Ségolène Royal a formidablement parlé.

Frustré de ne pas pouvoir entrer au stade mais heureux pour elle. Quand nous sommes arrivés à la porte du Stade Charléty il affichait déjà complet et il y avait autant de monde à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Je suis heureux que Ségolène Royal ait fait mieux que le démagogue de la droite française qui criait déjà victoire après son Bercy de dimanche. La vue de ces milliers de gens, multiethniques et multiages, convergeant vers le stade dans la joie et l’espoir, est un baume au cœur.

A Bercy, Nicolas Sarkozy a reçu une ovation quand il a réaffirmé pour la nième fois qu’il ne regrette pas le Karcher. Ce à quoi Mme Royal a très judicieusement répondu « A Bercy, on a fait ovationner le mot Karcher, on a parlé de liquider une partie de notre histoire. J’appelle tous les Français à y réfléchir en conscience, à se rassembler sur d’autres valeurs ».A Bercy, l’excité de la droite a étalé ses muscles et sa violence verbale sous les applaudissements du public. A Charléty, la candidate socialiste a fait le choix de la sérénité et de l’apaisement : « Nous savons à quoi va conduire le passage en force et la brutalité. La fameuse rupture annoncée est une fracture républicaine ». A Bercy, l’autre candidat a joué sur la rhétorique de la peur parlant à satiété des « fraudeurs, des les voyous, de ceux qui profitent du système ». Au stade Charléty, la candidate socialiste a fait le serment qu’elle « ne désignerait aucun ennemi sur le territoire français ». A Bercy, on a vu un candidat de la peur, exploitant la peur, alimentant la peur de l’autre et faisant, in fine, peur. Au stade Charléty, on a entendu une voix sereine, apaisante et rassurante qui se veut un « rempart de l’harmonie et la paix civile » contre la brutalité de Sarkozy.

Ségolène Royal a défendu, au stade Charléty, son projet de France apaisée. Avec ferveur et avec cœur. Des mots respectueux de tous. Avec des mots justes et puissants. Ségolène Royal a formidablement parlé.