Le Reporter n’est pas un gros un tirage qui donne le la de l’actualité marocaine. Une publication plutôt discrète et faite apparemment avec les moyens de bord . Sous la plume de son directrice Bahia Amrani, avec qui je ne suis politiquement jamais d'accord, l’hebdomadaire publie un excellent dossier sur la crise de la Société Générale.

L’article en question n’entend pas faire concurrence à ce qui a été publié en France sur le sujet mais s’intéresse surtout aux conséquences au Maroc . L’ex-SGMB, est le quatrième établissement bancaire marocain, elle porte le même nom et depuis peu le même logo, que son actionnaire majoritaire le Groupe Société Générale.

On pourra lire dans l’article la réaction de Dounia Taarji, Directrice Générale du Conseil Déontologique des Valeurs Mobilières (AMF marocaine), qui explique pourquoi le Maroc est à son sens protégé : les produits échangés sur la place de Casablanca sont basiques et le marché reste domestique et concernent uniquement des titres locaux. Ce qui limite les risques selon la directrice de l’autorité des marchés.

Bahia Amrani, donne ensuite la parole à Jérôme Guiraud, Président du directoire de la Société Générale Maroc, qui défend laborieusement le groupe français et assure les clients marocains sur leurs comptes et leurs avoirs . Il n’y aurait aucun impact car « Les instruments, les volumes et les réglementations ne sont absolument pas les mêmes [qu’en France]».

Enfin c’est au tour du régulateur : Abderrahim Bouazza, Directeur de la supervision bancaire (commission bancaire marocaine), s’exprime au nom de Bank Al Maghrib . Ce dernier se contente des généralités sur la mise en œuvre de la réforme Bâle II au Maroc et promet le renforcement des mesures de vérification et de contrôle de la commission.

On apprend peut être pas grande chose mais cela reste une excellent dossier : l’autorité des marchés, le régulateur et la banque concernée s’expliquent et répondent aux questions et interpellations de l’hebdomadaire sur un sujet d’actualité. Ma foi même si c’est le minimum syndical, c’est du bon travail journalistique.

Imaginez un instant un autre dossier sur la censure Google Earth où Abdeslam Ahizoune, Directeur de Maroc Télécom, s’explique sur cette aberration de l’opérateur historique et où le régulateur, l’ANRT, donne son point de vue sur les tenants et aboutissants de l’affaire. Allez soyons fou : imaginez aussi un autre dossier ou le président de la FRMF , le général Hosni Benslimane, répond aux questions des journalistes sur sa gestion catastrophique du football marocain. Extraordinaire non ? Pourtant tout cela ce n’est quand même pas demander la lune !