Voyage au bout de la solitude
Par Larbi le jeudi, août 7 2008, 23:36 - Lien permanent

« Into The Wild » raconte l’histoire infiniment bouleversante de Christopher McCandless , jeune diplômé de l’université qui au lieu d’aller s’inscrire à Harvard et suivre le destin tracé décide de vagabonder pour rejoindre l’Alaska.
Christopher abandonne son identité, se débarrasse de ses économies, coupe les liens avec sa famille et décider d’aller loin avec la conviction que l’essentiel n’est pas d’aller loin mais le chemin d’y parvenir. C’est l’histoire donc d’un garçon, seul sur la route, en quête de communion avec la nature, en rébellion contre sa famille, en lutte contre la société. Un garçon qui s’enfonce en Alaska et chemin faisant tisse les liens avec la nature et se coupe de l’ordre (qui se veut) naturel des choses. Loin de la civilisation, jusqu’au bout, jusqu’à l’abîme.
Pendant deux ans il marche et il dit : « j’ai décidé de vivre cette
vie ». Il dit « Pas de téléphone, pas de piscine, pas d’animaux de
compagnie ». Il dit : « Liberté ultime ». Il dit « Etre un extrémiste
». Il dit : « Un voyageur esthète dont le domicile est la route ». Et
dans chaque lieu de passage il écrit : « Ici, j’ai vécu ».

Emile Hirsch dans le rôle de Christopher McCandless
« Into The Wild » est basé sur une histoire vraie. Car Christopher McCandless a réellement vécu . C’est l’écrivain Jon Krakauer qui publia en premier sa tragique histoire en 1993 et c’est le grand Sean Penn qui adapta majestueusement l’histoire au grand écran dans ce qui est sûrement l’un de ses plus grands films et l’un des meilleurs que le cinéma américain nous a livré durant la dernière décennie. On appréciera la mise en scène, la qualité artistiques des images, on ne s’ennuiera pas un instant, on profitera du voyage dans le voyage celui réglé par la bande son incroyablement émouvante qui hantera celui qui l’écoute :
Eddie Vedder - The wolf:
Eddie Vedder - Society:
On finit pas s’attacher à ce personnage fascinant qu’est Christopher McCandless. Peut être par identification, n’y a-t-il pas en chacun de nous comme qui dirait une blessure personnelle qui s’ignore et qui nous fasse faire ce que la raison refuse? N’y a-t-il pas en chacun de nous un écho de cette mystérieuse quête qui nous trouble et qui nous ronge parce qu’elle est indéfinissable, parce qu’elle est incompréhensible? Et si le bonheur était ailleurs et pas ici, peut être même jamais accessible ? Christopher McCandless, dont d’aucuns ont soupçonné de folie, nous interroge et nos mets face à nos doutes, à nos regrets et aux limites que nous nous sommes imposées. Avant la fin, il écrit : « J’ai eu une vie heureuse et en remercie le Seigneur. Adieu, et que Dieu vous bénisse tous ! » . Pressé d’exister, tout le monde ne peut pas en dire autant.

Christopher
McCandless , le vrai. Sa dernière photo prise avec le retardateur de
son appareil photo deux semaines avant sa mort. Plus ici…









Commentaires
Excellent film je le confirme !
Je l'ai vu récemment et ça m'a également bouleversé.
Parfois, à vouloir faire plaisir à des personnes qu'on aime on oublie de se plaisir à soi même.
Ce film est une vraie leçon de vie
Adam
La quête du bonheur... Le bonheur, n'est-il pas ces moments très brefs où on se sent bien et en paix avec soi. Pourquoi croire et surtout vouloir que c'est un état qui dure ?!!!
Quant à la quête de soi, on passera la vie à nous chercher, nous ne finirons par trouver. Heureusement...
PS : j'ai une envie irrésistible de réécrire la fin de ce film d'autant que c'est une histoire vraie."
qq part, on vit cette époque avec l'idée que quand a tout on cherche à s'en delester, et quand on a rien, on veut tout avoir !
bref, Sean Penn est un réalisateur qui mûrit et qui promet dans l'adaptation littéraire au cinéma. ce gars là nous change un peu de ce qu'on a l'habitude de voir chez les yankees !
Merci Larbi pour ce post.
ça marque , rien à dire...
merci larbi pour cette pensée
La mise en scène est plate, les personnages peu attachants (sauf le couple cinquantaine qui vadrouille), on n'a pas le temps de s'attacher au héros, et puis il me fait plus penser a ces paumés qui ont décidé de vivre en marge de la société plutôt qu'a quelqu'un qui a ""compris""...
C'est mon avis"
pour empêcher Sean Penn de nous voler la vedette en la personne de notre sidi abderrahmane el mejdoub et détourner les esprits marocains vers christopher McCandless le mejdoub américain, je m'en vais chercher des sponsors pour faire un film sur le notre qui a vécu ça fait 5 siècles, arpenté les villes et les villages, connu les gens, et martelé sa pensée politique et philosophique, sa poésie et sa finesse d'esprit...son véritable nom est Abou Zayd Sidi Abderrahman Al-Majdoub Ibn 3iyad Ibn Ya39oub Ibn salama Al-Sanhaji Al-Dokali ! qui di mieux ? le nom a lui seul est un succés garanti au box office !!!
né à TIT, un faubourg de la ville d’El jadida. Du temps du Sultan Moulay Ismail il a immigré à Meknes puis à Fès où il a étudié chez les grands savants de l’époque. Il est mort en 976 de l’hégire (1578), dans l’indifférence générale.
tiens, je crois que je trouverais pas meilleur sponsor que Sean Penn pour mon projet ! quand il saura ce que notre mejdoub a dit et laissé comme héritage, il voudra sûrement financer le film !
promis Larbi, si ça marche, je te nommerais chargé de communication pour MAM ( mejdoub associates movie ) la société de production qui verra le jour !
Bonjour à tous,
Je suis désolé , à cause d’un incident technique vos précieux commentaires, sur ce billet et d’autres, ont été tous perdus. Et j’ai pas moyen de les restaurer.
Mes excuses aux concernés.
On m'avait déjà beaucoup parlé de ce film et j'avais vu sa pub dans moult chaines, mais je ne l'avais jamais vu encore.
Après avoir lu ce que çà a façonné dans ton esprit et vu sa bande d'annonce, on ne peut se priver de le regarder.
Sur ce pas, j'ouvre emule pour lancé son téléchargement.
A bientôt !
PAs top pour donner l'exemple. Ce genre de film indépendant mérite d'être acheté.
Je viens de le commencé avant-hier, je l'ai pas encore fini. Alex Supervagabond, il est pas allé chercher loin pour le surnom :P
La lecture de l’expérience malheureuse de ce jeune américain m’évoque inévitablement un texte du grand Jacques Brel :
Rêver un impossible rêve
Porter le chagrin des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir où personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer, même trop, même mal,
Tenter, sans force et sans armure,
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête,
Suivre l'étoile
Peu m'importent mes chances
Peu m'importe le temps
Ou ma désespérance
Et puis lutter toujours
Sans questions ni repos
Se damner
Pour l'or d'un mot d'amour
Je ne sais si je serai ce héros
Mais mon cœur serait tranquille
Et les villes s'éclabousseraient de bleu
Parce qu'un malheureux
Brûle encore, bien qu'ayant tout brûlé
Brûle encore, même trop, même mal
Pour atteindre à s'en écarteler
Pour atteindre l'inaccessible étoile.
(La quête - Jacques Brel)
Et je pense inévitablement aux jeunes africains, maghrébins et subsahariens, qui brûlent encore, bien qu’ayant tout brûlé, pour atteindre une des 25 inaccessibles étoiles.
@Jamal,
Il y a un bug dans les dates : 976 + 622 = 1598 > 1578
de plus moulay ismaïl est né en 1645,décédé en 1727.
Larbi,
Emouvante histoire effectivement. Eatbees avait écrit il y a quelques mois un billet à propos de McCandless et de Guevara .