Dans leurs discours à Charm Cheikh , les chefs d’Etats et de gouvernement ont parlé de trêve, de catastrophe, de reconstruction. Sans émettre un seul mot sur la responsabilité de l’Etat hébreu et ses crimes. Ni avertissement, ni même pas un blâme, impunité totale. 

A les entendre discourir, Gaza croule depuis 23 jours sous le feu d’une catastrophe naturelle et non sous les bombardements de l’armée israélienne. Comme si les 1300 tués avaient péri après une tempête tout ce qu’il y a « de naturel ». Comme si les 410 enfants et 108 femmes avaient perdu la vie après un séisme. Comme si les 5300 palestiniens blessés, avaient été emportés par des inondations ou assommés par une foudre tombant du ciel. Comme si les munitions au phosphore blanc n’étaient qu’une épidémie dont l’origine et mystérieuse ! Comme si toutes les habitations et infrastructures détruites, l’étaient à la suite d’une forte réplique tout ce qu’il y a « de naturel ». Comme si les dizaines de milliers de familles endeuillées, déplacées, meurtries, comme si les milliers de veuves et d’orphelins vivant la tragédie, l’étaient après une catastrophe naturelle face à quelle l’homme ne pouvait rien.

Organisé après qu’Israël a décidé de son propre chef un cessez-le-feu, après que la communauté internationale s’est abstenue de toute action laissant l’armée israélienne le temps qu’il faille pour finaliser son massacre, le sommet du Charm el-Cheikh est un blanc-seing apporté à l’Etat hébreu et sa guerre. Ni responsable, ni coupable. On efface l’ardoise et on recommence à zéro. Qui se souvient encore que c’est au même Charm el-Cheikh où 16 chefs d’Etat et de gouvernement se sont réunis en 1996, après une série d’attentats suicides en Israël faisant 61 victimes. Ils ont alors condamné sans concession les auteurs des attentats et ont pleuré les victimes et apportés leur compassion aux familles des victimes. 

 Le sommet du Charm el-Cheikh donne l’impression d’une réunion d’une organisation humanitaire pour apporter les secours aux victimes d’une catastrophe naturelle. A l’aspiration légitime du peuple palestinien à la justice, la dignité et la liberté, il répond par une vulgaire pitié humanitaire. Il insulte les morts et donne le sentiment d’un sinistre hoquet de l’Histoire comme si l’Histoire ne leur avait rien appris aux vacanciers de Charm el-Cheikh.