Les journalistes Abderrahim Ariri et Mustapha Hormat Allah ont été écroués et placés en garde à vue. Le local de leur publication , Al Watan Al An, a été perquisitionné, documents et ordinateurs saisis. L'hebdomadaire Al Watan avait publié un dossier sur les services de renseignement .

Le procureur du Roi a dit: «l'enquête préliminaire a permis la saisie de plusieurs autres documents en possession du directeur de publication de l'hebdomadaire, émanant d'administrations sécuritaires et revêtant tous un caractère ultra-confidentiel. Les journalistes ont été placés en garde à vue pour déterminer les circonstances des fuites de ces documents secrets et d'en identifier les responsables »

Pour la défense, écoutons ce qu'en pense Abdelmounaïm Dilami de l'Economiste : « Ce journal a publié des documents internes à des services de sécurité, des documents banals. Même s’il y avait faute, ce qui à nos yeux n’est pas le cas, il appartiendra au juge de le dire ... Par ailleurs, si des documents venant de services de sécurité se trouvent entre les mains des journalistes, ce n’est pas la faute de ces derniers, il faudrait plutôt s’en prendre aux services car ces fuites dénotent bien des négligences. Le journaliste, quant à lui, ne fait que son travail qui est de publier. Il n’est pas chargé de la discipline des fonctionnaires. . ». Abdelmounaïm Dilami a formidablement parlé et écrit un éditorial très ferme « Abus de pouvoir » qualifiant l'arrestation des journalistes de « graves et inquiétantes à plus d’un titre.» . Si même Abdelmounaïm Dilami, qui n'est pas un dangereux révolutionnaire, s'en indigne c'est que les choses sont allées trop loin . Comme si ces abus répétés l'ont arraché , lui aussi, à son sens d'apaisement et son goût du politiquement correct. Quand on est à bout, on est à bout. Et basta!

Et parce que je voulais toujours être sincère avec vous, je vous le dis tout net : je suis fier d'être Marocain, mais je n'aime pas ce Maroc là. Parce que ses dirigeants n'ont rien fait pour inspirer ce sentiment que l'on appelle «le respect ». Et il n'est pas ici question de privilégier des formules prudentes d'on ne sait trop quelle fierté nationale et des procédés hypocrites d'on ne sait quelle schizophrénie et réalisme politiques. Je le dis avec sérénité , sans haine et sans passion, je ne l'aime pas ce Maroc là et j'y peux rien.

update: Le 15 août 2007, le tribunal de première instance de Casablanca a rendu son verdict dans le procès d’Abderrahim Ariri et de Mostapha Hurmatallah, respectivement directeur de publication et journaliste pour l’hebdomadaire arabophone Al Watan Al An (La Nation maintenant), poursuivis pour “recel de documents obtenus à l’aide d’un crime” (art. 571 du Code pénal). Ils ont été respectivement condamnés à six mois de prison avec sursis, et huit mois de prison ferme assortis de 1000 dirams (moins de 100 euros) d’amende chacun. Mostapha Hurmatallah a été reconduit immédiatement en cellule pour y purger la fin de sa peine (rsf).