Christopher abandonne son identité, se débarrasse de ses économies, coupe les liens avec sa famille et décider d’aller loin avec la conviction que l’essentiel n’est pas d’aller loin mais le chemin d’y parvenir. C’est l’histoire donc d’un garçon, seul sur la route, en quête de communion avec la nature, en rébellion contre sa famille, en lutte contre la société. Un garçon qui s’enfonce en Alaska et chemin faisant tisse les liens avec la nature et se coupe de l’ordre (qui se veut) naturel des choses. Loin de la civilisation, jusqu’au bout, jusqu’à l’abîme.

Pendant deux ans il marche et il dit : « j’ai décidé de vivre cette vie ». Il dit « Pas de téléphone, pas de piscine, pas d’animaux de compagnie ». Il dit : « Liberté ultime ». Il dit « Etre un extrémiste ». Il dit : « Un voyageur esthète dont le domicile est la route ». Et dans chaque lieu de passage il écrit : « Ici, j’ai vécu ».
 

      Emile Hirsch dans le rôle de Christopher McCandless

« Into The Wild » est basé sur une histoire vraie. Car Christopher McCandless a réellement vécu . C’est l’écrivain Jon Krakauer qui publia en premier sa tragique histoire en 1993 et c’est le grand Sean Penn qui adapta majestueusement l’histoire au grand écran dans ce qui est sûrement l’un de ses plus grands films et l’un des meilleurs que le cinéma américain nous a livré durant la dernière décennie. On appréciera la mise en scène, la qualité artistiques des images, on ne s’ennuiera pas un instant, on profitera du voyage dans le voyage celui réglé par la bande son incroyablement émouvante qui hantera celui qui l’écoute :

Eddie Vedder - The wolf:

Eddie Vedder - Society:

On finit pas s’attacher à ce personnage fascinant qu’est Christopher McCandless. Peut être par identification, n’y a-t-il pas en chacun de nous comme qui dirait une blessure personnelle qui s’ignore et qui nous fasse faire ce que la raison refuse? N’y a-t-il pas en chacun de nous un écho de cette mystérieuse quête qui nous trouble et qui nous ronge parce qu’elle est indéfinissable, parce qu’elle est incompréhensible? Et si le bonheur était ailleurs et pas ici, peut être même jamais accessible ? Christopher McCandless, dont d’aucuns ont soupçonné de folie, nous interroge et nos mets face à nos doutes, à nos regrets et aux limites que nous nous sommes imposées. Avant la fin, il écrit : « J’ai eu une vie heureuse et en remercie le Seigneur. Adieu, et que Dieu vous bénisse tous ! » . Pressé d’exister, tout le monde ne peut pas en dire autant.


Christopher McCandless , le vrai. Sa dernière photo prise avec le retardateur de son appareil photo deux semaines avant sa mort. Plus ici…