Obama a un parcours personnel assez particulier. Cela n’a échappé à personne. D’ailleurs il ne manque pas de nous le rappeler. 

Au caire , il est un peu notre cousin de religion par son père :

Je suis chrétien, mais mon père venait d’une famille kenyane qui comprend plusieurs générations de musulmans. Enfant, j’ai vécu plusieurs années en Indonésie et j’entendais l’appel du muezzin à l’aube et à la tombée du jour. Jeune homme, j’ai travaillé dans des communautés de Chicago où beaucoup ont trouvé dignité et paix dans leur foi musulmane.

A Accra , il est un peu notre cousin de couleur par son père :

Mon père a grandi dans un tout petit village où il gardait des chèvres, à une distance impossible des universités américaines où il irait faire des études. Il est devenu adulte à un moment de promesse extraordinaire pour l’Afrique.

Il s’adresse à nous sur un ton professoral et utilise des connecteurs d’énumération pour nous aider à suivre (premièrement, deuxièmement, …) . 

Au Caire , il articule son discours sur six « exigences » :

1 - La violence extrémiste 
2- La  situation au Proche-Orient 
3- Les armes nucléaires
4- La démocratie.
5- La liberté religieuse.
6- Les droits des femmes.
7- Le développement économique et de perspectives.

A Accra , il en énumère quatre :

1- Soutenir les démocraties puissantes et durables.
2- Soutien au un développement  
3- Amélioration de la santé publique
4- Résolution des conflits qui pèsent sur l’Afrique

En gros les Musulmans doivent se calmer et se libertiner un peu et les Africains mieux se gouverner et se développer. Mais gars aux stéréotypes, notre cousin d’Amérique n’aime pas les lieux communs quoique….

Au Caire il dit :

De même que les musulmans ne correspondent pas à un stéréotype grossier, l’Amérique n’est pas le stéréotype grossier de l’empire mû par ses seuls intérêts.

A Accra il dit :

L’Afrique ne correspond pas à la caricature grossière d’un continent perpétuellement en guerre. Mais si l’on est honnête, pour beaucoup trop d’Africains, le conflit fait partie de la vie

Il nous met en garde contre les facilités,  notre cousin pense que nous avons trop tendance à rejeter nos responsabilités sur les autres.

Au Caire il note très poliment :

Il est plus facile de blâmer les autres plutôt que de regarder à l’intérieur de soi.

A Accra il souligne très respectueusement :

Il est facile de pointer du doigt et de rejeter la responsabilité de ces problèmes sur d’autres.

Puis pour nous motiver il évoque :  « l’avenir que nous souhaitons pour tous nos enfants ».

Au Caire :

Si nous nous engageons à faire un effort - un effort soutenu - pour trouver des points de convergence, pour se concentrer sur l’avenir que nous souhaitons pour nos enfants

A Accra :

je considère l’Afrique comme une partie fondamentale de notre monde interconnecté, comme un partenaire des États-Unis en faveur de l’avenir que nous souhaitons pour tous nos enfants.

Enfin où cas ou nous prenions les choses à la légère, il lance une mise en garde sous forme de leçon d’Histoire.

Au Caire:

L’histoire a une vérité toute simple : la violence est une impasse. 

A Accra

L’histoire prononce un verdict clair : les gouvernements qui respectent  la volonté de leur peuple … sont plus prospères

Les observateurs parlent d’une nouvelle philosophie  et évoquent une nouvelle doctrine diplomatique. Mais avec toute la bonne volonté du monde je ne peux pas m’empêcher de penser que les bons discours ne remplacent pas les bons actes. A sa décharge qu’il dit des choses justes avec des mots justes. Des choses qui allaient de soi.  

Mais la belle plume  de Jon Favreau ne constitue pas à elle seule un changement de cap, même si le ton y est. Tout a été dit et redit, mais malheureusement tout reste à faire.