Elle est d’origine malgache, drôle, sympa et attachante. On n’était pas du même monde, ni de la même culture ni de la même génération d’ailleurs, on en rigolait souvent : nos années de naissances comportaient les mêmes chiffres mais inversés. Elle passait pour ma mère.

J’étais un puceau en politique malgache. Elle m’en a initié. Didier Ratsiraka était président du Madagascar. Dictateur (élu) comme il y en a beaucoup en Afrique. C’était fin 2001 début 2002, Marc Ravalomanana a été élu présidant dès le premier tour mais le clan Ratsiraka a refusé de plier bagage. Une grave crise politique s’est déclarée dans l’île. Le ministère de l’intérieur déclare qu’il y aurait un second tour. Ravalomanana  prêta serment alors que Ratsiraka se considérait toujours président. Le Madagascar se réveille avec deux présidents et un pays à feu et à sang. 

Chaque matin elle me racontait les événements du jour. On s’échangeait les informations. Elle priait pour que le clan Ratsiraka accepte le jugement des urnes et quitte l’île. Pendant des années, me dit-elle, le clan du président sortant et sa famille ont exproprié et dépossédé le pays des richesses. Comme ça arrive souvent en Afrique noire !

En mai 2002, Ravalomanana, renforcé par les manifestations de soutien populaire, finit par devenir président du Madagascar. Le verdict des urnes a triomphé. 

Après moult efforts, j’ai finit par bien prononcer le nom de Marc Ravalomanana. Elle me disait qu’il s’agit d’un président jeune, élu démocratiquement, qui vient du monde d’affaires et qui va réformer le pays et changer la vie des malgaches après les années Ratsiraka.

Puis j’ai oublié le Madagascar et Ravalomanana. Jusqu’à ce week-end . Un certain Adry Rajoelina, 34 ans, s’est autoproclamé président de Madagascar. Ravalomanana maintient qu’il est toujours président . Le maire d’Antananarivo contre le président du Madagascar, exactement comme il y a sept ans. On dit parfois que l’histoire est un éternel recommencement.

Que s’est-il passé entre temps ? Que devenu l’élan qu’a suscité l’élection de Marc Ravalomanana ? Comment le Madagascar s’est trouvé, encore une fois, avec deux présidents, un de trop pour l’île. J’aurais aimé qu’elle m’explique.

Marc Ravalomanana ne s’est pas révélé un bon président. Peut-être pas pire que ses homologues. Le malaise social s’est accru durant sa présidence, la cirse économique et la flambée des prix sont passées par là. La pauvreté s’est aggravée. Une partie de la population a finit par se rallier au premier messie qui promet le salut. Tout recommence. Toujours. On connaît la cassette africaine. 

Comme qui dirait une malédiction qui frappe l’Afrique !