Un procès surréaliste dans son objet (création de faux profil sur Facebook), abusif dans son déroulement (placement sous détention provisoire) et inéquitable par ses parties prenantes (un simple citoyen et un Prince) . Il crée de surcroît un précédent inacceptable : On pourrait désormais tenir à merci n’importe quel internaute et lui réserver n’importe quel sort. Dans un Etat qui se respecte le procès de Fouad ne devrait même pas avoir lieu.

Bien entendu, il incombe au juge seul d’apprécier les faits et de statuer, mais il est des raisons de s’inquiéter. Faut-il rappeler ici que toutes les affaires judiciaires relatives aux délits de presse et d’opinion ou aux délits d’atteinte à la sacralité de la famille royale se sont systématiquement soldés par des condamnations et que jamais aucune relaxe n’ait été prononcée ? Faut-il rappeler ici l’excès de zèle des tribunaux dès qu’il s’agit du Roi et son entourage ?

Le Tribunal de grande instance de Casablanca peut faire l’Histoire en brisant cette série de jugements arbitraires. Le juge peut entrer dans l’Histoire en officiant en arbitre indépendant de toute pression, en ne cédant à aucune crainte , en ne redoutant nulle colère, en disant la loi dans la sincérité de sa conscience, en homme d’ honneur et de dignité. Il ne peut alors qu’acquitter Fouad et clore ce triste et insupportable chapitre judiciaire.

Le Tribunal de grande instance de Casablanca a une occasion unique : en rendant justice à Fouad il peut, ne serait-ce qu’une seule fois, donner raison de ne pas désespérer de la justice du Maroc et des juges du Maroc.