Well, I'm Back (Again)
Par Larbi le dimanche, juin 1 2008, 22:59 - General - Lien permanent

Heuh ... comment dirais je…c’est idiot mais c’est un peu comme le serveur du café Salam dans les « Clandestins » de Youssouf Amine Elalamy. Quand il dit :
Au Café Salam, je sers et je fais attention, et le reste du temps, je frotte. Je balaye, je passe la serpillière et je frotte. Je le fais tous les soirs pour être tranquille après. Je frotte. Les cendres, les grains de sucre, les ronds de café sur les tables, les taches sur le parterre .. Je m'en souviens encore parce que c'est le jour où l'horloge s'est arrêtée. Des années à se balancer, à suivre le temps à la trace, pour dire c'est l'heure de fermer, de chercher les petits à l'école, d'en fumer une, de rappeler l'autre gars, d'acheter le journal avec les mots fléchés, de miser le 4 le 9 et le 3... et puis un jour, plus rien. L'horloge s'arrête. A quatre heures treize. Et pas douze. Pas avant et pas après non plus. Va comprendre pourquoi ! Il faudrait être une horloge pour le comprendre ou peut-être simplement une montre, qui sait. Ce jour-là, j'ai pas balayé. J'ai pas passé le serpillière et pas nettoyé non plus pour être tranquille après. J'ai pas vidé les cendriers. J'ai pas essuyé les grains de sucre et les ronds de café. J'ai pas mis de savon ni frotté le parterre, non. J'ai juste retiré mon tablier et je suis parti. Là-bas, du côté de la mer. Un jour, une horloge choisit de s'arrêter, un homme décide de tourner la page, et moi de partir. C'est comme ça. C'est tout. " Youssouf Amine Elalamy - "Les clandestins", Éditions Eddif, Éditions Au diable vauvert. |
Photo: « The Persistence of Memory» Salvador Dalí. 1931







Commentaires
Très beau texte. Vraiment!
Pas toujours facile de trouver notre panne d'horloge qui va nous pousser à un peu lâcher du leste pour vivre la vie qu'on veut vivre au fond de nous.
Il faudra que tu changes d'horloge cher baba l'3arbi. C'est la deuxième fois, à ma connaissance, qu'elle te fait ce coup-là

Et ravie de te relire de nouveau.
J'espère que ça va bp mieux
Très beau tableau........ ça peut atteindre un million de dollar,
Pour le temps qui s’est arrêté, le jour j ou la maroc a avancé ses montres d’une heure, on peut dire que le temps s’est arrêté pour de nombreux marocains et pas uniquement à ce pauvre serveur, qui a mis la clé sous la porte.
Il peut ecouter aussi une chanson de nass elriwan, qui parle justement de montres qui se sont arrêtées.
au fait la chanson c'est sabra o chatila qui parle des montres qui se sont arrêtées.
Ne vous fatiguez pas à cherchez le lien entre le texte et le tableau, l’avantage c’est qu’il n’y en a pas.
D’un côté, une ambiance banale de tous les jours et sans aucun intérêt, d’un autre côté, un dessin démodé d’un technicien de la peinture qui se faisait passer pour un génie.
Si c’est en rapport avec le passage à l’heure d’été, ca devait être ça alors l’appel du 1er Juin : le réveil quoi
alors tu es de retour ou tu pars (parce que lui il est partis) ???


je n'ai jamais aimé Dali, ses tableaux me donnent trop le blues, question de gout (ou c'est peut être juste que je les comprend pas
Quand aux clandestins je pense que c'est l'un des plus beaux romans marocains de ces dernières années (j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps en le lisant et j'ai même pas honte de l'avouer :)))
Je me souviens aussi que cette horloge qui s'arrête m'avait marqué, je n'arrivais pas à décider si elle marquait un début ou une fin...
Dans tous les cas ravie de te relire
le style me rappelle un peu maalouf.
très beau larbi et merci parce que je ne savais plus quoi lire ces derniers tps.
celui qui me trouve l'auteur de ce passage aura un bon point
"Longtemps je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n'avais pas le temps de me dire: "je m'endors." Et, une demi heure après, la pensée qu'il était temps de chercher le sommeil m'éveillait; je voulais poser le volume que je croyais avoir encore dans les mains et souffler ma lumière, je n'avais pas cessé en dormant de faire des réflexions sur ce que je venais de lire, mais ces réflexions avaient pris un tour un peu particulier; il me semblait que j'étais moi même ce dont parlait l'ouvrage: une église, un quatuor, la rivalité de François Ier et de Charles Quint. Cette croyance survivait quelques secondes à mon réveil; elle ne choquait pas ma raison mais pesait comme des écailles sur mes yeux et les empêchaient de se rendre compte que les bougeoirs n’étaient plus allumés. Puis il commençait à me devenir inintelligible, comme après la métempsycose les pensées d'une existence antérieure; le sujet du livre se détachait de moi, j'étais libre de m'y appliquer ou non; aussi tôt je recouvrais la vue et j’étais bien étonné de trouver autour de moi une obscurité, douce et reposante pour mes yeux, mais peut être plus encore pour mon esprit, à qui elle apparaissait comme une chose sans cause, incompréhensible comme une chose vraiment obscure. Je me demandais quelle heure il pouvait bien être ; j’entendais le sifflement des trains qui, plus ou moins éloigné, comme le chant d’un oiseau dans une forêt, relevant les distances, me décrivait l’étendue de la compagne déserte où le voyageur se hâte vers la station prochaine …"
c'est pas beau?
Pour Mlk

C'est facile et la première phrase aurait suffit. C'est le début "du Côté de chez Swann", première partie d'"A la recherche du temps perdu" de Marcel Proust...
Pour Larbi :
Merci ne ne connaissais pas cet auteur, il me reste à la découvrir...
Et j'aime beaucoup Dali : Le Penseur à la dent dure
Hé Larbi... est ce que tu peux me dire où est ce que tu t'en vas comme ça pour ramener toute cette pêche? j'aimerai bien y aller moi aussi.
Dis moi pas que t'as été voir jouer Nadal ou Federer !!!?
C'est celui là même qu'on t'avais dédicacé?
Houda...well I'm...idem!
@pat l’expatrié


Dommage que vous n’aimez pas la peinture, vous ne savez pas ce que vous ratez
Je trouve aussi que RDB a un humour trop acide à mon goût, Larbi nous ramène un texte et un tableau aussi déprimants l’un que l’autre, et l’autre qui lui dit
« Où est ce que tu t'en vas comme ça pour ramener toute cette pêche? »
Je n’aime les commentaires mielleux du style « bravo … merci … je ne connaissais par l’auteur … le tableau peut atteindre 1 million de dollars … », mais j’avoue que je n’aurai jamais osé une telle provocation
Bien le retour
et prend soin de toi
et un café pour moi stp
au même coin, au même endroit
J'aurais aimé arrêter toutes les horloges et reprendre tout à zéro ! mais j'ai pas le courage et la volonté de ce Monsieur.
@pat l'expat grand bravo
moi j'ai compris que tu veus plus bloguer.
qui sait!
blogoma : the larbi's return
Pas facile de bloguer quand on est marocain, face à un makhzen qui veille sur tout ce qui ce dit sur la toile, la douane est là pour détourner le marocain RME sur simple pression sur un bouton, le mettant dans les ténèbres et les geôles, il faut être prêt à un martyre....mais il y aura toujours un homme qui peut assurer la relève, le makhzen sacrifie des fortunes pour traquer tout celui qui tente de le démasquer le corriger le rappeler à l’ordre contre le crime qu’il commet contre tout un peuple...l’internet est plus que jamais un cauchemar pour le makhzen tyran du royaume enchanté.
@halaowa
tu as raison, c'est pas facile de tenir un blog surtout quand les sponsors tardent à venir. je connais quelqu'un qui a fermé son blog pour un truc financé par la pub, et il a raison.
Youssef Amine El Alamy est le seul écrivain marocain dont j’ai lu tous les livres (et pour cause ils sont quatre

Je me rappelle un jour une amie et collègue m’a fait la surprise de me faire dédicacer « un Marocain à New york » par YAE. Qu’elle a été ma joie quand j’ai reçu le livre.
Accessoirement elle m’a fait dédicacé aussi un éditorial d’un journalise marocain, dont je ne dirais pas le nom ici.
Si vous voulez que quelqu’un vous soit éternellement reconnaissant, faites lui dédicacer un livre par son auteur préféré. Il se rappellera toujours de vous
@mlk
Tu dis que le style de Youssef Elalamy te rappelle Amine Maalouf. t'es vraiment idiot toi! La preuve c'est ton copier-coller que tu extrais d'un tout. Tu juges le style de l'auteur à partir d'un paragraphe. T'as pas honte!
T'es devenu critique littéraire maintenant!
Ce n'est absolument pas le même style même si la Méditerranée les converge.
Maalouf mèle des éléments de son vécu avec des thèmes sur l'identité vu qu'il est d'origine libanaise issu de la minorité greco-catholique. Il a longtemps hésité entre langue arabe et francaise et finalement a opté pour la langue française. Son style est affirmé mais hésite toujours entre identité francaise et libanaise alors que le style de Youssouf Elalamy est plus lyrique, plus moderne et plus méditerraneen. Youssouf n'a pas de problème d'identité vu qu'il est marocain et son style est emprunt de sa marocanité. il est plus accessible aux petites gens que de l'élite intellectuelle. Dans le style de Youssouf, il ya toujours des mots, des phrases qui se repètent comme pour rapeller une vague qui revient alors que Maalouf écrit dans un francais standard accessible aussi bien aux Francais qu'aux étrangers. Dommage que personne ici ne t'a fait la remarque!
Je te conseille de lire des bandes dessinées, là au moins, tu n'auras pas à juger de style! Idiot va!
@ Le Penseur
Je te suis pas sur ce coup là. J'aime bien ce tableau et j'ai même une reproduction vu que dali était de linéage arabe andalouse. Oui c'est vrai, il était sous hallucinogène quand il a peint ce tableau mais au moins, il n'était pas homosexuel.
Quant aux horloges de Dali, elles fondent et rappellent que le temps n'est ni rigide ni déterministe mais je suis d'avis que chacun y trouvera sa propre interpretation parce que ce tableau est très confu . Des horloges fondues me rappellent du fromage fondu. En tout cas, je ne veux pas avoir une montre qui fond entre mes mains.
Je peux aussi dire que, depuis que j'ai vu ce tableau il ya bien des années, je n'arrive pas à l'oublier. C'est gravé dans ma mémoire et je pense la même chose pour tous ceux qui l'ont vu (je parle de copie ou de reproduction bien sûr). Ce tableau persiste dans ma mémoire. D'où peut-être le titre!
@Sneaker
C’est la dernière fois que je tolère des choses du genre que t'as adressé à mlk: « tu es vraiment idiot toi ». ici on se parle pas comme ça, on est pas dans une cours de récréation. On ne cherche pas la polémique à tout prix
J’ai fait preuve de beaucoup d’indulgence mais il est vrai que depuis deux mois maintenant certains commentateurs ne manquent occasions pour insulter, lancer des noms des oiseaux, quand ce n’est pas des obscénités qui sont laissées. Puis les sorties des sujets et les trolls.
Depuis l’ouverture de ce blog en 2004 je n’ai jamais eu à affronter ce genre de problème. D’habitude les gens corrects et essayent de dire les choses à leurs manières mains sans chercher à transformer les commentaires en un combat qui le viril qui le plus érudit qui le plus intelligent.
A la limite je m’en moquerais mais depuis deux mois ca devient n’importe quoi. Et je n’ai ni l’envie ni le temps de constamment demander à certains de rester corrects dans leurs expressions et ne pas ouvrir des polémiques stériles à tout bout de champ. Que ces gens-là n’interprètent surtout pas mon indulgence comme un signe de faiblesse.
Maintenant on va pas y revenir à chaque fois. J’espère que cet espace redevient ce qu’il était pendant plusieurs années un espace de débat franc mais courtois. Pas une cours de récré.
Sneaker,

La peinture surréaliste en général, et celle de Dali en particulier me stresse, c’est pour cette raison que je ne l’aime pas.
Dans le texte de YAE l’horloge qui s’arrête me stresse également, ça me rappelle la pendule d’argent de Jacques Brel, qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non et puis qui nous attend.
J’ai dépassé l’âge de supporter de tels stress, alors pour ne pas être seul, j’essaie d’en convaincre les autres à ma façon, tout en sachant que c’est en vain
@Larbi
Désolé Larbi je ne sais pas ce qui me prends. Je suis comme ma cuisine, tres épicée et émergée dans de l'huile argane bien marocaine.
Je sais que vous allez pas trouver cela drôle mais j'essaie de me retenir sachant que cet idiot m'a déja traité de malade à plusieurs reprises dans les billets précédents et que vous ne lui avez rien dit.
En tout cas, j'aime beaucoup si Larbi dialna et je sais que vous faites des efforts pour me supporter. Ce qui est drole ce que je ne sais pas si je dois vous/te tutoyer. Vous allez me dire: non non toi t'es un sale raciste, t'es tout le temps entrain de provoquer tout le monde mais n'oubliez pas que ana wald bladek et euh puis les vrais Marocains sont acceuillants ara lik atay, chebbakiya, qa3b loughzal, chfenj, miel, wa daba nta ma tayyabti atay, ma darti lma itib oumazal baghi tjarri aliya. A sidi baz !
galkoum al mou3alim "hachmou" wella na3tikoum falaqa ! hahahahah
à écouter aussi : "la salle et la terrasse", une chanson peu connu d'Aznavour.
extrait : "je fais la salle et la terasse, en attendant que le temps passe..."