Jean-François Copé : N'oubliez jamais un truc, il est auvergnat.

Brice Hortefeux : Je suis auvergnat.

Jean-François Copé : N'oubliez jamais un truc, il est auvergnat.

Brice Hortefeux : Je suis auvergnat.

Jean-François Copé : Il est auvergnat, c'est un drame. C'est un drame.

Brice Hortefeux :... Enfin, bon, je vais faire une exception.

Amine Benalia-Brouch : Mais je me mets entre les deux.

Brice Hortefeux : Voilà, entre les deux.

Jean-François Copé : Oui... parce que moi il n'y a aucun problème. Moi, je suis très facile.

Des participants : Amine, Amine...

Un participant : Ah ça, Amine, c'est l'intégration, ça, c'est l'intégration.

Une participante : Amine, franchement...

Brice Hortefeux : Il est beaucoup plus grand que nous en plus - à propos du jeune homme - .

Un autre participant : Lui, il parle arabe, hein.

(Rires de l'assemblée)

Jean-François Copé : Ne vous laissez pas impressionner, ce sont des socialistes infiltrés.

Une participante : Il est catholique, il mange du cochon et il boit de la bière.

Amine Benalia-Brouch : Ben oui.

Brice Hortefeux : Ah mais ça ne va pas du tout, alors, il ne correspond pas du tout au prototype, alors. C'est pas du tout ça.

(Rires de l'assemblée, dont Jean-François Copé)

Une participante : C'est notre... C'est notre petit Arabe.

Brice Hortefeux :... Il en faut toujours un. Quand il y en a un ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes. Allez, bon courage, hein. " Il est auvergnat, c'est un drame. C'est un drame.

(Transcription Le Monde)

Chacun pourra de faire une opinion. La mienne : le ministre de l’intérieur  parlait bien de l’origine éthique de son interlocuteur et tenait bien des propos aux relents douteux sur les Arabes. La défense du ministre ne tient tout simplement pas la route.   Brice Hortefeux rajoute le mensonge  au dérapage raciste.

Ensuite se mémoriser que l’homme qui tient ces propos a  un lourd passif  en la matière. Par ses fonctions et par ses dérapages  successifs qui sont la manifestation de quelque chose de très malsain et de très mauvais.

Azouz Begag ancien ministre  a été le premier  à en témoigner dans son livre . « Allez, fissa, sors de là, dégage d’ici ! Je te te dis dégage ! » c’est ainsi que  Horetefeux, alors ministre de l’identité nationale délégué à l'intérieur,  s’adressait à son collègue d’origine algérienne « Ah! Tu es encore là, toi! » lui disait à chaque début de conseil de ministre.  L’ancienne Garde des Sceaux, Rachid Dati, qui n’est pas connue spécialement pour sa sensibilité anti-raciste, le qualifie d’un « gros raciste. » . A Fadela Amara,  il lance: « C’est une compatriote, même si ce n’est pas forcément évident, je le précise » . Aujourd’hui Madame Amara  le défend en arguant que « Hortefeux a de l’humour ». Il est permet ici de rappeler à la sous-ministre que Dieudonné a cet humour aussi.  Et on passe des meilleurs et des pires réflexions xénophobes du ministre Horetefeux. Les dérapages racistes : quand il y en a un, ça peut aller. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes. 

De part ses fonctions Brice Hoprtefeux est aussi l’exécuteur d’une politique indigne d’expulsions, de rafles des sans-papiers, de délits de faciès et des bavures policières. Aujourd’hui en tenant ses propos il donne le ton  à son administration : après tout si le ministre y va de ses propos racistes pourquoi n’importe quel policier dans une cité, n’importe quel agent dans une préfecture n’y vont pas des leurs ?

Le fait est que ce ministre a le verbe ordurier révélateur d’un racisme latent. Le fait est qu’en tant qu’homme politique, il est responsable  de son expression publique  et il ne peut pas se permettre des libertés avec les origines des gens.  Le fait et qu’il est méprisant et méprisable à bien d’égards. Le fait est que Monsieur Hortefeux a chaque jour affaire a beaucoup de citoyens d’origine étrangère et qu’il y a une incompatibilité entre ses fonctions et son naturel  fort douteux.  Le fait est que beaucoup de ses administrés ont été blessés par ses propos et que son autorité est définitivement mise en doute.  Le fait est que le ministre de l’intérieur doit s’appliquer lui-même ce qu’il a appliqué à son préfet raciste. Le fait, effectivement, est que la  question n’est plus de savoir s’il faut ou pas qu’il démissionne, mais que fait-il encore au gouvernement à cette heure-ci ?