C’est parti c’est dans tous les médias. Le roi Mohamed VI a donné le coup d’envoi de la 10ème campagne nationale de solidarité. La solidarité , qui peut être contre ? pas moi en tout cas. Le roi Mohamed VI est en effet à la tête de la « fondation Mohamed V » la plus grande association caritative du pays, une association bénéficiant d’une couverture médiatique exceptionnelle (tous les médias publics s’y mettent) et du soutien des grandes entreprises du pays (on peut rien refuser à la fondation de Sidna).

Une fondation qui vient à l’aide des populations démunies pour pallier à la carence de l’Etat et son incapacité à répondre à la demande sociale et à faire reculer la pauvreté. La « fondation Mohamed V », présidée par le chef de l’Etat supplie les carences de l’Etat .

On résume donc la situation en quelques mots : Le roi du Maroc chef d’Etat , chef de l’exécutif, détermine la politique de la nation , fixe les grandes orientations et les choix socio-économiques du pays, gouverne le pays , trace la feuille du route du législateur , nomme les responsables de l’Etat … Et il est en même temps à la tête de la plus grande association caritative qui se substitue à l’échec de la politique sociale de l’Etat !

Alors oui je le dis très respectueusement mais très franchement : il me semble que ce qu’on attend d’un chef d’Etat qui gouverne effectivement, ce sont des résultats de la gouvernance. Les résultats de la politique de l’Etat en matière de lutte contre la pauvreté, de l’habitat et du pouvoir d’achat…

La responsabilité et l’obligation de résultat qui incombent à l’Etat, ne peuvent être noyées dans une responsabilité caritative qui ne lui revient pas. A chacun son rôle ! Sinon la solidarité finira par ne plus rien signifier.



L’obligation de rendre compte (« accountability ») nous a souvent fait défaut. Depuis l’Indépendance, les citoyens ne se sont peut-être jamais sentis liés par une sorte de contrat social avec l’administration : s’ils ont des devoirs de citoyen, ils ont aussi des droits, dont celui de recevoir des comptes de la part des détenteurs de mandats publics. L’accountability et la culture de l’évaluation, qui stimulent la transparence, ainsi que la volonté de participation et de coopération constructive des populations, sont des principes de développement qui nous ont fait défaut.

Extraits du Rapport du Cinquantenaire remet au Souverain début 2006