Elections : Ce que j’en pense
Par Larbi le dimanche, août 26 2007, 16:54 - General - Lien permanent

A la faveur d’une pause estivale, ce blog ferme aujourd’hui et ne réouvrira que vers le 23 septembre . Je ne serai pas donc là pour suivre et commenter avec vous les législatives marocaines du 7 septembre, mais je profite de ce billet pour faire une synthèse de ce que nous nous sommes dit à propos du scrutin et ce que j’en pense.
Il me faut d’abord évoquer, en quelques mots, le cadre institutionnel du rendez-vous du 7 septembre si l’on veut lui donner un sens. Le roi Mohamed VI occupe un rôle central dans la vie politique au Maroc ce qui est, à mon sens, sain est indispensable pour la stabilité du pays et sa cohésion. Une chance pour le Maroc. En même temps j’ai toujours considéré que l’action du Roi du Maroc, comme celles de ses homologues Chefs d’Etats, ne peut échapper à la critique. Se priver d’un droit de regard sur les décisions du chef d’Etat et du Chef de l’exécutif, dont les prérogatives sont très larges, c’est tuer le débat public et politique. Bref, vous l’aurez compris, il n’était pas envisageable un instant pour moi de rejoindre « la machine à applaudir » .
A ce titre, j’ai considéré que l’éditorial de Ahmed Reda Benchemsi (et bien avant lui Aoubakr Jamai et plusieurs membres de la société civile) avait vu juste en soulignant les contradictions sur le plan institutionnel où le chef de l’Etat, en monarque presque absolu, décide de tout absolument tout et où la gouvernance du pays n’est pas dictée par la situation politique et les résultats des scrutins mais surtout par les choix et les orientations du Souverain et son cabinet. Un exemple suffit à le démontrer : lors de son discours du trône, le Souverain a parlé en son nom propre et fait son bilan faisant comme si un gouvernement issu de la majorité parlementaire n’existait pas et n’a pas évoqué une seule fois le premier ministre. Premier Ministre que tout le monde s’est empressé d’oublier avant même la fin de son mandat : il n’aura pas marqué les esprits tant la fonction du chef de gouvernement s’est dévalorisée se réduisant à celle d’un simple haut fonctionnaire dont les prérogatives sont constamment empiétées.
Ce sont là des constations qu’on peut légitimement souligner, et qu’on aurait dû trancher et clarifier avant 2007, car il en va de la crédibilité des élections et leur enjeux. Les élections devraient avoir un sens et en ce qui me concerne , je le dis avec profonde conviction, je n’en vois pas beaucoup, les législatives dans le cadre institutionnel marocain ne sont pas très structurante de la vie politique. Je ne prétends pas, bien entendu, que cette vision est celle d’une majorité de nos compatriotes , bien souvent les commentaires sont allés dans le sens inverse. Je respecte l’avis appelant au statu quo institutionnel (et je sais qu’il émane souvent de bonne intentions) comme je respecte le droit de tous ceux qui appellent à l’abstention (et qui ont le mérite de la cohérence) même si je ne partage ni la position des premiers ni des seconds.
Il est pourtant contradictoire d’appeler à un partage du pouvoir au profit du suffrage universel quand on sait le peu de crédibilité et de sérieux dont jouissent les partis politiques. Je ne vais pas trop tarder sur les partis, pour ne pas en rajouter une couche : ils n’ont rien fait pour inspirer ce sentiment appelé le respect. Les politiques marocains sont, à mon sens, en retard sur la société, ils se trompent d’époque, ils n’ont pas vu les choses évoluer ni remarqué cette métamorphose sociétale qui fait que les gens, en particulier les jeunes, ne sont plus dupes , ni aveugles : on ne peut plus leur raconter n’importe quoi.
Cette exigence contradictoire, donner du sens au suffrage universel dans un système politique où le chef de l’Etat concentre l’essentiel du pouvoir et où les partis politiques manquent de crédibilité, aurait pu constituer un défi stimulant et un point de départ pour une modernisation des institutions et la vie politique au Maroc. Au lieu de cela, que constate-t-on? Le choix qui a été fait est d’esquiver toutes ces questions. Qu’on se le dise : il s’agit malheureusement d’un choix dicté par beaucoup de passion et très peu de raison.
On mesure l’importance d’une échéance électorale par l’élan spontané qu’elle suscite, pas par les sommations et autres assignations à voter. Il ne suffit pas de crier il faut voter il faut voter, haro sur l’abstention, mort aux traîtres pour que les gens aient voter. Si cela suffisait, ça se saurait ! Laissons ces méthodes d’un autre âge , ces mœurs politiques du passé dans les oubliettes de l’histoire.
Les choses étant ce qu’elles sont reste la question subsidiaire : Que ferais-je personnellement le 7 septembre ? (tout ce qui suit est au conditionnel car en tant que MRE, je suis électeur théoriquement mais n’ayant pas possibilité de vote en pratique, je ne suis pas donc en situation).
Alors, oui, je le dis avec sérénité et sincérité : si j’étais en situation j’irais quand même voter. Deux éléments motivent ce choix. Le premier c’est que de toute façon il y aurait bien une chambre issue du scrutin du 7 septembre alors quitte à « empiler » autant que j’ais mon mot à dire ne serait-ce que pour éliminer les rentiers de la politique qui font du mandat de député une source d’enrichissement personnel. Le deuxième élément : je ferais du scrutin une occasion pour crédibiliser les politiques en faisant le tri et choisissant les plus intègres ceux qui seront capables de servir ma circonscription au niveau local et auront peut être le courage d’appeler à une modernisation de la vie politique au niveau national. J’irais voter pour faire du scrutin une occasion d’assainir, dans la mesure du possible, la chambre et de la débarrasser des hommes du passé. L’ambition est certes modeste mais, en ce qui me concerne, suffisante.
Quel choix ferais-je ? Cela dépend des candidats. En d’autres termes , et cela peut surprendre, mon critère de choix serait fait d’une « pondération » entre le profile du candidat et celui de son parti. A ce titre il y a des options que j’éliminerais de facto : voter pour un candidat des partis dits d’administration et, vous l’aurez certainement déduit de vous-même, pour un candidat PJDiste.
Je veux dire ici aux sympathisants et militants du PJD, qui sont nombreux à me lire, que mon opposition à ce parti n’a rien d’idéologique et ne s’inscrit pas dans une tentative de diabolisation. Il s’agit d’un choix mûrement réfléchi et motivé par une conviction personnelle sur laquelle je suis intraitable : ma conception, diamétralement opposée à celle du PJD, de l’homme , la société, de la dignité et la liberté. Malgré ses Spin Doctors, malgré ses acrobaties sémantiques, malgré son double discours, le PJD n’a pas rassuré quant à ses tentations liberticides et moralisatrices. Ce qui caractérise le PJD n’est pas dans l’ordre économique et programmatique mais dans l’ordre du moral et du religieux, il emprunte à mon sens une pente glissante et mystificatrice propice à toutes les dérives. C’est ma conviction.
Le suffrage universel doit être respecté. Il doit s’imposer, et je veux croire qu’il s’imposera, de la même façon en cas de victoire du PJD comme en cas de victoire d’un autre parti. Quelle qu’en soit l’issue, donnons nous rendez-vous sur ce blog après les législatives du 7 septembre (vers le 23) pour en parler, en débattre et en tirer quelques conclusions. Et n’oubliez pas que la discussion continue quotidiennement et sans interruption chez nos amis de la blogoma .
A bientôt.
A ce titre, j’ai considéré que l’éditorial de Ahmed Reda Benchemsi (et bien avant lui Aoubakr Jamai et plusieurs membres de la société civile) avait vu juste en soulignant les contradictions sur le plan institutionnel où le chef de l’Etat, en monarque presque absolu, décide de tout absolument tout et où la gouvernance du pays n’est pas dictée par la situation politique et les résultats des scrutins mais surtout par les choix et les orientations du Souverain et son cabinet. Un exemple suffit à le démontrer : lors de son discours du trône, le Souverain a parlé en son nom propre et fait son bilan faisant comme si un gouvernement issu de la majorité parlementaire n’existait pas et n’a pas évoqué une seule fois le premier ministre. Premier Ministre que tout le monde s’est empressé d’oublier avant même la fin de son mandat : il n’aura pas marqué les esprits tant la fonction du chef de gouvernement s’est dévalorisée se réduisant à celle d’un simple haut fonctionnaire dont les prérogatives sont constamment empiétées.
Ce sont là des constations qu’on peut légitimement souligner, et qu’on aurait dû trancher et clarifier avant 2007, car il en va de la crédibilité des élections et leur enjeux. Les élections devraient avoir un sens et en ce qui me concerne , je le dis avec profonde conviction, je n’en vois pas beaucoup, les législatives dans le cadre institutionnel marocain ne sont pas très structurante de la vie politique. Je ne prétends pas, bien entendu, que cette vision est celle d’une majorité de nos compatriotes , bien souvent les commentaires sont allés dans le sens inverse. Je respecte l’avis appelant au statu quo institutionnel (et je sais qu’il émane souvent de bonne intentions) comme je respecte le droit de tous ceux qui appellent à l’abstention (et qui ont le mérite de la cohérence) même si je ne partage ni la position des premiers ni des seconds.
Il est pourtant contradictoire d’appeler à un partage du pouvoir au profit du suffrage universel quand on sait le peu de crédibilité et de sérieux dont jouissent les partis politiques. Je ne vais pas trop tarder sur les partis, pour ne pas en rajouter une couche : ils n’ont rien fait pour inspirer ce sentiment appelé le respect. Les politiques marocains sont, à mon sens, en retard sur la société, ils se trompent d’époque, ils n’ont pas vu les choses évoluer ni remarqué cette métamorphose sociétale qui fait que les gens, en particulier les jeunes, ne sont plus dupes , ni aveugles : on ne peut plus leur raconter n’importe quoi.
Cette exigence contradictoire, donner du sens au suffrage universel dans un système politique où le chef de l’Etat concentre l’essentiel du pouvoir et où les partis politiques manquent de crédibilité, aurait pu constituer un défi stimulant et un point de départ pour une modernisation des institutions et la vie politique au Maroc. Au lieu de cela, que constate-t-on? Le choix qui a été fait est d’esquiver toutes ces questions. Qu’on se le dise : il s’agit malheureusement d’un choix dicté par beaucoup de passion et très peu de raison.
On mesure l’importance d’une échéance électorale par l’élan spontané qu’elle suscite, pas par les sommations et autres assignations à voter. Il ne suffit pas de crier il faut voter il faut voter, haro sur l’abstention, mort aux traîtres pour que les gens aient voter. Si cela suffisait, ça se saurait ! Laissons ces méthodes d’un autre âge , ces mœurs politiques du passé dans les oubliettes de l’histoire.
Les choses étant ce qu’elles sont reste la question subsidiaire : Que ferais-je personnellement le 7 septembre ? (tout ce qui suit est au conditionnel car en tant que MRE, je suis électeur théoriquement mais n’ayant pas possibilité de vote en pratique, je ne suis pas donc en situation).
Alors, oui, je le dis avec sérénité et sincérité : si j’étais en situation j’irais quand même voter. Deux éléments motivent ce choix. Le premier c’est que de toute façon il y aurait bien une chambre issue du scrutin du 7 septembre alors quitte à « empiler » autant que j’ais mon mot à dire ne serait-ce que pour éliminer les rentiers de la politique qui font du mandat de député une source d’enrichissement personnel. Le deuxième élément : je ferais du scrutin une occasion pour crédibiliser les politiques en faisant le tri et choisissant les plus intègres ceux qui seront capables de servir ma circonscription au niveau local et auront peut être le courage d’appeler à une modernisation de la vie politique au niveau national. J’irais voter pour faire du scrutin une occasion d’assainir, dans la mesure du possible, la chambre et de la débarrasser des hommes du passé. L’ambition est certes modeste mais, en ce qui me concerne, suffisante.
Quel choix ferais-je ? Cela dépend des candidats. En d’autres termes , et cela peut surprendre, mon critère de choix serait fait d’une « pondération » entre le profile du candidat et celui de son parti. A ce titre il y a des options que j’éliminerais de facto : voter pour un candidat des partis dits d’administration et, vous l’aurez certainement déduit de vous-même, pour un candidat PJDiste.
Je veux dire ici aux sympathisants et militants du PJD, qui sont nombreux à me lire, que mon opposition à ce parti n’a rien d’idéologique et ne s’inscrit pas dans une tentative de diabolisation. Il s’agit d’un choix mûrement réfléchi et motivé par une conviction personnelle sur laquelle je suis intraitable : ma conception, diamétralement opposée à celle du PJD, de l’homme , la société, de la dignité et la liberté. Malgré ses Spin Doctors, malgré ses acrobaties sémantiques, malgré son double discours, le PJD n’a pas rassuré quant à ses tentations liberticides et moralisatrices. Ce qui caractérise le PJD n’est pas dans l’ordre économique et programmatique mais dans l’ordre du moral et du religieux, il emprunte à mon sens une pente glissante et mystificatrice propice à toutes les dérives. C’est ma conviction.
Le suffrage universel doit être respecté. Il doit s’imposer, et je veux croire qu’il s’imposera, de la même façon en cas de victoire du PJD comme en cas de victoire d’un autre parti. Quelle qu’en soit l’issue, donnons nous rendez-vous sur ce blog après les législatives du 7 septembre (vers le 23) pour en parler, en débattre et en tirer quelques conclusions. Et n’oubliez pas que la discussion continue quotidiennement et sans interruption chez nos amis de la blogoma .
A bientôt.







Commentaires
Sacrifiant à une tradition bien établie, je serai totalement déconnecté jusqu’au 23 septembre.
D’ici là, les commentaires seront fermés et je m’en excuse profondément.
Je m'excuse aussi de ne pas pourvoir répondre à vos e-mails durant cette période.
Bien à vous,
Larbi