Rizwan est un étudiant à l’université de Nottingham. Il prépare une thèse sur Al Qaida. Il faisait en quelque sorte une étude de cas pour son mémoire et il avait besoin d’imprimer un manuel d’entraînement terroriste téléchargé sur Internet. Le document est volumineux, Rizwan demanda alors par mail à Hicham Yezza, un employé algérien de l’université, de le lui imprimer.

Hicham laissa le document ouvert sur son ordinateur en attendant de l’imprimer. Un de ses collègues aperçoit le document, lit son intitulé et court appeler la police donnant ainsi le coup d’envoi à un long chemin de Calvaire.

La police n’a pas fait dans la demi-mesure et a interpelé Hicham et Rizwan pendant une semaine comme l’y autorise la loi anti-terroriste britannique. Les portables et les ordinateurs personnels de l’étudiant et l’employé ont été confisqués les domiciles familiaux fouillés et les amis questionnés. Les jeunes hommes passent par la case interrogatoire et perquisitions. Au bout de six jours, et après que les profs de l’étudiant aient témoigné que le manuel (en vente sur amazon) servait effectivement à préparer la thèse, la police britannique s’aperçoit de la méprise et libère les deux hommes.

Une injustice s’ajoutant à une autre, Hicham qui, contrairement à Rizwan, n’est pas britannique a été conduit illico en centre de détention en vue de l’expulser vers son pays d’origine…. l’Algérie. Et ce alors qu’il est présent sur le sol britannique depuis 13 ans et que sa situation administrative était en cours de régularisation . Sans doute les commissaires de sa Majesté la reine se sont dits qu’il n’y a pas de fumée sans feu. Principe judiciaire en vogue comme chacun le sait.

Depuis, la mobilisation des étudiants et collègues de Hicham à l’université de Nottingham n’a pas faiblit. Un site de soutien a été ouvert et des manifestations sont constamment organisées sur le campus. L’expulsion de Hicham a été ajournée une première fois mais son sort reste toujours en suspens.

Tout un chacun est invité à constater à travers cette histoire révoltante en quel enfermement sont tenues les idées des gouvernements du vieux continent. C’est vrai que les opinions publiques européennes n’avaient jamais hurlé si fort, et sans complexe, que derrière chaque Arabe se cache un présumé-terroriste à priori coupable.