Tenez cette lettre , trouvée ici, écrite par une lycéenne de 17 ans et envoyée de Chalon-sur-Saône.

Elle dit « C’est avec un grand plaisir que j’écris à J.A. car il est devenu une source d’exposés en classe et c’est pour cela que je vous serais bien obligée de publier ma lettre». Elle dit « Si je parle ainsi, c’est en connaissance de cause ». Elle dit «... en étrangère malgré ma naissance et toute ma vie passée en France. » . Elle dit « Dans J.A. n° 1144, un article a particulièrement attiré mon attention, celui des travailleurs "clandestins".» Elle dit « Le résultat est hausse de tension, racisme et même xénophobie envers ces étrangers dont la plupart ne le méritent pas, quelle que soit leur situation. ». Elle dit : « Ces réactions sont fortement ressenties à tous les niveaux et particulièrement dans les endroits publics (écoles, bureaux). »
Elle dit « Alors, je tiens à dire aux Français qui disent aux étrangers : "Si tu n’es pas content, retourne dans ton pays où on crève de faim" qu’ils sont ridicules. ». Elle dit « Ils ne s’imaginent pas la crise qui pourrait atteindre "leur" pays avec le départ de "ces bougnoules"». Elle dit « Quant au slogan des employeurs, c’est : "Tais-toi ou pars !". Elle dit « Excusez-moi pour l’écriture, mais je vous ai écrit en étude. ».

Cette lettre, une parmi une douzaine, a été publiée dans le courrier des lecteurs de Jeune Afrique en 1982… il y a 25 ans. Elle est signée Rachida Dati, actuelle garde des sceaux, et Sarkozyte dans l’âme. Cette lettre a une histoire : Publiée un première fois sur le blog François Soudan il a été retirée par le rédacteur en chef de jeune Afrique parce que le « courrier des lecteurs relève de la vie privée des gens » (sic).

Ce qui fait la force de cet écrit, Monsieur Soudan, c’est qu’il a été rédigé dans aucun autre souci que celui d’être lu. Un témoignage brute dégagé de toute nécessité de « communiquer » ou de manipuler. Cette lettre, c’est sa force, vient au secours d’une réalité malheureusement toujours d’actualité et atrocement camouflée par les formules méprisantes du résident de l’Elysée.