Le 18 février 2009 , la police judiciaire de Casablanca a arrêté Chakib El Khayari président de l’Association Rif des droits de l’Homme .

Le militant associatif avait participé à des conférences internationales sur la drogue . Il avait notamment déclaré que le réseau de drogue au Maroc « avaient pu accéder à des postes importants au sein d’institutions de l’Etat ». Pour cette déclaration le juge d'instruction de la Cour de Casablanca l’a poursuit, le 21 février 2009 pour « atteinte à corps constitué » et le parquet l’a accusé de « percevoir des sommes d’argent de parties étrangères pour mener une campagne médiatique visant à nuire et à discréditer les efforts déployés par les autorités marocaines dans la lutte contre le trafic de drogue ».

Le 24 juin 2009, le Tribunal de première instance de Casablanca a condamné Chakib El Khayari à trois ans de prison ferme et à verser aux douanes marocaines plus de 753.000 dirhams (68.000 euros) pour « atteinte à corps constitués, infraction au code des changes et dépôt de fonds dans une banque étrangère sans l’autorisation de l’Office des changes. »

Commençons par les « infractions au code des changes », une trouvaille rajoutée au dossier à la dernière minute et dont le ridicule frôlait les limites de l’insulte : il s’agit de transactions de quelques centaines d’Euros remboursant les billets d’avion de Chakib par les organisateurs des conférences auxquelles il a participé. Comme le note un magazine marocain : « Pour ce dernier point, le procureur est allé chercher un dahir du protectorat français de 1949, rédigé en anciens francs !».

Ensuite l’accusation toute sortie des protocoles-des-sages-ennemis-du-Royaume d’ « atteinte à corps constitué ». Il s’agit ni plus ni moins d’un scandaleux délit d’opinion et c’est franchement honteux. De quel crime est coupable Chakib El Khayari ? Accuser quelqu’un de « mener une campagne médiatique visant à nuire et à discréditer les efforts déployés par les autorités marocaines dans la lutte contre le trafic de drogue » rappelle des temps que les naïfs d’entre nous croyaient lointains, ceux de la criminalisation de l’opinion et de la pensée. Il serait donc interdit de dire que des hautes personnalités sont impliquées dans le trafic de drogue, chose que personne ne pourrait nier, du moins totalement écarter, en tout cas pas la justice qui a condamné un certain nombre d’entre eux pour trafic de drogue. Il serait donc un crime de dire que la politique de l’Etat en matière de lutte contre la drogue a failli, mais où va-t-on ? ! 

 En sommes dans ce dossier Chakib El Khayari n’est poursuivi pour aucune infraction constatée sauf celle d’exprimer son opinion en tant que militant associatif. La lourde peine qui lui a été infligée, par une justice de vengeance, est une condamnation pour délit d’opinion et fait de lui un prisonnier d’opinion. Elle vient alourdir encore plus le casier judiciaire déjà chargé de l’Etat marocain en matière d’atteintes à liberté d’opinion et d’expression. Quant à « salire l’image du Royaume », c’est sûr que le vrai coupable se trouve de l’autre côté de la barre (le juge de triste réputation Jamel Serhane) !



Le site FreeChakib , qui a poursuit dès le début ce procès honteux et surréaliste, propose un certains nombre de documents et d’articles sur le procès de Chakib El Khayari .

Les associations de droits de l’homme marocaines et internationales se sont déjà saisit du cas du prisonnier d’opinion Chakib El Khayari :

Morocco: Narco-Traffic Whistleblower Unfairly Sentenced

(New York) - The sentencing today of the human rights activist Chekib el-Khayari to three years in prison is a stark reminder of Morocco's tenuous and uneven progress on human rights, Human Rights Watch said. El-Khayari, who had criticized public officials for alleged complicity in drug-trafficking, was convicted of "gravely insulting state institutions," and of minor violations of regulations governing foreign bank accounts and currency.

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Immediately Release Human Rights Defender

Amnesty International calls for the immediate and unconditional release of human rights defender, Chekib El-Khiari, head of the Association for Human Rights in the Rif (Association du Rif des droits de l’homme) who is in custody of the National Bureau of the Judicial Police of Casablanca since 17 February 2009. Amnesty International believes him to be a prisoner of conscience, solely detained for his anti-corruption statements and his human rights activities.

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ALERT : Human rights activist sentenced to three years in prison

El-Khayari's alleged financial violations concern small sums of money and were not added to the charge sheet until the very end of the investigative phase of his case. This fuels suspicion that, whether substantiated or not, the filing of these charges was motivated by the authorities' desire to discredit him and to jail him for longer than the penalty allowed under the "gravely offending state institutions" charge

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