Le Matin fait allégeance aux putschistes de la Mauritanie
Par Larbi le lundi, août 11 2008, 15:03 - Lien permanent
Un édito très étonnant du très officieux le Matin du Sahara et du Maghreb.
Tout d’abord la publication déclare sa flamme aux généraux putschistes :
"Patriotes attachés à l'unité nationale de leur pays et à sa stabilité, soucieux également de préserver la dignité de leur peuple, ils n'ont eu de cesse de prévenir et d'alerter le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi à la fois sur la dérive d'un pouvoir de plus en plus émollient et au bord d'être miné par le népotisme. "
Ensuite le journal enfonce le président élu (arrêté depuis le push) et le charge de tous les maux de la terre:
"Pour avoir mésentendu leurs appels et n'en avoir fait qu'à sa tête, Cheikh Abdallahi paye aujourd'hui le prix de son aveuglement. En accédant au pouvoir en mars 2007 que les militaires avaient rendu possible depuis l'indépendance en 1960, il avait pris de nobles engagements auxquels la communauté internationale, en dépit du fait qu'elle le méconnaissait, avait plus ou moins adhéré, le jugeant au fur et à mesure de ses comportements et de ses actes plutôt prometteurs. "
Puis le journal plaide la cause des militaires mauritaniens :
" S'ils ont relayé les élus du Parlement, c'est parce que leur patience aura été à bout. Ils ne pouvaient continuer à voir leur pays confronter crise institutionnelle supplémentaire, au risque de le voir plonger dans une instabilité que ses adversaires, prompts à s'en réjouir, attendent l'oeil rivé sur une discorde nationale possible. L'ancien président, qui avait été élu il y a dix-sept mois dans le cadre d'une normalisation institutionnelle de la Mauritanie , avait suscité beaucoup d'espoirs"
Avant d’enfoncer le président élu à nouveau …. cette fois on y ajoutant sa pauvre femme :
"Cependant, un goût du pouvoir aidant mais mal contrôlé, il n'a pas résisté à un désir inconscient et enfoui de se débarrasser de ses soutiens militaires auxquels il doit sa consécration et son maintien. Et le fait que sa femme, omniprésente dans la gestion des affaires du pays, n'a pu maîtriser ses ambitions et ses états d'âme, intervenant partout et imposant sa présence dans les affaires de l'Etat a plutôt montré les faiblesses d'un régime de plus en plus fragilisé."
Et à nouveau une déclaration d’amour (quand on aime, on ne compte pas):
"Les patriotes mauritaniens qui viennent de prendre en main le destin de leur pays, fidèles à l'éthique du service de l'Etat et de ses institutions démocratiques, soucieux de préserver la stabilité et le bonheur du peuple mauritanien continueront à compter sur le soutien du Maroc, de ses institutions, de son gouvernement et de son peuple frère. "
On savait que le Matin et la démocratie ça fait deux mondes… Mais là, franchement ils n’y vont pas un peu fort ? j’espère seulement que personne ne leur a soufflé ce plaidoyer pro-putschistes.
Update: Nabil Ouchagour avait déjà parlé de cet édito jeudi dernier. Je viens de m’en rendre compte.









Commentaires
Moula Ahmed Alaoui is back! Il ne manque plus que des majuscules partout dans le texte pour croire que c'est lui...
Il ne faut pas rêver. Cela ressemble bel et bien à un édito inspiré par des Hautes Instructions Makhzaniennes.
Par contre c'est plutot le coté "Viva la Revolucion!" qui m'étonne dans cet article...
Question subsidiaire: Ils sont pour tous les putschs ou seulement ceux en Mauritanie?
Esprit d'escalier: la morale de l'histoire selon Le Matin c'est "n'élisez pas vos chefs de l'Etat, ça n'apporte que des ennuis"...
Lorsque les journalistes du Matin jouent aux "révolutionnaires apprentis", ça ne leur va pas du tout !
En revanche, caresser dans le sens du poil, selon les opportunités, ça, il savent très bien le faire, il en ont même fait un métier, et travaillent à l'abri de toute concurrence.
Et c'est pour ca que le Matin est "number one", n'est ce pas ?
Plutôt intéressante comme bourde. Les journalistes du Matin auraient dû couvrir l'évènement d'une façon neutre. Ce qui se passe ne concerne que le Mauritaniens entre eux et ils devaient régler leurs problèmes par la discussion et non le putsch bis. D'après ce que j'ai entendu, la Mauritanie a été gelée (ou suspendue, je ne sais pas) en tant que membre de l'Union Africaine et la Ligue Arabe envoie des émissaires.
Et si la situation s'inverse ? Je suis curieux de savoir la réaction des journalistes.
Manifestement, les gens du Matin ignorent ce que signifie l’expression : "balayer devant sa porte".
Le Matin - depuis que c'était LE PETIT MAROCAIN - est un journal capable de pouvoir tenir sa ligne éditoriale contre vents et marées : être toujours du côté de celui qui est au pouvoir, ici et ailleurs....Il n'y a pas de quoi s'étonner....
Sachant que le leader du putsh est lauréat de l'Académie Royale militaire de Meknès, sachant que ce même leader a occupé le poste d'ambassadeur personnel du président tombé auprès de SM le Roi du Maroc, Sachant que Le Matin a été toujours plus makhzénienne que le makhzen.... je vous laisse conclure....
@Hmida
Lorsque le colonisateur avait plié ses bagages en 1956, il avait laissé un terrain vierge. Nombreux sont ceux qui ont en profité pour s’enrichir.
Les marocains, dignes de ce nom, avaient refusé de s’enrichir sur la base de propriété préalablement volées ou développées sur la base d’une expropriation.
Que reste-il de tout cela ?
Des opportunistes à la con, qu’ils travaillent pour le Matin ou pour Almasae.
Des opportunistes à la con, qu’ils travaillent pour Attijariwafabank, BMCE Bank ou la CDG.
Pour résumer,
Nous avons adhéré au monde moderne, sans nous être débarrassés d’un fardeau énorme, qui dure depuis quelques siècles : celui de la servitude.
Lorsque je croise un mendiant ou une mendiante dans la rue, je ne fuis pas son regard, mais je ne lui donne rien ! Car je vois en lui ou en elle l’héritage de quelques siècles de gouvernance Alaouite, telle que Moulay Ismail l’avait conçu a son époque, entouré de ses Oulemas.
S’il s’agit d’évoquer le PETIT MAREOCAIN, les journalistes du Matin ne représentent qu’un échantillon de merdeux, assis sur un fauteuil qui leur a été offert par les résistants marocains de Casablanca et d’ailleurs.
A leur place, j’aurais honte d’exister !