tiennent compagnie. Va savoir comment tout ce beau monde s’est rassemblé au fil des ans !

La philosophie. Je ne trompe personne sur la marchandise si j’ose dire. J’ai la conscience que je ne suis pas un journaliste que mes billets ne sont pas informatifs et qu’ils ont la qualité de leur défaut : un regard amateur et subjectif sur l’actualité, le Maroc et le monde. Pour le reste, je n’ai aucun talent particulier et ne prétends à aucune connaissance spéciale. Rétrospectivement j’ai compris que c’est peut être cela la clé. Les médias traditionnels et les chaînes de télévisions sont peuplés d’experts en tout genre, d’analystes en multiples domaines, et des génies des temps modernes. Les gens sont fatigués de tout cela, de tous ces détenteurs de la science infuse. Forcément ils se reconnaissent dans un espace ou nulle parole n’est supérieure aux autres, où l’on s’engueule, et on se provoque, on dit des choses intelligentes mais aussi beaucoup de conneries, on s’égare et on se divise, avec parfois beaucoup de passion et très peu de raison. Mais où l’on fait vivre le débat citoyen et circuler des idées.

La popularité. Je ne revendique aucun rang particulier je suis un bloggeur entre autres, comme les autres. Par définition la blogosphère est hétérogène et hétéroclite chaque blog apporte sa touche personnelle et son regard subjectif sur ses sujets de prédilections. Et derrière chaque blog il y a une femme ou un homme qui a une histoire et un cheminement particuliers et personnels. Les classer est un non-sens. A chacun sa liberté mais je ne suis pas de ceux qui exhibent leurs citations et distinctions sur leurs espaces comme des médailles. Ce n’est pas moi, je trouve cela un peu vulgaire. Maintenant je dois convenir que le mien est paraît-il populaire. J’ai eu certainement beaucoup de chance et parfois il faut prendre les choses comme elles viennent sans se poser trop de questions.

Les changements. Beaucoup de choses ont accompagné ce blog. La médiatisation excessive tout d’abord, on m’aurait dit il y a quelques années que je serais sollicité par la majorité des médias marocains et plusieurs médias étrangers je n’y aurais pas cru. Il m’a fallu gérer ça moi qui par mon parcours personnel je n’étais jamais préparé à ce genre de situations surtout que cette médiatisation, même relative, est incompatible avec ma vie professionnelle et dans une certaine mesure avec ma vie personnelle. Puis cette aventure m’a permis surtout de nouer des rencontres avec des gens de différents horizons. C’est une aventure humaine extraordinaire. Enfin l’échange et la confrontation des idées au quotidien ça vous fait une autre femme et un autre homme. Aujourd’hui je suis moins engoncé dans mes certitudes que par le passé, plus nuancé et j’irais même jusqu’à dire plus compréhensif avec les autres moi qui croyais que je l’étais. 

L’avenir. L’exercice, même s’il est plaisant, est à terme usant. Je mentirais si je ne dis pas que parfois j’ai comme une envie de jeter l’éponge, les choses me dépassent et gérer la machine monstrueuse qu’est devenu ce blog n’est pas toujours facile. Après il y a beaucoup de déceptions de frustrations aussi, surtout dans le domaine politique, et je n’ai pas envie de m’étaler la-dessus. Bref, il faut beaucoup de temps, de patience et d’énergie. Et tout cela avec la conscience que nous autres nous écrivons sur le sable. Mais on ne se refait pas ! C’est un peu comme un junkie accros il dit qu’il va arrêter puis il reprend. 

Deux ou trois choses sur moi

- Qu’est ce qui te fait courir dans la vie ? 

Rien et c’est plutôt dramatique. Je vis plutôt au jour le jour. A la Henry David Thoreau.

- Si c’était à refaire, referais-tu tes choix dans la vie pareils ? 

Assurément il y a beaucoup de choses que je ne ferais pas de la même façon. Mais je ne suis pas sûr que j’aurais l’opportunité de choisir d’autres options. Du coup je ne me pose pas cette question. Refaire l’histoire, c’est tourner en rond, c’est se consumer, il ne faut pas tomber dans ce piège. 

- La chose que tu changeras en premier en toi ?

Je ne me suis jamais posé la question. Arrêter la chute des cheveux peut être :). Ah ça y est, ça me revient : j’aimerais bien être moins émotif. Ça, oui ! 

- Quel est selon toi ton principal défaut et celui que tu supporte le moins chez les autres ? 

Beaucoup de défauts. Il m’arrive parfois de haïr sans raison (je hais et j’aime qui peut me dire pourquoi ?). Je sais aussi que je suis trop consensuel et parfois je cède beaucoup trop. Ce que je ne supporte pas chez les autres : l’arrogance et la suffisance intellectuelle.

- Tu appartiens à que parti/organisation politique ? 

Je n’ai jamais appartenu à aucun parti et à aucune organisation politique.

- Si tu étais une chanson laquelle serais-tu ? 

Nothing Else Matters de Metallica : Forever trusting who we are ... And nothing else matters…. never cared for what they do ... never cared for what they know ... but I know 

-Si tu étais un animal lequel serais-tu ?

Un oiseau. Comme dirait mon amie Houda : brûler les ailles mais voler.