Hasard du calendrier, Canal Plus diffusait hier les deux premiers épisodes de « La Commune ». Une création originale écrite par Abdel Raouf Dafri et réalisée par Philippe Triboit. La série raconte les drames humains et le quotidien d’une banlieue française . « La commune » malgré ses clichés et ses stéréotypes est une série très prenante. La ressemblance avec la série américaine OZ est frappante. Dans OZ les prisonniers sont enfermés dans une prison inhumaine : Drogue, violence, viol et sang partout. Dans « La commune » les habitants sont enfermés dans un ghetto urbain de la précarité sociale, de la pauvreté, des délits de faciès, de l’exclusion sociale mais aussi de la violence, de la délinquance et la criminalité. Mais à la différence des prisonniers d’OZ , les habitants de « La commune » eux n’ont commis aucun crime aucune folie pour être incarcérés dans une cité-prison. Leur seul crime c’est d’être , de par leur origine, du mauvais côté de la barrière.

Il a fallait quinze jours au président pour accorder 15 milliards d’euros de cadeaux fiscaux aux plus riches. Dans les banlieues , deux ans après Clichy-sous-Bois , vingt ans après la marche des beurs, les jeunes et moins jeunes continuent à attendre marginalisés et exclus de la société.

La violence des affrontements d’hier et d’avant hier est condamnable. Attaquer des commerces, des locaux municipaux et les forces de l’ordre est monstrueusement idiot et violent. La violence ne sert à rien, ne rapporte rien et ne résout rien. Mais y a-t-il pire violence que celle de l’Etat et son entêtement à enfermer une population dans des ghettos où la vie est dramatique ? François Mitterrand a dit un jour : « Que peut espérer un être jeune qui naît dans un quartier sans âme, qui vit dans un immeuble laid, entouré d’autres laideurs, de murs gris sur un paysage gris pour une vie grise, avec tout autour une société qui préfère détourner le regard et n’intervient que lorsqu’il faut se fâcher, interdire ? ». C’était en 1990, c’était il y a mille ans. Depuis rien, absolument rien, n’a changé. Le drame c’est qu’on s’y habitue.