Je me rappelle il y a deux années , j'ai passé toute la matinée à peser le pour et le contre pour choisir le meilleur endroit et le bon angle pour voir Lance Amastrong en vrai , en chair en os et en plein effort. C'est que à l'époque l'américain était un miraculé pour avoir pu non seulement vaincre un cancer mais aussi remporter sept fois la grande boucle. Un guerrier, une légende. C'était avant les révélations sur son dopage lors de la première victoire en 1999. On connait la suite.

Au siège de l'ASO à Issy-les-Moulineaux , on a arrêté d'accrocher les portraits des vainqueurs dans les couloirs, le dernier est celui de Miguel Indurain vainqueur de l'édition de 1995. Depuis 1996, tous les maillots jaunes ont été mêlés à des affaires de dopage. 2007, une édition riche en rebondissements extra-sportifs, n'a pas dérogé à la règle bien au contraire .

On aurait toutefois tort de s'en prendre aux seuls cyclistes. Le culte de la performance, du toujours plus n'est pas propre au sport, c'est un trait caractéristique de la société contemporaine. Il ne faut pas se leurrer. Le dumping social et fiscal n'est-il pas une forme d'EPO? Le Viagra, la chirurgie esthétique, les marges-arrières, les publicités mensongères, les prix d'appel , les spin-doctors, les OGM... et on en passe encore et encore.

Et puis, pourquoi ne pas le dire, le dopage apporte une autre dimension au tour: il fait désormais partie du show. Un tour Off en quelque sorte ou, mieux encore, un polar. Un polar riche en surprises et rebondissements on y plonge dans l'univers des alliances dangereuses entre le monde des affaires, de la biologie, la médecine et du sport, on y trouve des suspects, des policiers, des experts et des indices. Comment reconnait-on un bon polar? on en vient à suspecter tout le monde et il n'y a pas de happy end.