- Seuls quelques 280 internautes ont pris part au vote. La majorité ayant préféré bouder la votation. Pourtant il suffisait de cliquer sur un bouton. Ceci laisse présager une abstention record ce qui n'est pas une surprise convenons-en.
- La répartition des sièges a été faite sous l'hypothèse que le scrutin est uninominal majoritaire à un tour. Les 325 sièges ont été répartis en proportion du pourcentages de voix obtenues. Bien entendu ce n'est pas le cas au Maroc, le mode de vote étant le « scrutin de liste à la proportionnelle. » ( 295 sièges à pourvoir au niveau des circonscriptions locales, 30 sièges à pourvoir sur la base de la circonscription nationale).
- Bravo aux votants: vous avez opéré une vraie purge ! Des 22 choix proposés ils ne survit que six partis avec un nombre de voix significatif. Pour une clarification, c'en est une.

L'abstention
Plusieurs raisons ont été avancés dans les commentaires:
- L'enjeu du scrutin est faible: Au Maroc l'essentiel des pouvoirs est concentré dans les mains du roi et son entourage , le parlement n'a aucun pouvoir pour influer sur le cour des choses. Pas besoin de se déplacer pour un scrutin inutile.
- La balkanisation du paysage politique: Plus de vingt partis politiques c'est à demander si les politiques eux-même prennent les élections aux sérieux.
- L'impossibilité de déchiffrer les programmes et les idées des uns et des autres. Le manque de crédibilité des partis . L'intégrité des hommes politique est très largement mise en cause.

Les résultats du sondage Je vais répéter ici ma très subjective interprétation qui n'a pas varié depuis la dernière fois :
- Le vote PJD: Il n’est pas, à priori, un vote d’adhésion, il a tout d’un vote contestataire alimenté par un profond malaise social. Seul grand parti d’opposition parlementaire, le PJD ne fait que récolter les voix des déçus de la politique de l’Etat sanctionnant ainsi les partis de l’actuelle coalition nonobstant leur part réelle dans les prises de décisions. Mais il y a un autre aspect à considérer : lors des élections les plus récentes, nombre de pays musulmans ont connu des poussées fortes de partis islamistes. Cette dynamique a de belles années devant elle, dans un contexte international tendu et dans des pays où les prédicateurs religieux des chaînes satellitaires sont plus écoutés, plus crus et plus populaires que les intellectuels et les hommes politiques locaux et mènent de fait une campagne électorale permanente. La théologie, l’éducation religieuse de son prochain et l’injustice du nouvel ordre mondial comme programme politique, c’est limite insultant pour l’intelligence des électeurs mais électoralement parlant c’est de la « bonne guerre ».
- Le vote USFP: Ça serait un vrai exploit s'il arrive deuxième. La mort dans l'âme , je le dis: Je souhaite la défaite de l'USFP et son retrait des affaires publiques . Ca serait l'occasion pour ce parti de se pencher sur la question: « pourquoi le peuple s'est détourné de lui? » Ca aurait au moins un sens, au lieu de continuer à errer sans boussole et sans repère dans l'océan du pouvoir.
- Le vote PSU: Troisième, mais loin derrière le PJD, pour une surprise c'en est une! Les orphelins du parti socialiste marocain ont semble-il trouvé refuge au sein de l’extrême gauche. S'il se débarrasse des idiologies du passé, s’ouvre encore plus sur la société et réussit sa transformation en parti de gouvernement, le PSU serait capable de jouer un rôle encore plus important dans la vie politique marocaine. Sa crédibilité n’est pas mise en doute mais sa capacité à innover, proposer et gouverner est encore à prouver.

Aucun parti ne recueille la majorité absolue et aucune coalition ne semble se dessiner. Quelque chose me dit que ça se passerait comme ça, ce qui aurait le mérite d'arranger les affaires de presque tout le monde.

A noter enfin que bien entendu ce sondage n’a aucune valeur scientifique et ne reflète que l’opinion des lecteurs qui ont accepté d’y participer.

Post-it à moi-même: petit con tu peux pas souhaiter à la fois la défaite de l'USFP et la défaite du PJD. N'importe quoi!