… même s’il a déclaré récemment qu’il « préfère l’excès de la caricature à celui de la censure » C’est la médiatrice du Monde qui nous raconte l’histoire digne d’un pays totalitaire. Nicolas Sarkozy n’a pas aimé, mais alors pas du tout, le « brassard rouge et noir, marqué "I. N." (Pour "identité nationale"), dont Plantu l’affuble régulièrement, ainsi que des mouches qui survolent son crâne de temps à autre. » . L’homme qui sollicite le suffrage des Français pour devenir Président passe à l’acte : Un motard débarque au siège du monde pour remettre au caricaturiste une lettre de protestation. Une lettre à en-tête du ministère de l’intérieur, c’est plus intimidant. « Bien sûr, le lendemain, j’ai dessiné trois mouches ! » raconte le dessinateur. Que fait alors le Candidat de l’UMP ? Il se livre à un exercice auquel il est le maître incontesté (aux côtés de certains chefs d’Etat africains) : Appeler la Direction du quotidien pour se plaindre du travail du caricaturiste ! Qu’on le Pende ce Plantu ! « Il ne me reproche pas de le dessiner en traître. C’est curieux... » S’amuse le caricaturiste.

L’excité de la droite est un grand récidiviste en la matière. Début mars il a piqué une colère contre Libération et a fait ce qu’il fait depuis toujours : Prendre le téléphone et appeler l’actionnaire majoritaire pour manifester son mécontentement envers ce « journal sectaire de gauche » avant de rajouter, au pic de sa vulgarité, que « Libération est un journal de merde ! ». Puis place à la menace : « cela empêcherait sans doute le quotidien de trouver des gens pour le financer ». Même crime, même châtiment !

Le meilleur pour la fin. Je vous raconte. Invité à l’émission de la 3 « France Europe Express » il est arrivé avec sa garde rapprochée et sa maquilleuse personnelle. Prié de patienter car la loge du maquillage est occupée par d’autres invités, il a carrément pété un plomb (je peux me le permettre il n’est pas encore élu) : « Je ne veux pas attendre plus longtemps, je veux me faire maquiller tout de suite... Mais enfin, il n’y a personne pour m’accueillir. La direction n’est pas là ? Ce n’est pas normal. Qu’est-ce qu’ils font ? Qui suis-je pour être traité ainsi ? Personne n’est là pour m’accueillir. Toute cette direction, il faut la virer. Je ne peux pas le faire maintenant. Mais ils ne perdent rien pour attendre. Ca ne va pas tarder. ».

A y bien réfléchir, il ferait un bon dictateur celui là.