Malgré la prolifération des titres , la presse marocaine reste très peu diffusée et peu lue au vu des derniers chiffres d’OJD Maroc (via najlae ) portant sur l’année 2007.
Remarque: L’indice sert à rapporter les chiffres d’une publication à celle du leader de la catégorie (Al Massae pour les quotidiens, Tel Quel pour les hebdomadaires) . Ex : Quand Al Massae vend 100 exemplaire , Al Ahdath en vend 35 et l’Economiste 20.

-Les quotidiens arabophones:
Titre Diffusion Indice
AL MASSAE 92 905 100
ASSABAH 54 556 59
AL AHDATH AL MAGHRIBIA 32 367 35
AL ITTIHAD AL ICHTIRAKI 12 000 13
AL ALAM 11 943 13
ATTAJDID 4 052 4

Les chiffres 2007 confirment la montée en puissance du quotidien Al Massae qui avec 92.000 exemplaires représente la plus forte audience marocaine. Ce chiffre, probablement jamais atteint, n’est visiblement pas du à une croissance de la diffusion totale mais à un simple report des lecteurs de Assabh et Al Ahdath , anciens leaders du segment, vers Al Massae.
Signe supplémentaire de la faible pénétration de la presse payante, la diffusion de tous les quotidiens arabophones marocains n’arrive pas à atteindre celle d’un seul journal algérien, El Khabar qui à lui seul vend plus de 500.000 exemplaires chaque jour.

-Les quotidiens francophones:
Titre Diffusion Indice
LE MATIN DU SAHARA 26 570 29
L'OPINION 20 622 22
L'ECONOMISTE 18 874 20
AU FAIT 13 364 14
AUJOURD'HUI LE MAROC 12 479 13
LIBERATION 3 493 4

Avec 26 000 exemplaires , le Matin du Sahara continue à dominer les quotidiens francophones mais doit cette position surtout à la faiblesse du secteur et son positionnement comme journal de référence en terme d’annonces d’emploi. Le secteur des quotidiens francophones reste encore très peu exploité, il y a là des places à prendre par un quotidien de qualité. « Le Soir » , dernier né de la presse payante et dont l’audience n’a pas été mesurée, est très bien placé pour prendre le leadership du secteur et suivre les traces de son frère arabophone Al Massae. A noter les chiffres très décevants d’« Au Fait » , qui avec 13 000 exemplaires, est très loin du succès des gratuits d’ailleurs.

-Les hebdomadaires francophones:
Titre Diffusion Indice
TELQUEL 23 013 100
LA VIE ECO 15 872 69
LE JOURNAL HEBDOMADAIRE 14 025 61
MAROC HEBDO INTERNATIONAL 11 484 50
LA GAZETTE DU MAROC 9 490 41
-Les hebdomadaires arabophones:
Titre Diffusion Indice
AL AYAM 24 252 105
NICHANE 20 544 89
AL MICHAAL 9 680 42
AL WATAN AL AN 9 259 40

Du côté des hebdomadaires, la diffusion reste très moyenne , voire faible, et semble stagner au fil des années . A l’image de Tel Quel Magazine, leader des francophones, qui ne gagne pas de lecteurs par rapport à l’année 2006. Deuxième, la Vie Eco, doyen des hebdomadaires fait son bout de chemin très discrètement , mais ne rivalise pas avec L’Economiste.
Contrairement à ce que laisse penser les chiffres, les hebdomadaires francophones sont plus rentables que la presse quotidienne arabophone. Bien que la dernière soit la plus lue, les annonceurs privilégient les premiers en raison du profil du lectorat, allant parfois jusqu’à pratiquer la discrimination et le refus de vente vis à vis de certaines publications en raison de leur ligne éditoriale.

-Les mensuels :
Titre Diffusion Indice
NISSAE MIN AL MAGHRIB 38 047 100
LALLA FATEMA 35 915 94
PLURIELLE MAGAZINE 35 784 94
FEMMES DU MAROC 15 176 40
SUR LA 2 13 203 35
Dans le segment des mensuels , c’est un règne absolu de la presse féminine, la plus concurrentielle de la presse marocaine, un nouveau hebdomadaire chassant un autre. Les mensuels économiques quant à eux n’arrivent pas à se faire une place, sans doute en raison de la concurrence de la presse française vendue en kiosques au prix très proches des magazines économiques marocains.

En conclusion , et en dehors de la progression inédite d’Al Massae, le secteur de la presse au Maroc reste sous-développé. La seule tendance observée est la fin de l’époque glorieuse des journaux des partis politiques (à l’exception de l’Opinion qui tire son épingle du jeu pour des raisons qui m’échappent). L’audience ne progresse pas et reste cantonnée à quelques centaines de milliers de lecteurs. Des lecteurs qui se lassent vite et pratiquent parfois un drôle de nomadisme boudant leur publication habituelle au profit du dernier né. Un phénomène qui se traduit dans le taux d’abonnement : moins d’un 1% des ventes se font par abonnement contre presque 95 % en kiosques (chiffres 2006). Il s’agit là d’un des relais de croissance du secteur : la première publication qui mettra le paquet pour favoriser la diffusion par abonnement prendra une longueur d’avance sur ses concurrents et se mettra à l’abri des humours conjoncturels des lecteurs. Bien entendu, ceci ne dispense pas de l’amélioration du contenu des publications, premier frein au développement du secteur.