Sur le sentiment d’amour tout a été dit : ce que nous ont légué les anciens , les poètes, les musiciens, les écrivains, les philosophes, les artistes… les anciens et les contemporains. De l’antiquité à nos jours, la création et la littérature sont abondantes au sujet de l’amour.

Quid du sentiment de haine ? « Je hais et j’aime, qui peut me dire pourquoi ? ». On parle volontiers du coup de foudre en amour pour évoquer ce sentiment soudain, immédiat, bouleversant et violent souvent inconscient qui nous fait trop aimer une personne qu’on connaît à peine. Et si cela s’appliquerait également au sentiment de la haine ? Haïr individuellement (ou collectivement) une personne (ou un groupe de personnes) sans savoir pourquoi et sans l’admettre. Sans élément déclencheur et sans raison aucune.

« Je hais et j’aime, qui peut me dire pourquoi ? ». Non, ce n’est pas pour philosopher, si je parle de ce coup de foudre à l’envers c’est parce que je connais ce sentiment. Faut-il le confesser ici, sans honte mais avec remords : il m’arrive parfois de haïr sans motif. Puis, après coup, tisser un semblant de raisonnement pour justifier et me faire admettre que si j’ai hait c’est qu’il y a forcément une raison. Alors qu’il n’y en a aucune. Mais encore ? Il n’y a qu’à regarder le monde autour de nous pour constater tant de haines enfouies aux fonds des cœurs gratuitement et sans raisons (je ne parle pas des zones en conflits).

La haine de l’autre c’est une haine de soi, l’autre c’est moi… Depuis le pléistocène jusqu’à nos jours ces phrases, trop faciles, ont servi à esquiver la question. Il n’est dès lors pas étonnant que malgré les impressionnants progrès cliniques et scientifiques, personne ne s’est soucié de répondre à la question toute simple et sans doute naïve : « Je hais et j’aime, qui peut me dire pourquoi ? ».