Ce midi, dans un café à la Défense un poste télé est accroché au mur.
Il est branché BFM TV et diffuse en boucle le cours du CAC 40 : – 5,87% à l’heure du déjeuner. A la clôture il cède 6,83% et manque de peu les - 7,39 % d’un certain 11 septembre.

Regards rivés sur l’écran beaucoup de consultants et autres banquiers voient se profiler à l’horizon, ou plutôt se confirmer, une crise financière qui pourra coûter à certains leurs postes et à d’autres leurs budgets. Ils se consolent en disant que c’est pas si grave qu’au ça, que demain peut être les cours se redresseront et que in fine le vieux continent résistera plutôt bien à la crise des subprimes. Après tout , leur sort est moins à plaindre que celui des emprunteurs hypothécaires des Etats-Unis.

Des banquiers d’outre atlantique accordent des crédits avec une surprenante légèreté défiant toutes les normes prudentielles et c’est toute la planète qui va payer. Heureusement que les pays en développement jouent le rôle d’amortisseurs, tirent la croissance mondiale vers le haut et interviennent en « souverains » sauveurs. Pourvu que cela ne finisse pas par un transfert de risque .

Les économistes ont enfin lâché le gros mot : récession . Et à quelque chose malheur est bon même les plus libéraux des libéraux consentent enfin à admettre qu’il faut réguler la machine. Ce n’est plus tenable ! C’est bien beau tout cela mais ça a des allures du déjà vu et entendu. A un moment il faut agir.

Le locataire de la Maison Blanche a inventé la guerre préventive. Celui du Quai d’Orsay a théorisé sur le droit d’ingérence humanitaire. Mais force est de constater, s’il est un domaine ou le préventif et l’ingérence ont une justification viable c’est bien le domaine de la finance mondiale caractérisée par ses effets domino. Cela passe notamment par un renforcement des règles prudentielles en matière de risque et l’élargissement de leur périmètre , un accord Bâle II mondial renforcé et imposé à tous notamment à la puissance économique américaine où les accords ne sont appliqués qu’en partie. Cela passe aussi par un affaiblissement du camp du mal, cette dictature des traders et autres analystes financiers , qui dans leurs courses au rendement à 15%, sont entrain de constituer une économie parallèle et fictive, qui n’a plus rien à voir avec l’économie réelle, mais qui finit toujours par la détruire.

La mondialisation fait depuis des années débat. Malheureusement dans le domaine des crises financières elle est déjà faite. La déferlante subprimes en atteste. Dans ce contexte l’ingérence économique dans les affaires américaines est un droit juste, justifié et légitime.