La compilation quotidienne des sondages effectuée par Real Clear Politics, le site référence pour suivre la course à la maison blanche, donne une nette avance à Barack Obama. De six à onze points selon les instituts. Comme tout le monde le sait, cette avance s’expliquerait par le bilan désastreux du « born again » et par la crise financière actuelle, nous dit-on. Quand les électeurs veulent « un père » national suffisamment fort pour défendre le pays, ils votent Républicain. Par contre, quand ils veulent « une maman » pour créer des emplois, assurer un système de santé correct et un enseignement honorable, ils votent Démocrate. Et en ces temps de crises ils ont besoin d’une maman.

Et si les sondages se trompaient ? On connaît ce phénomène en France où les sondages ont constamment minoré le vote FN au point qu’ils n’ont pas vu venir sa qualification au deuxième tour en 2002. Non pas que les sondeurs soient des feignasses, mais c’est indépendant de leur méthode et leur volonté : les électeurs FN ont honte de leur avouer leur vote réel de crainte d’être taxés de racistes. Ce qui a conduit les instituts à apporter des corrections, car ils savent que les vote extrêmes déclarés sont minorés.

Dans l’échiquier politique américain le vote républicain ne peut être comparé au vote FN en France. Outre-atlantique le parti républicain n’est pas catalogué comme d’extrême droite même s’il en a toutes les caractéristiques et tous les fondamentaux. Mais quid du facteur racial ? et si le vote McCain était minoré parce que , comme le souligne France info, : « la plupart des électeurs blancs diraient au sondeur qu’ils soutiennent Obama par crainte de paraître racistes. ». Ils appellent ça l’« l’effet Bradley-Wilder ».

Et quelque chose me dit que le 4 novembre pourrait bien être un 21 avril.