Voilà six mois que l’on attend le fameux « projet d’union de la Méditerranée » promesse de campagne du candidat Nicolas Sarkozy et sans doute rêve que partagent la majorité des citoyens des deux rives. L’entourage présidentiel a promet un discours « fondateur » traçant les contours d’un projet novateur tant sur le contenu que sur la méthode.

Déception. La déception est malheureusement à la mesure de l’attente. Ce n’est pas un « projet » d’union de la Méditerranée , comme l’avait annoncé l’Elysée , que Nicolas Sarkozy a présenté à Tanger. C’est juste un discours lyrique pétri de généralités et de bons sentiments. Un discours tout droit sorti de la plume de Henri Guaino .

Creux et incantatoire. Le prêcheur Sarkozy, avec des envolées lyriques atteignant parfois le sublime, a caressé le rêve de bâtir une union de la Méditerranée « car ce qui se joue là est absolument décisif pour l’équilibre du monde, pas seulement pour l’avenir des peuples méditerranéens mais pour l’avenir de l’humanité ». Brandissant l’étendard de la fraternité il a oublié qu’au moment même où il prononce son discours, l’Assemblée Nationale était entrain d’entériner définitivement l’amendement de l’ADN de la honte. Qu’à cela ne tienne les références historiques et expressions lyriques occupent la quasi totalité d’un discours creux et incantatoire. Les speech-writers du président ont bien mérité leur salaire.

Un rendez-vous. Il n’y a donc rien de concret et de précis dans le discours Sarkozy. Ainsi la seule action concrète annoncée dans le discours « fondateur » est une convocation des chefs d’Etat de la Méditerranée à une réunion en France en juin 2008 ! Tout ça pour ça ! c’est d’autant plus décevant que Nicolas Sarkozy martèle dans le même discours que : « Le moment est venu de passer du dialogue à la politique, de cesser de discuter pour agir ».

La fiction de l’action. Bien malin celui qui pourra dire ce soir qu’elle est la logique de l’« union de la Méditerranée » version Sarkozy . Peut être un simple substitut du processus de Barcelone que le président français s’est empressé d’enterrer sans même essayer de capitaliser sur son expérience. Une initiative bâclée et individuelle, Nicolas Sarkozy surfant sur l’immédiat n’a même pas pensé à associer l’union européenne et les pays partenaires à sa démarche.

Est-ce à dire que l’union de la Méditerranée est un mort né ? Certes pas ! Ca serait un gâchis énorme tant que le rêve d’une Méditerranée réconciliée et solidaire est exceptionnel ! La région n’espère pas « un sauveur » et j’aimerais que Nicolas Sarkozy ne fasse pas de cette noble idée une affaire de communication personnelle et de récupération politique. Que la France associe ses partenaires par une implication directe et effective aux actions qu’elle entreprend ! Que la définition des objectifs et de l’organisation de l’union ne soit pas faite au détriment de la rive sud . Que les différents partenaires s’engagent d’égal à égal dans des projets concrets et non dans des envolées lyriques. Et que l’on y va pas à pas.