- Lundi 26 janvier 2004 , trois jours avant le début de la CAN Tunisie 2004. j’avais un bon pressentiment et j’écris :


Envie de voir une équipe qui gagne après tant de défaites. Envie de voir, ici à Paris et ailleurs, des images de Marocains envahis de bonheur, la foule entrain de crier sa joie aux quatre coins du royaume, chanter et célébrer la victoire. Envie de découvrir, à nouveau, que le peuple existe ! Et à lire la presse, La Brigade Zaki est prête, les godasses ficelées. « Où allons-nous mon entraîneur ? » « Nous irons gagner la CAN à Tunis, mes braves ! ». César Zaki en sa conquête de la coupe d'afrique. Chapitre premier.


- Pressentiment confirmé le Mardi 27 janvier 2004, le Maroc bat le Nigeria à la surprise générale . je jubile : « Et quelque chose nous dit, que cette fois c’est la bonne »

- Le 31 Janvier Match facile contre le Bénin et qualifications au tour suivant :

Quatre buts, autant de déclarations d’amour. Quand on aime on ne compte pas ! Amoureux, un beau métier. Et ils sont plusieurs à se disputer, via des buts interposés, le cœur de la même demoiselle. Voici Chamakh, 20 ans, premier prétendant, un but à la seizième minute. Voici Mokhtari, 21 ans, provoquant le deuxième but après une erreur de la défense béninoise. Voilà Ouaddou, 26 ans, qui récupère le ballon et marque droit dans le but. Celui-là c‘est Tallal, 28 ans, ne recule devant rien, marque d’un coup franc tiré à 30 mètres.


- Le 4 février 2004 , match nul face à l’Afrique du Sud qui nous disputait alors aussi l’organisation de la coupe du monde 2010. J’écris ce jour là beaucoup de conneries :

Le Maroc premier de son groupe continuera l’aventure, on s’en doutait pas. L’Afrique du sud, en un mot, OUT. On imagine bien la déception des sudistes, la satisfaction des nordistes. Circonstances aggravantes : Ce soir, on est exactement à cent jours de la désignation du pays organisateur du mondial 2010. Comme qui dirait une peine affamante d’inéligibilité footbalistique affligée au pays de Nelson Mandela.


- 8 février 2004 , quart de finale, dans un match inoubliable le Maroc bat l’Algérie 3-1 et se qualifie en demie . « Et Chamakh créa le but » dans sa version totale :


Le temps réglementaire est fini. Les prolongations. 1-0 pour l’Algérie. Cinq minutes de prolongations. L'adrénaline monte monte... Le cœur bat bat … les mains tremblent tremblent … non , non, non pas à ce moment là. Mon Dieu, pas de cette manière là. C’est trop beau, cette histoire, pour finir comme ça. Qu’allons nous dire à ceux qui nous lisent, César Zaki a capitulé ? Et ce bonheur qui bascula, subitement, du côté algérien?
Et soudain, Chamakh créa le but ! Le plus beau des beaux marqua le but. C’est comme ça ! C’est tout ! Que voulez-vous qu’on vous dise de plus ? Il faut s’inventer une phrase, une bonne phrase, un adjectif, un complément, un adverbe pour d’écrire cette oeuvre ?
Un but qui nous a fait exploser de joie. Comme qui dirait une délivrance qui sème le bonheur. Et voici Youssef Hadji, qui marqua le second but à la 112ème minutes. Et voici Zairi, qui réalisa le triplet sept minutes plus tard. Et voilà le peuple, qui s’empara de la rue. Sans autorisation de manifester. On exprimait, ici même, il y a quelques jours notre envie de découvrir, à nouveau, que le peuple existe, que les marocains peuvent voler, à ces temps moroses, un instant de plaisir de fête nationale !
Voilà, nous y sommes ! Ce soir, à Casablanca, Rabat, Oujda, Agadir, et où on ira, les marocains se sont emparer de la rue. Ce soir, il y a de la joie !
Que dire ? Une admiration générale, face à un exploit hors du commun ! Comme qui dirait une revanche. Une revanche contre ces années de déceptions, sportives et par delà, économiques et sociales. Qu’ils continuent comme ça, à nous donner autant d’émotions et nous à les célébrer.



-11 février demie finale , le Maroc écrase le Mali et accède à la finale. J’écris :


Ce soir encore, les lions ont rugi à Sousse. Ont très bien joué. Dès le coup de sifflet final, des cortèges de voitures se sont formés, et le peuple a récidivé en occupant à nouveau la rue. Des mères de familles accordent leur bénédiction à l’enfant du pays, Zaki, et ses gosses. Les mots simples des simples gens, expriment la fierté que nous éprouvions, tous, envers cette légion.
Comme qui dirait un phénomène de société ! Tous dégustent ce bonheur comme il vient et célèbrent cette équipe comme il se doit. Et on se rappelle à peine qu’il reste encore un match à gagner avant que nos lions nous ramànent cette coupe. Les braves gens ! A les voir ce soir, jouer et marquer, pas de doute sur leur détermination. Ils vont y arriver. La victoire est certaine, et l'on se prépare déjà à composer le dernier chapitre de cette légende. Samedi prochain, la nation, reconnaissante, saura exprimer son éternelle gratitude à ses enfants, méritants.


- vous connaissez l’histoire… le 14 février le Maroc perd la finale face à la Tunisie (1-2).

Ah la belle histoire ! La plus belle de ces dernières années, par les plus beaux des beaux. Nous avons goûté aux larmes de joie tout simplement parce qu'on a vu enfin les marocains voler du bonheur même temporaire, précaire. Des marocains heureux ! Ah la belle histoire ! Cela avait commencé sur le terrain de Monastir, un mardi après-midi de Janvier. Il était 14h18 à Casablanca, 15h18 à Paris. Le jeune Hadji marqua le but contre le Nigeria. Cela s’achève ce soir, avec le retour des héros. Ah voilà bien un beau pays ! Voilà bien une belle équipe qui gagne ! Voilà bien une nation qui rompe, même d'une manière symbolique, avec le défaitisme. Voilà bien quelque chose de beau à partager, à raconter ! Honneur donc à l'enfant du pays Badou Zaki vainqueur radieux des cours des marocains. Honneur à nos jeunes joueurs, pour cette belle leçon de foot et de vie.




Prochain matchs Ghana 2008 :
- Lundi 21 Janvier à 16h00 (heure de Paris). Sur Eurospot (en direct) : Namibie- Maroc
- Jeudi 24 Janvier à 18h00 (heure de Paris). Sur Eurospot (en direct) : Guinée- Maroc