Le procédé est vieux comme le monde. Un condensé d’images violentes du terrorisme (11 septembre, Madrid,..) , de l’extrémisme religieux (prêches captés un peu partout dans le monde) et des déclarations violemment anti-juives et homophobes . Le tout inséré entre deux versets de Coran. Le procédé est vieux comme le monde. Un montage qui saute d’une séquence à une autre et qui arrive en 15 minutes à recenser tout ce qu’il y a de plus violent dans le monde musulman. Le but est de donner l’impression que ces images successives représentent l’Islam et les musulmans.

Mais il faut vraiment être crédule, ou de mauvaise foi, pour se laisser conduire par ce procédé détestable de stigmatisation et de généralisation. Que personne ne s’y trompe, les « modèles » de Geert Wilders ne sont bien évidemment pas représentatifs des musulmans ni des gens de culture musulmane ! Et cela constitue la première réponse à apporter à la provocation Wilders, son pseudo-film est basé sur l’art coutumier de l’extrême droite : généraliser et extrapoler pour stigmatiser. Fitna ne fera , in fine, que convaincre les convertis à la sauce raciste.

Le pamphlet Wilders, comme tous les pamphlets racistes, est choquant et condamnable sur le plan moral et peut être aussi sur le plan juridique. Personnellement, je n’étais pas si choqué que cela, car j’ai vu la compilation avec en tête qu’il s’agit plus d’une provocation d’un adolescent boutonneux que d’un acte de guerre de civilisations. Mais il est à craindre que cette compilation raciste provoque des réactions violentes et irrationnelles de certains musulmans. Ce qui reviendrait, paradoxalement, à appuyer le discours du démagogue de la droite néerlandaise et l’amplifier. Il faut savoir raison garder et tirer les leçons des violences qui ont suivi la publication des caricatures danoises : elles n’ont fait que leur donner d’avantage de visibilité , enfanter des Geert Wilders et libérer la parole islamophobe. La haine étant ce qu’elle est, et quand bien même elle est parfois contagieuse , elle ne doit appliquer le principe de réciprocité.