« Le système éducatif du Maroc n’est pas un modèle. Comparé aux pays de la région MENA le Royaume se trouve en queue du peloton. » nous dit le très officieux Le Matin. Comme s’il s’agissait d’une découverte récente. Le verdict de la banque mondiale concernant le système éducatif marocain est sévère et impitoyable. Je vous en passe des détails et je vous invite à télécharger le résumé analytique du dit-rapport en donnant, par votre souris, un coup de point sur la gueule du graphe suivant :



Quelque chose me chagrine dans l’affaire. Le diagnostic de la situation, on le connaît, on le vit, et il a été établit à plusieurs reprises par plusieurs études et nombreux rapports dont certains datant du règne de Hassan II. Pour s’en sortir ce ne sont pas les idées et les propositions qui manquent. Ce qui manque c’est la volonté de les peaufiner, les hiérarchiser et les parfaire pour en faire un tout cohérent ordonné et efficace. Cela s’appelle décider et arbitrer puis définir et mettre en oeuvre la politique de la nation . Je disais que ce qui me chagrine dans l’affaire, c’est cette obstination, ce choix de facilité qui consiste à se contenter de gérer tant bien tant mal les affaires courantes alors que tous les signaux sont en rouge. Ce qui me chagrine le plus que c’est cette impression que l’Etat est à court d’idées alors que ailleurs, la société civile, la société en général, Internet … regorgent de propositions intéressantes et innovantes.

On peut sauver le système éducatif marocain. Peut être pas dans un ans, peut-être pas dans cinq ans, peut-être pas dans dix ans. Mais on le peut. Et ça ne va pas être facile entre-temps. Encore faut-il qu’on commence le job aujourd’hui pour ne pas se retrouver sur le même constat d’échec dans les années à venir. Il faut secouer « le mammouth ». Mais comment le faire dans un système politique tournant autour d’un seul homme : Roi, chef de l’Etat et de l’exécutif, et comptable de rien. Un Etat poursuivant, quoi qui se passe, les mêmes politiques avec les mêmes acteurs et les mêmes façons de faire ? Comment peser sur le cours des choses au lieu de les regarder couler ? Comment le faire avec ce drôle de sentiment que tout ce qui s’écrit ici ou ailleurs se fait un peu sur le sable ? Il y a là des questions de fond qui se posent à l’occasion de ce débat sur l’Education et se posent pour d’autres sujets.

Aux grands désarrois, petite consolation. L’initiative de Taha Balafrej et d’autres bloggeurs permet le début de prise d’une conscience collective pour sauver l’éducation nationale. J’y adhère bien entendu avec la conscience que sans relais dans la société civile , et par-delà dans tout le pays, cela risquerait de rester un inutile nième appel adressé à un Etat sourd et aveugle.