L’interdiction de TelQuel Magazine et de Nichane et la destruction de 100.000 exemplaires de ces deux publications a défrayé la chronique. Et vous savez quoi ? Vous êtes adultes en possession de vos moyens et vous êtes seuls capables de faire votre propre avis. Alors oui , le numéro détruit pas la police à l’imprimerie est téléchargeable dans son intégralité sur ce lien (20 pages en Format PDF).

Lisez-le , faites votre propre avis, ne laissez personne vous dicter ce que vous devez en penser ni un neuf-pour-cent ni un ex-marxiste repenti. Ce numéro est collecteur, vous pouvez le garder et le montrer à vos petits-enfants dans vingt ans, peut-être trente ans. Vous leur raconterez l’histoire à peine croyable : Il était une fois, en 2009, un magazine marocain a publié un sondage très flatteur pour le Roi. Il a été interdit et ses exemplaires ont été brûlés par des policiers … 

Une atteinte à la liberté d’expression en appelant une autre, voici l’affaire du mois de septembre. La police judiciaire de Rabat a diligenté une enquête contre Ali Anouzla, directeur et rédacteur en chef du quotidien arabophone Al Jarida Al Oula . Ali Anouzla et une de ses journalistes sont toujours entendus par les enquêteurs. Mais quel crime a donc commis Al Jarida Al Oula ? D’avoir publié un article intitulé « La maladie du roi reporte les causeries religieuses et son déplacement à Casablanca » basé sur des sources anonymes et contredisant le communiqué laconique du palais faisant état de la convalescence de Mohammed VI. Après Défense de publier un sondage sur le bilan du roi voici venir Défense de parler de la santé du roi. Et encore on ne connaît pas tout ce qui est interdit, chaque mois apportant une nouveauté tout juste sortie du labo des censeurs marocains. A ce rythme, bientôt il ne restera plus aux journalistes marocains que les rubriques sport et mots croisés. 

Tout se passe comme si une fatalité inéluctable pousse les censeurs de ce pays, sûrs d’eux et dominateurs, à bafouer la libre expression de ses citoyens et à le ridiculiser encore plus. Ils ont beaucoup et trop donné dans le passé. Quelque chose me dit qu’ils continueront à donner encore longtemps.