L’incipit de ce Goncourt 2006 donne le ton :
Frères humains, laissez-moi vous raconter comment ça s’est passé. On n’est pas votre frère, rétorquerez-vous, et on ne veut pas le savoir. Et c’est bien vrai qu’il s’agit d’une sombre histoire, mais édifiante aussi, un véritable conte moral, je vous l’assure. Ça risque d’être un peu long, après tout il s’est passé beaucoup de choses ; mais si ça se trouve vous n’êtes pas trop pressés, avec un peu de chance vous avez le temps. Et puis ça vous concerne : vous verrez bien que ça vous concerne. Ne pensez pas que je cherche à vous convaincre de quoi que ce soit ; après tout, vos opinions vous regardent. Si je me suis résolu à écrire, après toutes ces années, c’est pour mettre les choses au point pour moi-même, pas pour vous.

Premières impressions : Extrêmement dense et documenté, écrit dans un style fluide et plutôt simple (mis à part les termes allemands), « Les Bienveillantes » est un roman honnête, traumatisant et profondément original. Il mérite, à mon sens, d’être lu.