4,5% :

c’est le taux d’inflation attendu à fin 2008. L’indice du coût de la vie bat tous les records de la dernière décennie ( 4,8% en août, 5,1% en juillet selon les dernières statistiques de la banque centrale marocaine). Si bien, que Bank Al Maghrib est pratiquement la seule au monde à augmenter son taux directeur.

104 513 000 000 :

c’est le montant record du déficit de solde commercial à fin août 2008 et qui devrait encore s’aggraver d’ici la fin d’année. En dollars (c’est plus parlant, devrais-je dire plus effrayant) ça donne quelque chose genre 12 milliards de dollars de déficit commercial.

Ce sont les deux chiffres à suivre. Inutile de surveiller les indices de la bourse de Casablanca, elle survivra à la tempête, pour une fois on bénira son sous-développement (produits basiques, déconnexion avec la finance internationale,…).

Oops… j’ai failli être de mauvaise foi et ne pas évoquer le seul joli chiffre du tableau. + 6,2% le taux de croissance 2008 selon les estimations du HCP. Deux raisons justifient ma réserve : la première est que ce chiffre est dû en grande partie à l’œuvre du ciel : +12,5% pour la valeur ajoutée du secteur agricole grâce à des conditions climatiques favorables (après une année 2007 catastrophique) et non aux politiques économiques publiques comme on n’arrête pas de le chanter depuis trois mois. La deuxième, c’est que c’est loin d’être gagné, comme l’expliquent très bien les conjoncturistes du CMC, le Maroc devrait perdre 1,5 à 2 points de croissance d’ici la fin d’année à cause de la crise financière.
 
Certes il faut s’inquiéter de l’impact de la crise financière sur l’économie marocaine mais il ne faut pas céder là tentation de tout justifier par cette dernière, car le problème reste structurel. En d’autres termes on n’est pas mieux quand l’économie mondiale et les marchés sont au beau fixe. Et je dis ça, je dis rien.

En début de cette semaine une déclaration du Roi Mohamed VI a attiré mon attention « Sa Majesté le Roi Mohammed VI a souligné que la croissance rapide et soutenue que le Maroc connaît, depuis le début de la décennie en cours, résulte des réformes structurelles qu’il a adoptées, ainsi que de la mise en œuvre de bonnes politiques économiques, ce qui s’est traduit notamment par l’amélioration de l’environnement des affaires qui a permis, à son tour, un accroissement du volume d’investissement et une hausse du niveau de vie. ». Je ne sais pas s’il est permis de dire que je ne partage pas cet avis qui me paraît très flatteur et très exagéré. Si c’est permis, je le dis et c’est le moins que je puisse dire. Si ce n’est pas permis, c’est rien.