Le roman s'ouvre dans le détroit de Gibraltar , cette coupure qui sépare « non pas deux pays , mais deux univers ». Ici dans ce cimetière marin, beaucoup ont laissé leurs vies en quête d'espoir et d'une vie meilleure.
Mourad, Halima, Aziz et Faten faisaient partie de l'embarcation de Rahal le passeur. Tous ont un passé douloureux et violent . A chaque chapitre Laila Lalami nous raconte leurs histoires, tissent leurs vies, leurs galères et leurs espoirs comme on tisse un tapis. A travers eux l'auteur dépeint, sans concession, multiples facettes de la société marocaine contemporaine. Avec eux nous partageons le drame que vit beaucoup de jeunes marocains, écartelés entre un présent amer et un avenir qui n'offre que peu d'issues.

Laila Lalami a trouvé les mots justes pour raconter, avec talent , audace et par une habile construction en flash-back, l'avant et l'après « traversée » de ses personnages sans les juger ni même les plaindre. Et c'est justement ça qui donne toute sa force à « De l'espoir et autres quêtes dangereuses » , jamais l’auteur ne se prend pour un analyste sociologique encore moins politique. Comme personne, Laila Lalami conte, raconte, touche, suggère et ne conclut pas.

« De l'espoir et autres quêtes dangereuses » est un roman qui nous capte et qui nous touche au plus profond de nous mêmes. Parce que les histoires qui y est sont racontées parlent de nous. De ce que certains parmi nous sont et de ce qu'ils ne sont pas. De ce qu'ils essayent cesser d'être et de ce qu'ils espèrent devenir. C'est un roman qu'on lit avec les yeux et avec le coeur.


« De l'espoir et autres quêtes dangereuses », par Laïla Lalami. Traduit de l’anglais par Catherine Pierre-Bon. Editions Anne Carrière, 206 pages, 18,50 euros.
Née à Rabat, Laila Lalami a fait ses études au Maroc, en Angleterre et aux États-Unis. Titulaire d'un doctorat en linguistique, elle a créé Moorishgirl, un blog littéraire très populaire aux États-Unis.