Tout au plus peut on dire que le ministre marocain de la communication, porte-parole du gouvernement, est un homme très sensible, rien qu'un mot peut lui faire mal. «Aucun sujet n'est tabou à condition d’y mettre la forme décente requise» « Dssarate n’a pas sa place » il dit. Avec lui il faut systématiquement prévoir une cellule psychologique pour venir en aide aux hommes politiques cités dans la presse.

Nabil Benabdellah a un blog. Le 13/08/2007 un de ses visiteurs lui pose la question, grave et pressante , suivante:

Sur plusieurs sites web marocains et étrangers, il y a des messages de la promotion de "la non participation au vote" tant direct qu'indirect. Face à ces messages qui ne concordent pas avec la morale publique que peut faire la loi sachant qu'il y a un vide juridique relatif au web?

Voilà la question posée à un ministre sortant qui sollicite le suffrage des citoyens pour sa réélection. « Morale publique » (sic!) , pour peu on se croirait dans un bureau de promotion de la vertu et de la prévention du vice des Talibans. Au lieu de faire son bilan et le questionner sur son programme le « visiteur » préfère faire un procès aux sites contenant des « messages de la promotion de "la non participation au vote" tant directs qu'indirects ». Ce qui démontre, si besoin est, l'étendue de sa capacité analytique. On l'aura compris le visiteur en question lance un SOS genre: « Décrétez l'interdiction des sites faisait la promotion du non vote, Décrétez leur interdiction, Monsieur le ministre, vous en avez le pouvoir! »

Et la réponse du ministre fût. D'anthologie !

Effectivement, ce genre d’appels « à la non participation au vote » est contraire au civisme et à l’esprit de citoyenneté. D’ailleurs, dans les médias audiovisuels publics, il n’est pas possible d’appeler à la non citoyenneté. Il est malheureusement difficile de contrôler ce genre de dérives sur le web. D’autres thématiques posent le même problème sur Internet : la pédophilie,…

Une réponse en trois temps et un dérapage.
Premier temps: « Effectivement » Effectivement… Effectivement ! vous avez dit effectivement ?... Effectivement

Deuxième temps: « D’ailleurs, dans les médias audiovisuels publics, il n’est pas possible d’appeler à la non citoyenneté. ». Effectivement, s'il est quelque chose qu'il faut reconnaître au camarde Nabil c'est qu'il a fait des médias publics un animal de compagnie sachant se tenir à sa place. Un miroir permanent d'un émerveillement perpétuel.

Troisième temps : « Il est malheureusement difficile de contrôler ce genre de dérives sur le web. » cette phrase est effectivement un scandaleux plagiat de la devise de l' autorité « sur l'accès à Internet et son contenu » de la République populaire de Chine. Effectivement, le ministre ratisse large et nous fait une compilation du « bureau de promotion de la vertu et de la prévention du vice » saoudien, celui du sauvegarde de « la révolution culturelle » maoïste et que sais-je encore...
En d'autres termes, pour le ministre « progressiste », ça serait tellement bien et tellement moins usant s'il pourrait aussi contrôler Internet pour l'expurger des « appels à la non citoyenneté » (sic!) . Ca serait tellement bien, tellement bien, si les internautes apprennent les mots qui flattent et les billets qui apaisent. Son rêve c'est de les élever, comme « dans les médias audiovisuels publics » . Mais « malheureusement » il ne peut pas le faire.

Le dérapage: Bon. D'accord pas d'accord avec les propos du ministre, il suffit de le lui dire. Mais Khalik zwin m3aan a ssi nabil: « D’autres thématiques posent le même problème sur Internet : la pédophilie » voilà ... le ministre a franchi le pas. Comprenez : les internautes qui font des « appels à la non citoyenneté» sont à loger à la même « thématique » que les pédophiles! Quelle insolence, quelle Dassara! La pédophilie ce crime abject, abominable! Le ministre se croit parler à des simples d'esprits et les prend pour des cons, sinon comment a-t-il pu oser ce grossier renvoi à la pédophile, cette comparaison douteuse qui donne envie de vomir? Là, franchement, ce sont des choses qui ne se disent pas quand on est « progressiste ».

Mais bon, que Monsieur le Ministre Nabil Benabdellah , se rassure. Il est le bienvenu dans la blogosphère, qu'il s'exprime comme il veut, avec ou sans « forme requise », qu'il ne se gène pas avec sa Dssara et son Insolence, qu'il dit ce qu'il dans la tête et sur le coeur. On est sur Internet. Heureusement.

Mais prenez-le pour dit: si Nabil Benabdellah est « progressiste », votre serviteur serait le Maire de San Francisco !