La plupart des musulmans hésitent à condamner haut et fort les extrémistes qui parlent au nom de l'Islam. Sous le prétexte que résistance n'est pas terrorisme, le terrorisme est devenu systématiquement résistance. Oui, j'ai eu à le remarquer, les gens se montrent incroyablement sourds et muets quand il s'agit de dénoncer les actes ignobles et abjects de leurs co-religionnaires. Sous le prétexte que l'Islam est modéré par essence. Seulement ce n'est pas du tout suffisant. Oui, j'ai amèrement remarqué que beaucoup vont jusqu'à faire l'apologie de la mort et du terrorisme. Au mieux, ils essayent de minimiser de tels actes et les justifier. Sous le prétexte qu'il incombe à l'occident et des régimes arabes la responsabilité de la situation, sauf que nous ne pouvons pas nous dédouaner de notre part du fardeau. Nous ne sommes pas des anges !

On n'entend pas trop l'Islam tolérant. Où sont les Musulmans modérés pour modérer ? Ai-je souvent entendu dire de la part de mes amis français. Pourquoi les modérés de l'Islam ne se manifestent-ils pas ? Pourquoi seuls les extrémistes réussissent à mobiliser et se faire entendre. Pourquoi, diable, la majorité des gens, les simples gens, se refusent à dénoncer et prendre une position claire contre le terrorisme ?

Et la réponse fût trouvée ce matin en lisant l'histoire de Natascha Kampusch. Séquestrée pendant huit ans (depuis sa dixième année) dans une cave, la gamine autrichienne a déclaré éprouver de la sympathie pour son ravisseur !

Fallait y penser ! Nous sommes pris en otages depuis longtemps par extrémistes qui s'autoproclament nos porte-parole, qui pensent à notre place, qui décident à notre place et qui nous dispensent même d'avoir notre mot à dire. Cela commence par les groupuscules locaux, comme les Ansar El-Mahdi, et cela finit par les Play-boys et producteurs d'opium convertis en moudjahiddines comme Al Qaida. Ça fait longtemps qu'ils nous ont pris en otage, qu'ils partagent nos vies, qu'ils sont parfois des nôtres. Si longtemps que nous avons finit par éprouver la sympathie pour nos ravisseurs. Par crainte de leur désamour, nous avons renoncé à lutter contre leur idéologie de la haine et de la mort.

En psychologie, cela a un nom : « le syndrome de Stockholm » (quand les victimes de prises d'otages développent, paradoxalement, un sentiment sympathie à l'égard de leurs ravisseurs). Le temps est venu de comprendre que si nous ne soignons pas nous-mêmes de ce mal, d'autres le ferions à notre place.