Vous arrive-t-il de vous sentir bouleversé par une scène de film , de série télévisée ou par un passage d’un livre , et de vous interroger au fond, tout au fond de vous-même, pourquoi cette scène, ce passage, si banal et si dénué d’intérêt, vous bouleverse tant ? pourquoi vous et pas un autre ?

Vous êtes en salle, avec des amis, vous regardez un film. Une actrice , plutôt inconnue au physique plutôt joli, lance une réplique tout ce qu’il y a (peut être) de banal. Mais vous, ça vous bouleverse , ça vous transperce. Pas les autres. Vous n’arrivez pas à s’en détacher, vous la passez et repassez, dans votre esprit tordu, cette scène , ce visage, ce regard, cette façon de dire les choses. Ces choses dites en une seule réplique. Joliment et pudiquement dites . Naïvement dites. Très naïvement et très sincèrement dites. Sans aucun espoir d’être comprises. Cette façon de se taire après les avoir dites . Et vous vous rendiez compte que parmi l’assistance vous êtes seul à en être marqué. Et comme un secret, vous la gardiez pour vous cette scène, et ce qu’elle vous a fait, peut être parce que vous vous sentiez un peu honteux d’en être si habité. Peut-être vous vous posiez aussi la question : pourquoi moi, pourquoi à moi ?

Vous êtes à deux doigts d’imprimer la photo de cette actrice et de la coller sur votre mur . Vous vous ressaisissez de justesse, une photo ne reproduit pas une scène, un échange, ce qui vous le plus marqué … et après tout vous avez passé l’âge et il n’y a pas pire moyen de continuer à être habité par cette scène que de se le rappeler chaque jour.

Certains de nos coups de cœur relèvent de notre intimité la plus profonde , on essaye de les protéger du voyeurisme ; le mot est excessivement fort. Il advient, parfois, qu’on ressent le besoin de se réfugier dans la pudeur des mots et des sentiments pour ne pas partager tout ce qu’on ressent , ce qu’on apprécie et ce qu’on n’aime,… Le besoin de laisser ces « petits-détails » pour soi.

Ceci est une réponse à une question d’une lectrice qui se reconnaîtra.