Ségolène Royal a adopté à mon sens la bonne stratégie avec un argument de poids : Nicolas Sarkozy est le candidat sortant, chef du parti qui a gouverné la France et ministre pendant les cinq dernières années. A ce titre il doit assumer son bilan, il ne peut pas incarner la rupture et le changement. Ceci est n’est évidemment pas suffisant, il a fallu qu’elle s’affirme et montre qu’elle est à même d’apporter les réponses aux problèmes des Français. La question est de savoir s’elle y est parvenue. Difficile de répondre.

Bien briefé par ses communicants, Sarkozy a fait son show et a réussi l’exploit : maîtriser ses nerfs et se montrer calme et apaisé. Je trouve que c’est plutôt bien joué de la part d’un homme qui a fait de la peur un thème central de sa campagne et de son action. Qui aurait imaginé qu’on en viendrait à entendre le candidat de l’UMP dire « Il faut garder son calme et ses nerfs et utiliser des mots qui ne blessent pas. Quand on emploie des mots qui blessent, on divise le peuple ». Une cellule de soutien psychologique peut-être ? Qu’il ne vienne pas se poser en victime, lui qui n’a cessé d’instiller, à tout bout de champ, des mots blessants, méprisants et humiliants.

Parfois confuse, imprécise et floue mais très combative et pugnace Ségolène Royal n’a rien lâché sur le terrain des idées dans un débat tendu et sans concession. Difficile d’évaluer l’impact du coup de « la colère saine » sur l’opinion, je crois qu’elle en a un peu fait trop, mais elle a au moins remet à sa place Nicolas Sarkozy. Il lui reste maintenant à gagner.