Tout d’abord la publication déclare sa flamme aux généraux putschistes :

"Patriotes attachés à l'unité nationale de leur pays et à sa stabilité, soucieux également de préserver la dignité de leur peuple, ils n'ont eu de cesse de prévenir et d'alerter le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi à la fois sur la dérive d'un pouvoir de plus en plus émollient et au bord d'être miné par le népotisme. "

Ensuite le journal enfonce le président élu (arrêté depuis le push) et le charge de tous les maux de la terre:

"Pour avoir mésentendu leurs appels et n'en avoir fait qu'à sa tête, Cheikh Abdallahi paye aujourd'hui le prix de son aveuglement. En accédant au pouvoir en mars 2007 que les militaires avaient rendu possible depuis l'indépendance en 1960, il avait pris de nobles engagements auxquels la communauté internationale, en dépit du fait qu'elle le méconnaissait, avait plus ou moins adhéré, le jugeant au fur et à mesure de ses comportements et de ses actes plutôt prometteurs. "

Puis le journal plaide la cause des militaires mauritaniens :

" S'ils ont relayé les élus du Parlement, c'est parce que leur patience aura été à bout. Ils ne pouvaient continuer à voir leur pays confronter crise institutionnelle supplémentaire, au risque de le voir plonger dans une instabilité que ses adversaires, prompts à s'en réjouir, attendent l'oeil rivé sur une discorde nationale possible. L'ancien président, qui avait été élu il y a dix-sept mois dans le cadre d'une normalisation institutionnelle de la Mauritanie , avait suscité beaucoup d'espoirs"

Avant d’enfoncer le  président élu à nouveau …. cette fois on y ajoutant sa pauvre femme :

"Cependant, un goût du pouvoir aidant mais mal contrôlé, il n'a pas résisté à un désir inconscient et enfoui de se débarrasser de ses soutiens militaires auxquels il doit sa consécration et son maintien. Et le fait que sa femme, omniprésente dans la gestion des affaires du pays, n'a pu maîtriser ses ambitions et ses états d'âme, intervenant partout et imposant sa présence dans les affaires de l'Etat a plutôt montré les faiblesses d'un régime de plus en plus fragilisé."

Et à nouveau une déclaration d’amour (quand on aime, on ne compte pas):

"Les patriotes mauritaniens qui viennent de prendre en main le destin de leur pays, fidèles à l'éthique du service de l'Etat et de ses institutions démocratiques, soucieux de préserver la stabilité et le bonheur du peuple mauritanien continueront à compter sur le soutien du Maroc, de ses institutions, de son gouvernement et de son peuple frère. "

On savait que le Matin et la démocratie ça fait deux mondes… Mais là, franchement ils n’y vont pas un peu fort ? j’espère seulement que personne ne leur a soufflé ce plaidoyer pro-putschistes.

 

Update: Nabil Ouchagour avait déjà parlé de cet édito jeudi dernier. Je viens de m’en rendre compte.