Le Conseil d’Administration d’OJD Maroc a prononcé l’exclusion d’ « Auto magazine » et adressé deux avertissements solennels : le premier au journal de Fahd Yata « La nouvelle tribune » et le deuxième au quotidien de Khalil Hachimi Idrissi « Aujourd’hui le Maroc ».

« Auto Magazine » ne s’est pas soumis au contrôle de l’organisme et les deux autres publications ont essayé de le tromper à l’occasion de leur contrôle. Du coup le chiffre de diffusion du quotidien de KHI a été divisé par deux, passant de 12 479 a 6705 exemplaires. Ce qui n’empêche pas le quotidien qui « Aime la vérité mais pardonne à l’erreur » de continuer à revendiquer une diffusion de 17 000 exemplaires. Le plus amusant dans l’affaire c’est que Monsieur Idrissi, un tricheur selon ses confrères de l’OJD, a été récemment élu président de la Fédération marocaine des éditeurs de journaux ! C’est moche.

Mais pourquoi le cas de Fahd Yata ne m’étonne guère ? Il suffit de lire son éditorial du 8 novembre et son énervement manifeste pour constater qu’il a l’attitude d’un coupable qui se reconnaît. Et le journaliste n’a rien trouvé pour justifier ses soucis avec l’organisme de contrôle que d’affirmer : « Moi j’aime mon pays et je le défends dans mes écrits » (lol !).

A la fin du mois dernier, la MAP, à qui on ne connaît pas des combats pour la présomption d’innocence, est montée au front et s’est fendue d’une dépêche donnant la parole aux responsables des publications incriminées pour se défendre. Mais c’était avant que le verdict d’OJD Maroc ne tombe, un organisme par ailleurs présidé par Mohamed Selhami qui fut dans autre temps directeur de KHI à Maroc hebdo.

Là où les choses se corsent dans l’affaire c’est qu’au-delà de leur intérêt pour les annonceurs, les chiffres OJD sont importants pour une autre raison. Pour bénéficier des aides publiques et des mesures du « Contrat Programme pour la modernisation de l’entreprise de Presse Ecrite », les journaux marocains doivent être adhérents à OJD Maroc condition nécessaire pour disposer d’un numéro de la commission paritaire et être éligible au programme d’aide. Autrement, en écopant uniquement d’un avertissement solennel, les deux publications l’ont échappé belle .